‹ Les arts en PortugalChapitre 108 sur 138 · SCULPTURE · texte numérisé non relu

SCULPTURE

Communication de M. Francisco de Assis Rodriguez, professeur à l'Académie. 28 octobre 1841.

On ne saurait nier que, dans les premières temps de la inonarcliic portugaise, la peinture fut plus cultivée que la sculpture. Ce fut seulement au xvii'' siècle que celle-ci commença à se perfectionner. La statue du roi D/mz qui se voit à Odivellas, celle d'Aphonse V , posée sur le tombeau de ce prince, dans la cathédrale, prouvent assez cette vérité. Elle est encore confirmée par la statue de dom Henri, placée au portail de Belem (1 ).

Manoel Pereira fut le premier sculpteur portugais dont la mémoire soit digne d'être conservée. On dit qu'il fut l'auteur du Christ, du saint Hyacinthe et du saint Pierre, qui se voyaient dans l'église des dominicains de Bemfica. Cet artiste a vécu et est mort en Castille , et il y a laissé beaucoup d'ouvrages qui attestent son mérite et son habiletc'. Un des plus remarquables est une statue de saint Bruno dont il existe une gravure. Il en est parlé dans Ponz, dans Bermudez, et dans Le Virloys. Ce dernier dit que Manoel Pereira mourut en 1667.

Nos sculpteurs du xvii* siècle et du commencement du xvni', se sont appliqués principalement à travailler en bois et en terre, et c'est pour cela qu'une partie des statues en pierre que nous possédons de cette époque sont d'un mérite secondaire. Presque toutes ont été faites par des étrangers.

Un sculpteur, nommé Fancé , fit le saint Pierre et le saint Paul qui ornent le frontispice de Loreto. Les enfans qui soutiennent l'écusson sont attribués à Bernini.

Jean Antonio de Padoue, Italien, fit les statues de la chapelle principale de la cathédrale d'Evora , les ouvrages de sculpture de la chapelle principale de San Domingo et do saint Jean Népomucène du pont d'Alcantara , qui porte la date de 1 743.

José do Almeida fut le premier sculpteur portugais du xvnr siècle ,

(1) J'omets ce que M. Rodrigue/ dit des ouvrages de sculpture de Gil Eaues imaginndor et de Lnpes imaglnnf!o,îi Jîatalliaj du Français Nicolas^ h Peulia de (liiilia, et de Coiitucci, ap|ielé Sansoi-ino, car je vous ai déjà fait faire ronliaiiisaiice avec ces noms. {!Sotc de l'auteur des lettres.)

SCULPTURIi.'i-BARRO.— TALHA. iil

qui sut bien sculpter en pierre. Le nu de ses figures est très bien dessiné. Il étudia à Rome où il fut envoyé par Jean V, et où il fut élève de Charles Monald. En Portugal, il était l'émule d'Alexandre Giusti qui était élève de Conca et de Maini. Cyrillo , dans ses mémoires, cite ses ouvrages.

Antoine Ferreira fut un grand sculpteur de paysages , il modelait en terre et en cire les sujets champêtres avec une grâce toute particulière. On découvre dans ses ouvrages , suivant un écrivain artiste, des choses qui enchantent les connaisseurs les plus scrupuleux. Il vivait au xvni* siècle, et était fils de Denis Ferreira qui était également modeleur. La plus grande partie de ses ouvrages représente des sujets pastoraux. Dans le genre élevé il était moins heureux ; cependant je connais quelqu'un qui possède de lui une image de saint Jean-Baptiste, de 45 centimètres de hauteur et demi-corps, qui est digne d'éloge pour la grâce et la correction du style. Il ne faut pas confondre son nom avec celui de Fariaqui l'imitait et le copiait, mais qui lui était fort inférieur. Antoine Ferreira fit la nativité de Cariuxa, qui est détruite : celle de Madré Deos et autres. Dans la chapelle de Notre-Dame âa Serra, à Bellas, j'ai vu une gloire composée de beaucoup d'anges qui entourent l'image du Christ. Cet ouvrage est très gracieux et il est certainement de sa main. Dans la Nativité qui se voit dans l'église paroissiale du cœur de Jésus, il existe plusieurs beaux groupes faits dans son style , et on voit de lui de beaux groupes dans la Nativité qui est chez le marquis de Borba, dans son palais à Santa-Martha.

Alexandre Giusti vint en Portugal au temps de Jean V , et établit à Matra, en 1750, la première école qui ait existé en Portugal. Voyez Cyrillo et la liste des artistes portugais par le ciirdinal patriarche.

Les mémoires sur la vie et les œuvres du savant artiste Machado de Castro, auteur de la statue équestre du roi Joseph l" et les mémoires sur son père, se trouvent insérés dans la Revista Universal des M novembre 4842, et 9 février 1843.

APPENDICE II

Communication de M. Rivara. Janvier 18i5.

Page 1