CHAPITRE VII TISSUS FLAMANDS
Grande rareté du tissage de la soie en Flandre avant le xvr siècle Grande importation d'Orient et d'Italie.
Tous les historiens qui se sont occupés des étoffes tissées de soie, d'or ou d'argent, semblent assez généralement d'accord pour attribuer à la Flandre une grande importance dans la fabrication de ces I issus. Le chanoine Bock, lui-même, a prétendu que le tissage de la soie était en grande activité à Ypres, à Bruges, à Gand et à Malines dès le XIIIe siècle.
Ces affirmations étaient un peu en l'air, elles manquaient de bases solides, et les preuves taisaient défaut. Un jeune archéologue, M. Kalf, du musée des Arts décoratifs d'Amsterdam, semble avoir mis avec beaucoup de justesse la chose au point dans un opuscule paru à Utrecht en 1901. 11 s'est proposé de démontrer, et ses recherches établissent que les Pays-Bas ont pris en somme une part très modeste à la production des tissus artistiques pendant le moyen âge. Ce qui avait semblé donnée une apparence de vérité à l'opinion contraire, c'est le fait que les peintres Ma mands ont reproduit fréquemment dans leurs tableaux, avec un soin minutieux, de nombreuses étoiles ouvragées de toutes façons. On y rencontre souvent des motifs qu'on ne retrouve pas dans les tableaux des maîtres italiens. D'où l'on a conclu à l'existence d'un tissage d'étoffes de luxe en Flandre.
M. Kalf a été amené' ainsi à étudier le tissu décoré dans les tableaux des peintres flamands; puis il compare les représentations déloties que nous devons aux peintres flamands, aux étoffes donl nous avons conservé des spécimens, et conclut que la plupart attestenl une origine orientale ou italienne, et n'ont rien de flamand.
11 y a cependant des exceptions, el certains tissus qu'on rencontre