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U2 I. IMPULSION DONNEE A CET ART PAR L EGLISE

.Mais c'est surtout à l'enluminure, et à la peinture sur vélin, que le brodeur du xiu" siècle demandait ses inspirations; d'ailleurs le même artiste cumulait bien souvent les deux arts. Un îles plus parfaits exemples nous eu est fourni par la chape d'Anagni où l'on croirait, dans les ornements alternés avec les anges thuriféraires, retrouver certaines patres du Psautier de saint Louis.

Le progrès apporté peu à peu dans l'Art au dessin du personnage, le brodeur en profite. Les personnages sont mieux posés, leur attitude s'assouplit et se naturalise, dans les s"cènes les plus compliquées, l'expression et le geste deviennent plus vrais. On tente même parfois de faire des poitrails, même en broderie. On y fut sans doute amené par la nécessité de faire intervenir au bas de certaines broderies, des donateurs, seigneurs ou évêques. La tendance se généralisait de s'affranchir des types hiératiques et de reproduire en toute liberté les êtres humains avec lesquels on vivait.

Pour apprécier le degré de luxe où en était arrivée la société, à l'aube du xiv' siècle, il faut songer à l'impulsion qu'avaient reçue toutes les industries artistiques, stimulées par les souvenirs magnifiques de l'Orient qu'avaient rapportés les croisés, par l'achèvement des grands châteaux et des grandes cathédrales qu'il fallait meubler et orner, et enfin par la vie de plus en plus fastueuse des seigneurs, au retour des guerres heureuses C était à qui, de ces « valets de chambres, armeuriers, tapissiers et brodeurs » attachés à la personne du Roy ou à celles des seigneurs, s'ingénierait à trouver du nouveau, pour flatter les goûts du maître.

L'église tenait le premier rang dans toutes ces splendeurs : la libéralité des fondateurs de monastères ou de chapitres ne se bornait pas à étendre les domaines ou à terminer les constructions; elle s'appliquait à enrichir le mobilier des sacristies. Lsl-il besoin de rappeler la munificence il Enguerrand de Marignj vis-à-vis de la collégiale d'Ecouis, de la comtesse Mahaul d'Artois pour les moines de la Thieullaye, île Charles de lilois faisant venir d'Angleterre et de Bruges les plus précieuses broderies, pour les offrir a la cathédrale de Remies, du roi Charles V dont l'inventaire

Contient un long chapitre pour les chapelles et parements d'autels, et

dont les dons a Notre-Dame de Paris furent innombrables.' Mais ce qui contribua à donner a la broderie au xive siècle un si magnifique élan, ce lui la création d une industrie civile de la broderie, qui pouvait se Bxer dans Imis les grands centres de I Europe et s'associer aux travaux des artistes célèbres. Il ne reste pour ainsi dire rien des costumes de luxe

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