LA TOILE ET LES COTONS IMPRIMES AU JAPON
tain genre obligatoire. Et comme le seigneur tenait à ce que la plus grande splendeur rehaussât l'éclat de ses fêtes, on peut imaginer ce que devint L'art de décorer le lissu à cette époque 11 en était de même dans les cérémonies religieuses, où se déroulaient des pompes dont nous soup-' çonnons malaisément la splendeur. Les robes de prêtres bouddhiques lurent des merveilles qui ne lurent plus égalées. Et cela dura trois siècles, le xe le xic et une partie du xue.
Le tissu de ces beaux vêtements était extrêmement riche, et réalisait toutes sortes de combinaisons harmonieuses et charmantes. On « cannetilla.it » des fils d'or et d'argent, on employait la nacre et la broderie. Au temple Ninnaji de Kioto, se trouvent conservés deux « wauhi » ou manteaux religieux, ayant appartenu au prince Shyau Shin, lils de l'empereur Sanyau, au commencement du xi' siècle. Les décors différents y ont de la grandeur el de la noblesse : de larges Heurs de lotus ouvertes, symétriques, par lignes horizontales, sur fond indigo. Le tissage est à lils très lins, et les tons vont se dégradant, ce qui constitue un extraordinaire tour de force de lissage
Sous les Shoguns, à Kamakoura. aux xm" et xive siècles, les transformations artistiques dans l'industrie du tissu sont de peu d'importance, le luxe se déployant, à leur cour, de façon plus mâle el plus sévère.
Si le peuple, au Japon, jusqu'au xv" siècle, avait porté de la toile de lin ou de chanvre généralement unie et blanche, la loile décorée réservée pour les cérémonies devint, à partir de cette époque, d'usage journalier.
C'est à celle même époque du \\' siècle que le colon fut introduit et cultivé au Japon, alors qu'il ne l'avait été .jusqu'alors qu'en Chine et dans les Iles du Sud. Sa production devint 1res vite considérable, et l'on peut imaginer l'usage étendu qu'on en fit.
Les procédés de décoration de la toile et du coton au Japon, par Yimpression, y furent d'une originalité toute particulière. Cette impression se faisait au moyen de poncifs ou pochoirs, carrés de papier fort, que l'artiste ajourait grâce à un canif 1res aiguisé, du décor qu'il voulait reporter sur le lissu, el cela avec une adresse déconcertante. Le dessin y était d'une ténuité souvent si, grande que le plein, par endroits, se trouvait réduit à de véritables lignes. Il est certains dé ces pochoirs qui offrent l'aspect infiniment ténu d'une toile d'araignée. Puis le décorateur d'étoffe reportail a plal son pochoir sur le tissu, et avec le pinceau, colorait le lissu