CHAPITRE V TISSUS ALLEMANDS
Le tissace des couvents. — L'atelier de Ratisbonne.
Des textes certains du xm" et du xiv' siècle, ceux de Bernard de Clairvaux el de Wolfram d'Eschenbach, nous assurent Lien que le tissage de la soie avait été alors pratiqué activement en Allemagne du Sud, tout particulièrement au couvent d'Emmeran, à Ratisbonne. La cathédrale possède encore un beau parement d'autel décoré de la Crucifixion, où se trouvent représentés le patron de l'église et son fondateur, l'évèque Henri .1277-1296). Il est tout tissé en soie et Bis d'or sur fond de lin.
Des demi-soies d'un tissage grossier, d'un décor de stylisation de dessin très occidental, semblent bien avoir la même provenance de cet atelier de Ratisbonne (à Siegburg, à Halberstadt, aux Musées de Berlin et de Brunsvs ick .
Deux de nos églises de France. Saint-Rambert-sur-Loire et Ambazac, possèdent des ornements liturgiques complets de même origine. Le dessin des animaux couplés rappelle absolument la manière sarrasine dérivée de Bvzance ; niais celte double influence, manifeste dans les produits de l'atelier de Rai isbonne, est balancée, coin me l'a bien expliqué von Falke, par une tendance à héraldiser les animaux et à les enfermer dans des branches assouplies aux formes de l'architecture romano-gothique damas de soie du Lombeau d'Henri II, au Musée de Munich
Aucun tissu, mieux que celui de l'église de la Croix à Rostock, avec ses figures à inscriptions latines de Nicolas et de la Vierge, mais aussi avec ses motifs à répétitions gréco-sarrasines, ne constitue le trait d'union entre le parement de la cathédrale de Ratisbonne el les autres tissus doul nous \ enous de parler.
LES INFLUENCES SARRASINES SUR LES TISSUS DE RATISBONNE 6i
En dehors de cette industrie textile féconde de l'atelier de Ratisbonne,
ïi.^su du soie, art allemand (Eglise Saint-Rambert, Loire).
ou ne connaît pas d'autres branches occidentales de tissage à la modi gréco-sarrasine, au xiu13 siècle, en Allemagne.