T\LHA, SCULPTURE EN BOIS
Evora, comme toutes les autres villes du Portugal, abonde en sculptures en bois; cependant je ne coiniais le nom d'aucun sculpteur en bois antérieur au xviii'' sictlo.
Ce fui au commencement de ce siècle que figurèrent les frères Abreu , dont l'activité s'étend jusque vers l'an 17/jO. Parmi leurs ouvrages, je citerai les sculptures da CarUiuza (de la Chartreuse), et celles de la Capella-môr du couvent des religieuses de saint Joseph. Dans cette dernière, les cadres sont de Luiz Joâo L'activité de ce dernier a commencé -vers l'an 1750, et s'est prolongée pendant un espace do temps que je ne saurais déterminer. 11 fit aussi la chapelle da Ordem Terceira de saint François , dans l'église des Carmes. Joaquim Monge fit des travaux dans l'église de sainte Catherine et nommément le Commungatorio et les pupîlres de l'église das Merces. Cet artisan était venu d'Estremoz. George Guerreiro fit les quatre arcs de la nef de l'église das Merces et les deux chapelles latérales, d'après les dessins de Manuel Francisco, facteur d'orgues.
Antoine Jean Coelho , dernier sculpteur en bois d'Evora, fit la banquette de la Chartreuse qui a remplacé celle d'argent , enlevée par les Français, en iSOT. Cette banquette est aujourd'hui dans la cathédrale.
On employait dans la sculpture en bois plusieurs procédés distincts. On commençait par exécuter le dessin sur le bois, puis le maître ébauchait le sujet; venait ensuite celui qui découpait et polissait avec des instrumens plus délicats, puis celui qui réunissait les pièces qui avaient été travaillées séparément, telles que les fleurs, les feuilles, les figures et autres détails. A tous ces travaux s'associait encore celui du tourneur.
L'antique organisation des corporations de métiers mérite chez nous d'être étudiée, non-seulement à cause de ces corporations elles-mêmes, mais aussi à cause des rapports qu'elle avait avec l'administration municipale du pays.
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CÏRIUO TOIKHAB MACIIAVO.
Lisbonne) le 2& janvier 1845
Messieurs,
Je veux vous donner une idée des mémoires de Cyrille qui ont été publiés par le chanoine Villela da Silva en 1823, immédiatement après la mort de leur auteur. Ces mémoires forment à peu près les seuls renseignemens un peu détaillés que le Portugal possède sur la manière dont les arts ont été cultivés dans ce royaume. Les feuilles périodiques fournissent assez souvent des notices détachées sur le même sujet. Celui qui ferait un recueil raisonné de ces articles contribuerait sans doute àéclaircir la matière que je traite; mais j'ai préféré réunir avec le secours de personnes studieuses et bienveillantes des renseignemens indépendans de ce qui a déjà été publié. J'ai eu en vue d'éviter les controverses. Au reste, je vous ai fourni plusieurs exemples de ce genre de publications, tout en évitant d'en faire la base de mon travail.
4U VINGT-SEPTliLMK LETTRE.
Le livre de Cyrillo contient 330 pages d'impression . La tablu (les noms d'artistes placée à la fin de l'ouvrage en donne L50. Beaucoup d'autres noms se trouvent mentionnés dans les articles qui traitent de ces 150 artistes; mais presque tous appartiennent aux cent ans qui ont précédé la mort de l'auteur. II commence par Gran-Vasco, et cite 27 peintres avant Bento Coelho da Silveira.
Parmi ces 27 peintres nous trouvons :
Le marquis de Monte-Bello qui a longtemps traité les arts en amateur, et qui s'est fait peintre en Espagne ;
Manoel de Castro qui a étudié en Espagne, et qui a été peintre de Charles II ;
Jean Gresbante, Anglais ;
Antoine Moor, étranger ;
Antoine et François de Hollande, dont le premier est né en Hollande et le second en Portugal .
Les peintres portugais , que Cyrillo cite expressément comme ayant été mentionnés par Félix da Costa, sont ceux qui suivent :
Antonio Campello, Gaspar Diaz, Vanegas, Diogo Teixeira, Fernâo Gomez, Simâo Rodriguez, Domingos da Cunha, André Reinoso, José d'Avelar Rebelle, Josefa de Obidos, Feliciano d'Almeida,
Mais, comme Cyrillo dit ailleurs, que Félix da Costa lui en a fait connaître dix-neuf; il eu résulte que Cyrillo n'en a découvert (juc cinq ou six parmi ceux (jui ont précédé Bento-Coelho
r.VniLI.O. 445
(la Silveira, dont l'activité aitisti(iue ne peut pas avoir été antérieure à l'année 1 640 , puisqu il est mort très vieux vers 1 708 . Ces vingt-sept artistes occupent dans les mémoires de Cyrille trente- trois pages, dont six sont consacrées à Gran-Vasco qu'il n'a pas coimu du tout, et quatre à François de Hollande, qu'il me paraît avoir mal connu et mal jugé. Ce qu'il y a de plus circonstancié dans l'ouvrage de Cyrille, ce sont les renseignemens sur le siècle dernier; mais ces renseignemens portent sur une époque qui, en Portugal, sous le rapport des arts, a été plus féconde qu'heureuse-, où les arts, dans toute l'Europe, ne jetaient plus, par intervalles, que de faibles flammes; oîien Allemagne ils étaient morts ; et où ils n'étaient encore soutenus en Italie que par lesBatoni, Angelica Kauffmanm et Camucini. Je laisse de côté l'activité qu'au commencement de ce siècle ont déployée en France , David et son école : car cette école n'a influé que très peu et très indirectement sur les arts du Portugal, et seulement vers la fin de l'époque à laquelle nous nous référons. Je laisse de côté également Canova et Thorvvaldsen, qui n'ont que faire dans cette question. Sequeira et Vieira Portuense se sont formés à Rome , et Vieira Lusitano est bien antérieur à David.
Dans le tableau général des arts que je fournirai à mes lecteurs, quand j'aurai publié mes lettres, et dans le dictionnaire artistique, vous verrez à quelle opinion je me suis arrêté relativement à l'époque qu'embrassent plus particulièrement les mémoires de Cyrillo.
Maintenant nous allons récapituler la préface des mémoires de Cyrillo.
Voici les sources auxquelles Cyrillo dit avoir puisé :