‹ Les arts en PortugalChapitre 21 sur 138 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Tout ce que je viens d'écrire, très haut et très chrétien roi et seigneur, est dans le but de faire connaître à Votre Altesse, puisque personne ne le lui dit, à quoi sert l'entente de cet art qui est près de s'éteindre en moi. Je suis méconnu et oublié dans celte campagne solitaire où je vis entre Lisbonne et Cintra, ne pouvant servir en rien, ni Votre Altesse, ni le royaume : suitout depuis que notre soigneur a appelé à lui le roi dom Jean votre aïeul, do glorieuse mémoire et l'infant dom Louis, ainsi que le sérénissime prince dom Jean votre père, qui tous utilisèrent mes services, m'accordant bien plus de faveurs et de grâces que je n'en reçois maintenant. J'ai lieu d'espérer néanmoins que lorsque je ne serai

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plus de ce monde, Votre Altesse comme amateur et protecteur de toutes les bonnes sciences et des arts , songera à traiter la peinture et le dessin avec la distinction qu'ils mérilent, parce que ces dons sont les plus illustres de ceux que le tout-puissant a accordés aux hommes. Je cesse mes plaintes sur le présent, car la majesté divine me fait approcher d'un terme où le [)lus grand mal que le monde puisse me faire est de nvaccorder ses bienfaits, et le plus grand bien dont il lui soit possible de me gratilier est de me vouloir du mal. Le très-haut en soit infiniment loué et glorifié.

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