‹ Les arts en PortugalChapitre 48 sur 138 · TÉMOIGNAGES EN FAVEUR DE GRAN-YASCO · texte numérisé non relu

TÉMOIGNAGES EN FAVEUR DE GRAN-YASCO

Fr. Augusthi de Santa-Maria.

Vers les dernières années du xyii" siècle, lorsque l'on répara la chapelle de Notre-Dame du Bon Succès, que d'autres appellent d'Aval los, et que les habitans de la localité appellent Notre-Dame d'Eiras (paroisse de Cabernaens, une de celles du district de Vizeu) , on renouvela l'ancien encadrement de menuiserie au-dessus de l'autel. Il y avait dix ans que cet ouvrage était fait, lorsque frey Augustin de Santa-Maria écrivit, dans les termes suivans , une notice sur les peintures qui se trouvaient en ce lieu : « On plaça dans ce nouvel encadrement deux « tableaux excellens, que l'on avait gardés avec tout le soin et toute « l'attention possibles, parce qu'on les considérait comme l'ouvrage de « rinsùjne Vasco^ 'peintre de grande renommée dans celte contrée. L'un « de ces tableaux représente saint Antoine, l'autre saint Amaro, tous « deux de grand mérite » {Sanctuaire de Marie, t. v, page 240 , année i7'l6, par Fr. Augustin de Santa-Maria).

Dans la paroisse de Sainte-Marie de Torredeyta , archipresbytériat du district de Yizeu, à l'occident de la môme ville et à une lieue du village de Farminhdo, il y a une chai)elle de Notre-Dame do Ribeiro, bâtie par Henri d'Alvernias, au retour d'un voyage aux Indes. Elle a la forme d'un vaisseau. On y voit de bonnes peintures, selon ce que dit frey Augustin de Santa - Maria ; dans le Sancluario Mariano, année 1716, tome v, page 248, il en donne la description suivante: « Cette église a une belle chapelle principale, ornée « avec une grande perfection. On voit au milieu de l'encadrement une « très dévote image de Notre-Dame. Des deux côtés il y a d'autres « peintures faites par les mains de l'insigne Vasco, peintre qui jouissait « alors d'une grande renommée dans cette contrée. »

Dans la paroisse de Saint-Micliel-Archangc dallibcira de Diu, district et archipresbytériat de Lafoens, à huit lieues de Vizeu, au sud-ouest do la môme ville, existe une chapelle de Notre-Dame, de Lauroza. A

l'architecture de cette église on reconnaît sa grande antiquité. On commença en 1C85 à y faire des restaurations qu'on finit en 1688.

Au milieu de l'enciidrement supérieur de l'autel du chœur, qui est très ancien, se trouve l'image de Notre-Dame, sculptée, et des deux côtés on voit deux tableaux d'excellente peinture que l'on croit être l'ouvrage des mains de l'insigne peintre Vasco. Du côté droit est représentée la Vierge au pied de la croix, et à gauche saint Jean l'évangéliste {Sancluario Mariano de frey Augustin de Santa-Maria, tome v, page^278, année 1716).

Dans un vallon de la montagne de CaramuUo, situé en face et à l'occident de la délicieuse vallée de Bedeiros, à trois lieues de distance de la ville de Yizeu, se trouve placée l'ancienne chapelle de Notre- Dame de Guardâo. Dans cette chapelle, il y avait une dévote imago de la INlère de Dieu, que l'on vénère encore aujourd'hui sur le maîtreautel. L'église, ayant été depuis érigée en paroisse, fut à cette occasion embellie et augmentée de la manière que l'on voit maintenant.

Déjà à cette époque la même église possédait une autre image de Notre- Dame, peinte à l'huile. On affirme quelle est l'ouvrage de l'insigne Vasco, regardé par ceux qui connaissent toute la beauté de ses ouvrages, comme le glorieux émule d'Apelles et de Timanthe, révérés par les Grecs comme dieux de la peinture. En effet, on admire dans cette sainte image une figure si naturelle et d'une si rare beauté, qu'elle inspire le respect et la vénération même aux personnes qui, par leur froideur et leur ignorance , sont le moins capables de l'apprécier; et celles-ci alors, touchées de dévotion, reconnaissent do quelles adorations est digne l'original, par la divinité qui respire dans la sainte image de Marie. Elle est représentée absorbée, en contemplation, les bras étendus et un peu inclinés. Elle est entourée de six anges, dont quatre inférieurs ont les bras étendus et semblent lui servir de trône, et les deux supérieurs lui offrent une couronne im^ périale, comme à l'impératrice de la céleste gloire.

L'autel et l'encadrement n'ont point d'autre image ni sculptée, ni peinte. C'est au-dessus du tabernacle que se voit ce tableau de Notre- Dame, peint sur bois avec des ornemens dorés.

Le seigneur dom Jean de Mello, évoque de ce diocèse vers l'an <620, ravi de la grande beauté et de la majesté de cette image, ne pouvait s'en éloigner, de sorte qu'il chercha à la faire passer à 'N'izeu pour sa dévotion. Il offrit d'en donner une copie très exacte et une grosse somme pour continuer les travaux et les embellissemens de l'église. Le curé de cette paroisse, qui était le licencié Joseph da Costa Pcssoa, donna dans cette occasion une preuve de zèle et de courage en refusant l'offre d'argent qui lui fut faite. II ne voulut point consentir à ce que son église fût privée d'un joyaux si précieux (Frev Augustin de Santa-Maria. Sancluario Mariano, tome 5, page 376, an 1716).

Ces notices sont fort curieuses parce qu'elles fout voir avec évidence que déjà, au commencement du xviii" siècle, on ne doutait point de l'existence du peintre Vasco, et qu'il était réputé comme insigne, puisque l'auteur du Sanctuaire de Marie, qui nous rapporte ces particularités, les recueillit vers cette époque de personnes âgées et dignes de crédit qu'il consulta, et des documens qu'on lui fournit, comme il assure en plusieurs endroits de son ouvrage. On rencontre ces particularités dans un volume imprimé en 1716. Elles sont aussi importantes, parce qu'elles confirment la tradition qui existe sur le lieu de naissance du peintre, puisque les tableaux cités sont presque tous peints dans des localités voisines de la ville de Vizeu, où l'on dit qu'il naquit.

Signé .- V. Pinto de Balsemâo.

Lbbonne, le 2 février 1844.

APPENDICE II

Extrait cTiin manuscrit de la Bibliothèque rojyale de Porto,

(Communicalion du vicomie Je Juronienha. —22 janvier 4844.)

(Ce manuscrit porte le titre de : Dialogues moraux, historiques et politiques. FonHation de la ville de Vizcu ; liistoire de ses évêques ; généalogie de ses familles ; notice sur beaucoup d'évcncmens qui ont eu lieu en celte ville, différentes antiquités et autres curiosités. Composé par Emmanuel Ribeiro Pereira, natif de Yizeu. — Il est daté de 1030.)

Ce manuscrit, appartient à Jacques de Napoles de Noronha o Veiga, gentilhomme de la ville de Vizeu, et qui, par son nom de famille, semble se rattacher à celle qui avait des droits seigneuriaux sur le moulin du Peintre dont Vasco ou sa famille avait le bail ou l'emphyléooc. 11 est écrit en forme de dialogues et l'on y lit à la page 539 :

« ... Le citoyen et le soldat allèrent en causant jusqu'à la cathédrale, « où ils entrèrent par la cour et par la chapelle de Jésus; le soldat « s'arrêta i)Our considérer les images parfaites du tableau de l'autel, «, lcs(}nolles semblent èlrecn relief, et pour admirer la variété de tant « et de si dilférens visages qu'y a tracés la main du Grand Vasco « Ternandez, etc. »

Cette notice, extraite du manuscrit do Porto, est la plus intéressante et me semble trancher la question de l'existence du peintre. Elle est écrite par une personne née dans le siècle où fleurit Vasco, et pouvant même avoir connu quelqu'un qui avait eu des rapports avec lui. Il faut, de plus, observer qu'elle est fournie par un individu, naturel de Vizeu, et demeurant dans celte même ville. Un autre avantage de cet écrit, c'est qu'il nous donne la description d'un tableau que nous devons réputer le chef-d'œuvre de Vasco, puisque c'est de celui-là que nous avons les plus anciens rapports. Il serait du plus grand intérêt que vous prissiez la peine d'examiner vous-même ce tableau (1), car il servirait de type pour la connaissance do la vraie manière de peindre de Vasco: il vous serait facile ensuite de reconnaître ses autres ouvrages et de faire la différence entre ceux qui sont vraiment de lui et ceux qui sont supposés, et que je crois en très grand nombre.

Signé : Vicomte de Juromenha.

Il existe dans le cabinet des manuscrits de la bibliothèque royale et publique de Porto, un volume dont le titre ou frontispice est ainsi conçu :

Dialogues moraux, historiques et politiques. Fondation de la ville de Vizeu. Histoire de ses évêques; généalogie de leurs familles. Rapports sur beaucoup d'événemens qui ont eu lieu en cette ville , diverses anti' quités et faits curieux.

Dédié à la Vierge Notre-Dame de V Assomption, patronne de la cathédrale de ladite ville, et composé par Manuel Botelho Pereira, natif de la même ville. Vizeu, an mdcxxx.

Ce livreuse trouve dans la bibliothèque de Diogo de Napoles Noronha e Veiga, ainsi qu'il résulte de la permission.

« Souvenirs.

« Ce livre, dont l'original se trouve à Vizeu, a été requis par moi à « Lisbonne, où je l'ai fait copier cette année Mil. Fbeire. »

Suivent immédiatement une dédicace à la vierge et un prologue au lecteur.

L'ouvrage est en forme de dialogues entre un citoyen nommé Lemano, un docteur philosophe et un soldat.

Les quatre premiers dialogues ne renferment rien qui se rapporteà nos recherches.

Le cinquième contient quelques renseignemens.

(1) Ce conseil s*adre«8« à l'auteur des lettres, et sera certainement suivi par lui.

Ifô HUITIÈME LETTRE. — APPENDICE II.

Le chapitre \" a pour titre : « De l'évéque dom Jean, protecteur « de Vordre des Lôyos. »

Les interlocuteurs sont le citoyen et le soldat.

(Il est dit, sur une inscription provenant de la tour do l'horloge démolie, que dom Jean était évèque en 1 451 .)

cf ... Le jour suivant, Lcmano se leva de bonne heure, afin d'entendre « la messe, et de se réunir avec le soldat pour terminer l'histoire de

« sa patrie ; en sorUmt de chez lui, il le rencontra ils chem-nèrent

« jusqu'à la cathédrale, où ils entrèrent par le cloître et pénétrèrent « dans la chapelle de Jésus. Là, le soldat remarqua les excellentes et « parfaites images du grand tableau de cette chapelle, qui paraissent « plutôt sculptées que peintes, ainsi que la variété de tant de visages

« qu'y a tracés le pinceau de Grand Vasco Fernandez »

Ce chapitre elles 2^ et 3* ne contiennent plus rien à ce sujet. On lit dans le chapitre 4 dudit 5« dialogue : « Chap. 4. — De l'évéque dom Fernando de Miranda. » « Dom Fernando de Miranda fut successeur immédiat de dom Jean « Gomez dAbreu. Il est consfalé, par un livre de confirmations, qu'il « était évèque en 4 487.... »

« Un écu aux armes de ce prélat et de sa généalogie se distingue sur « le tableau du maître-autel de la cathédrale, ainsi qu'un autre de dom « Cortis de ViUugas, son successeur; d'où je puis itiférer que l'un le « fit faire et l'autre l'y fit joindre.

Le Soldat. « Qu'il devait èlre rare et éminent le peindre deà « images de ce tableau 1 elles nous semblent non^seulement sculptéeSy « mais vivantes; elles trompent nos yeux comme le raisin d'Apelles « trompait les oiseaux, ou comme celui-ci s'abusait sur la nappe de « Zeuxis. »

« Yasco Fernandez, répondit Lemano, est le nom de l'auteur de si « merveilleuses peintures ; il a peint aussi les chapelles latérales de Saint- «Pierre et Saint-.lean-B;iptisle, autels privilégiés tous les lundis et « bien favorables aux âmes du purgatoire. Il a fait également celles de « Sainte-Anne et Saint-Sébastien des Monastères, et celle de Jésus, « placée dans la chapelle de l'évùiiue dom Jean, le protecteur. »

Ce chapitre ne dit plus rien qui concerne cet objet. Rien ne se trouve non plus à cet égard dans les 5", 6% 7", 8% O" chapitres. Le 10*-' chapitre dudit dialogue porte : « CiiAP. 10. — De l'évéque dom Gonçalo Pinheiro. » Lecha[)itro commence par des notices généalogiques d« cet évèque, données par Lemano, signalant son enlne à l'évèché en 15o3; et le tj 3 dit : « Il lit édifier do nouveau la cliapeile de Saint-Sébastien des « Monasières, qu'il intitula de Vera-Cruz, et sur la voûte de laquelle « se trouvent ses armoiries, citées comme une célèbre peinture, ou-

« vrage de Gran-Vasco Fernandez, dont vous avez déjà connais-

a sance »

Ledit volume ne contient plus rien concernant ce sujet ; différentes écritures s'y distinguent j il est relié, et renferme 68(> pages.

APPENDICE IIL

Ffn du XVI i" siècle.

JACINTO LEITÀO MANÇO DE LIMA»

Familles de Portugal. V. le nom Cazabs.

(Manuscrit de la fin du xvri" siècle, qui se conserve à la bibliothèque nationale de Lisbonne, dans la division des manuscrite. L'auteur est considéré par Barbo7.a Macliado, dans sa bibliothèque iusitanicime, comme un excellent généalogiste.)

Diego Gomcz de Figuciredo qui mourut en 1684. Familles tle Portugal. Voyci le nom Cazaes. Ribriolbèque nationale. Ce manuscrit avait appartenu à Thomas Caitano rfe Rcnr.

Ce qTii suit est extrait do ces deux mantiseritri. Belcliior Gonzalvoz do Cazal fut un homme de mérite. Le roi Emmanuei le manda on Flandre pour des affaires de son service, comme capitame d'un navire, son parent Thomas Lopcz de Andrade s'y trouvant alors comme payeur [feilor). Il vivait à San Pedro do Sut (Saint-Pierre-dii-Sud). Il se maria à Vizeu avecBrites Vaz, fillo de Vasco Fernandez le vieux et de Eléonore Vaz, native do Pîndo de Penalva. De ce mariage naquirent ;

-1° Bartholomée Vaz do Cazal, qui fut serviteur de l'infant dom

Louis.

2" Vasco Ferxandez DO C.\zal, qui ftit serviteur de l'infant dom Edouard (1).

(1) Les dates, les lieux et la similitude des noms et d'aulres circonstances, feraient croire que ce Vasco n'était autre (pie le peintre qui est i'objil Je nos rccbfrclics ; cependant nous verrons, (pielques lignes plus bas, que bien des particularités renfermées dans celte notice semblent rendre la chose- douteuse; mais admettons celte supposition. L'ir.fant doni ÉJouaid, fils d'Emmanuel, était né en 1513, et l'activité artistique de Vasco auprès de l'infant ne pourrait jiar cmiséquent être aiWérieure à I33*. ( Vo^* Je l'anUnr des Icitres. )

3° Valentin Gonçalvez do Cazal, chanoine do la cathédrale do Vizeu.

i" Miguel Vaz do Cazal, qui vivait à San Pedro do Sul, épousa Felippa de Azevedo, fille d'Antao Martens, qui arriva des Indes fort riche, et de Marie de Azevedo, dont le premier mari avait été Diogo Rodriguez de Madaveira.

5° Marie Vaz do Cazal, femme de Manuel Coelho de Campos.

6° Antoine Vaz do Cazal, femme d'Edouard de Novaez de San Pedro do Sul.

1° Eleonore Vaz do Cazal, femme de Pantaleon Rodriguez Malafaya, commandeur de Vargea. Il eut des enfans.

Vasco Fernandez do Cazal, qui est mentionné ci-dessus, était donc second fils de Belchior do Cazal et serviteur de l'infant dom Edouard, au service duquel il resta jusqu'à sa mort, et il devait être garçon de chambre (moço da camara) ; car dans le livre de matricule de tous les individus faisant partie de la cour, on ne trouve son nom que sous la rubrique des moços da camara, bien que sans le surnom de Cazal. Après la mort de dom Edouard, il passa au service de dom Jean III ; et quand celui-ci fit évacuer la ville Çafim en Afrique {Assafy) et ordonna à toutes les personnes de confiance de sa maison qu'ils eussent à prendre part à cette expédition, Vasco Fernandez do Cazal fut de ce nombre, et il fut armé chevalier par son cousin Louis de Loureiro, qui alors était gouverneur et capitaine en chef de Mazagao. De retour en Portugal, le roi le fit cavalier-fidalgo, ce qui était le plus grand honneur en ce temps, et il fut employé par son ordre dans des affaires qui prouvaient la confiance que le roi avait en lui. Il épousa Maria Coelho de Campos, qui, ainsi que nous l'avons vu, était sa nièce et fille de Manoel Coelho de Campos et de Marie Vaz do Cazal.

Il eut cinq enfans de ce mariage, savoir :

4 Antoine Campos Coelho.

2 André de Campos Coelho.

3 Francisco Coelho de Campos.

4 Maria Coelho de Campos.

5 Brites Coelho de Campos.

Voici ce que nous apprend un autre livre sur le même sujet : Historia de Santarem edificada. Livre ii, chapitre 34, page 457-459. Frey Gaspar do Cazal, religieux de l'ordre de Suint-Augustin. Les écrivains qui font mention de lui ignorent les noms do ses parens ; cependant

GRAN-YASCO. 185

nous savons par les manuscrits de son ordre qu'il appartenait à une famille très noble. Cousin de Vasco Fcrnandez do Cazal, qui était au service de l'infant dom Edouard, il était aussi cousin de Marie Fernandez do Cazal, femme de François Coelho de Campos et neveu de Martin Gonçalvez do Cazal, chevalier de l'ordre du Christ, seigneur de Germenidade et Mouril.

Cet évoque (le même frey Gaspar) fut du conseil du roi Jean III, et son confesseur, aussi bien que celui du prince dom Jean son fils. Il fut évêquo de Funchal, avec le litre d'archevêque dans l'année 1551 ; en 4557, il devint évêque de Leiria et fut ensuite promu à l'évcché de Coimbre, en 1579. Tout cela se voit par la bulle du pape Grégoire XIII du r^ décembre 1579, laquelle se trouve dans les archives royales de Torre do Tombe, dans le 35* cahier des brefs pontificaux. Il mourut à Coimbre, le 9 août 1585, et son corps fut transporté au couvent de son ordre, à Leiria, dont il était fondateur et où il fut enseveli dans la chapelle principale, le 5 mai 1586. Pendant qu'il occupait le siège épiscopalde Leiria, il fit aussi édifier la cathédrale de cette ville (1577).

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Enij-ïisco.

Lisbonne , I<r 3 mar» IJMw

Messieurs,

Nous allons récapituler sommairement les peintures que les lettres 7 et 8 et leurs appendices désignent comme étant de Gran-Vasco ou de son école.

APPENDICE 1^ DE LA SclPTlèME LETTRE. ▼KEU ET SES Er\mON9.

Église de Saint -Martin , à Vïzeii : saint Marfirr, saint Bras et Notre-Dame de la Pitié 3

Cathédrate : le Seigneur atlaclié à la colonne ♦

Sur l'autel du bon Jésus : !o Christ sur la Croix. . . f

Au-dessus du Christ sur la croix, trois autres faits ayant trait à la passion 3

Saint Jérôme dans le désert

Saint André et saint Jean

Saint Pierre ad Vincula

Saint Dras .^ I

Saint Pierre et saint Paul

Un saint, martvr

488 NEUVIÈxME LETTRE.

Saint Benoît

Un ermite lisant

Saint Antoine, ermite

Notre-Dame de la Conception \ 7

Sainte Luce

Un saint

Sainte Catherine

L'histoire du Christ en 1 4 tableaux H

Dans la sacristie : la Pentecôte et saint Pierre occupant la chaire pontificale 2

Couvent de Saint-François d'Orgens : la Descente de la Croix i

Fontello : le Christ visitant sainte Marthe 1

TotalàVizeu 39

Taborda. Ce que cet auteur nous dit sur ce sujet a été recueilli par M. de Balsemao, dans sa liste faisant partie de l'appendice troisième.

Cyrillo Volkmar Machado, entre beaucoup de tableaux qui se trouvent cités ailleurs, fait mention de ceux du couvent de Saint-Antoine, près de Lisbonne ; ils représentent l'histoire du Christ et d'autres sujets, et sont au nombre de 4 i

A Evora : de Gran-Vasco et de son école (Voyez la liste de M. de Balsemao, lettre septième, appendice troisième) 44

A Thomar, dans l'église du couvent : l'Histoire du Christ 42

Autels latéraux : Saint Grégoire, sainte Marie-Madeleine, la Conquête de SanUirem, le Christ mort. i

Dans la chapelle de Notre-Dame des Grâces : Saint Jean-Baptiste, saint Jean l'évangéliste, saint Antoine, saint Jérôme 4

Dans l'église de Saint-Jean-Baptiste (1 ) 4

Dans l'église de la Miséricorde (2) (Voyez la liste de M. Balsemao, lettre septième, appendice troisième) 2

Total 26

(1) J'en ai vu une dizaine tous du m«\me faire.

(2) Un certain nombre de ces tableaux ont été transportés à Lisbonne, et se trouvent dt'jà cités dans l'extrait de la Uste des tableaux de l'Académie.

{lYoles de l'auteur des lettres,\

GRÂN-VASCO. 489

Cyrillo cite un grand nombre de tableaux qu'il dit être l'ouvrage de ses élèves.

Les Gran-Vasco que cite la liste des tableaux de l'Académie, appendice troisième, sont au nombre de 44

La table des peintures attribuées à Gran-Vasco, que nous a fournie M. de Balsemuo, et qui fait partie du troisième appendice de la lettre septième, nous fait connaître outre les tableaux cités ailleurs et ici même :

Chez le marquis de Penalva 2

Chez M. Marlinho Teixeira ?

A l'église de Luz, près de Lisbonne, dans la sa- 2

cristie : T Adoration des mages 1

A Odivellas, près de Lisbonne i

A Varatojo 4

Total dans la table de M. de Balsemâo. ... 13

Les madré de Deos 7

Les tableaux de Sctubal 47

Les tableaux du duc de Palmella, anciennement au

marquis de Valence 8

Cela nous donne plus de 200 Gran-Vasco, en y comptant diverses séries de tableaux, dont le nombre, faute de renseignemens exacts, n'a pu être déterminé, et en y comptant les tableaux dont je ne connais pas exactement les sujets. A ces tableaux, il faudrait en ajouter mille autres, car vous ne rencontrez jamais ici un panneau du commencement du xvi* siècle, sans qu'on vous dise qu'il est de Gran-Vasco ou de son école.

Je ne suis pas certain de ne pas avoir omis quelques tableaux ou quelques séries de tableaux, qui méritent d'être mentionnés autant ou davantage que ceux que je viens de citer, et je ne garantis pas non plus que d'autres n'aient pas été cités deux fois, mais la surabondance est d'aussi peu de conséquence que l'omission. Il m'importait seulement de montrer ce que l'on entend ici par Gran-Vasco, quelle valeur on peut accorder à l'opinion générale qui s'est formée sur ce peintre, et combien

est grande la confusion d'idées dont il est devenu l'objet. Je n'ai pas eu, non plus, l'ambition de débrouiller quels sont les tableaux qu'on attribue de préférence à ses élèves. Il n'y a pas ici de règle d'après laquelle on décide que tel tableau est tout à fait Gran-Vasco, et que tel autre l'est moins. Les idées à cet égard sont trop confuses, pour rendre possible une classification exacte ou même approximative. C'est comme si vous vouliez faire l'énumération des tableaux qui sont attribués à Albeit Durer, en Allemagne, en Italie, et partout, tantôt par une seule personne à qui ce nom s'est présenté le premier à l'esprit, tantôt par plusieurs personnes qui n'ont pas une idée bien claire sur le style et les travaux de ce grand maître, tantôt par quelques connaisseurs auxquels d'autres connaisseurs contestent le droit de juger les tableaux. Il y a seulement cette différence entre Albert Durer et Gran-Vasco, que le premier est connu par des ouvrages qu'on sait être de lui, et que, par conséquent, il existe pour lui des points de comparaison, tandis que, jusqu'ici, je ne connais pas un seul tableau, parmi ceux qui sont attribués à Gran-Vasco, dont on puisse dire avec certitude qu'il est son ouvrage.

La manie de baptiser les tableaux est commune à tous les pays, et les assertions qui ne sont pas appuyées de preuves suffisantes se rencontrent sous toutes les zones.

Il faudra voir les tableaux de Vizeu, j'en reviens toujours là.

PEISTIRE AKIEHE.

I^islionne, Ict't janvier 1S44,

Messieurs,

Je vais joindre à cette lettre des notices sur l'ancienneté de l'art de la peinture en Portugal, sur le degré d'activité qu'il a eu à différentes époques, et sur la protection dont il a joui. J'y ajouteiai aussi des renseig nemens sur plusieurs peintres et sur îeurs ouvrages.

Fidèle au plan que j'ai adopté en commençant ce travail , je ne songe encore à résoudre aucune des questions qui nous txîcupent. C'est un soin que je ne prendrai que lorsque j'aurai terminé mes recherches. Dans les précieux documens que m'a Iburnis le vicomte de Juromenha, et qui forment sans contredit une des parties les plus importantes de ces renseignemens, il est aussi question de sculpteurs, d'architectes, ctc , mais je n'ai pas voulu mutiler un travail si exact , si consciencieux , d'ailleurs cela nous servira plus tard.

Les pièces qui accompagnent cette lettre , forment les appendices suivans :

4*'" appendice. — Sur les arls du Portugal antérieurement à Jean III. Communication du vicomte de Juromenha.

2" Autre communication du môme sur le même sujet.

3* Sur Batalha, par le cardinal patriarche. Extraits.

4** Cintra pittoresque. Extraits.

5^ Villela da Silva. Observations sur l'ouvrage de Balbi. Extraits.

6^ Villela da Silva. Sur plusieurs peintres portugais. Extraits.

7° Frère Manuel de Maria Santissima, sur Varatojo. Extraits.

8* Manoel do Cenaculo Villas Boas. Sur plusieurs peintres. Extraits.

9" Diogo Barbosa Machado. Sur plusieurs peintures. Extraits. à 0^ Gaspard Câo, peintre.

1 1 ® Vieux tableau avec le monogramme

iz.i-i-

12^ Santarem edifîcada. Extraits.

43^ Portrait de l'infante Catherine et du cardinal Jorge da Costa.

i 4^ Ant. Moro et Christophe d'Utrecht.

45® Extraits de Guarienti, éditeur de l'ouvrage d'Orlandi.

Indépendamment des extraits de Villela da Silva, qui forment les appendices 5® et 6* de cette lettre, M. de Balsemao m'a fait encore une communication sur cet auteur et sur ce qu'il lui a dit au sujet de Pedro Guarienti, inspecteur de la galerie de Dresde, qui doit avoir voyagé en Portugal en 1730, et qui a fourni quelques renseignemens sur ce pays , comme nous l'avons déjà vu, lettre 7", appendice 1", article Taborda. Je ne rapporte ces renseignemens que dans le seul but de rendre plus circonspects ceux qui écrivent sur les arts. Une personne a beau être respectable d'ailleurs, la considération qui lui est due ne lui tiendra pas lieu en pareil cas de la connaissance et du sentiment des arts ; le ton doctoral, l'indignation ou le zèle pour la gloire nationale ne sauraient non plus en tenir lieu. C'est ce qui est arrivé, comme nous le verrons, au chanoine Villela da Silva. Ces communications du chanoine

ont éié faites à M. Balsemâo et elles se réfèrent à Tédition de 1753, publiée à Venise. C'était de souvenir que le chanoine faisait ces citations. Dans ces mémoires il serait dit que Gran- Vasco vivait vers 1480, suivant un document qui s'y trouve cité. Ce Guarienti doit avoir été « un grand connaisseur des " différentes écoles de peinture; il doit avoir examiné en « Portugal toutes les collections et y avoir trouvé des origî- " naiix d'un grand, mérite. » Ce fut lui qui, confirmant le jugement de François Vieira, a attribué à Raphaël une magnifique sainte famille, peinte sur bois. Ce tableau, parmi d'autres excellens originaux doit avoir brillé dans la magnifique galerie du marquis d'Alegrete. Guarienti doit aussi avoir été frappé d'étonnement à la vue d'un tableau représentant la descente du Saint-Esprit, par Gaspard Diaz, qui se trouve dans la tribune de la chapelle principale de l'église de Saint-Roch. Je dois dire relativement à ce tableau, qu'il est d'une composition sage, et qu'il n'est pas tout à fait dépourvu de style, mais aussi est-ce là tout ce que l'on peut en dire, car il a été repeint d'une manière barbare; je ne sais pas si cela a jamais été un Gaspard Diaz et si cela a été bon, mais je sais que ce n'est plus qu'une croûte. Le livre cité ci-dessus ne se trouve pas à Lisbonne. Les renseignemens qu'il renferme véritablement sur les arts du Portugal formeront l'appendice 15® de cette lettre. Je dois ajouter que M, de Balsemâo m'a dit que ce même Guarienti doit avoir été frappé du mérite de plusieurs Bassano^ représentant la vie de Jacob, qui se trouvent encore ici, chez le comte de Céa, dans un état parfait de conservation, et qu'il en avait offert un très haut prix pour en compléter]a galerie de Dresde. Or, ce sont de véritables Bassano ; mais dire que Guarienti a voulu en compléterla. gsiiene de Dresde, et en a offert de grandes somnies, c'est prouver ou que l'on ne se souvient pas bien de ce qu'il a dit, ou que ce directeur de galerie était ignorant ou flatteur. Je ne me rappelle pas s'il y a des Bassano avec des troupeaux, dans la galerie de Dresde; mais je parierais qu'elle en possède plus qu'il ne lui en faut ; car c'est le cas de presque toutes les galeries, et même de la plupart des magasina de vieux tableaux. Quand je me serai procuré l'ouvrage I. la

en question, je verrai ce que j'en devrai extraire, et ce qui pourra servir à répandre de la lumière sur le sujet que je traite.

Les observations de ViUela da Silva sur l'ouvrage de Balbi, formant l'appendice 5% n'ont aussi d'autre utilité que de prouver combien le zèle, quand il n'est pas accompagné de connaissances spéciales, peut devenir maladroit. Balbi dans son article sur les arts, ne trahit pas d'orgueilleuses prétentions , et il ne veut pas paraître ^/'«/if/ amateur des arts. Cet article est, j'en conviens, très superficiel. Si Balbi avait eu connaissance du livre de Taborda qui avait paru six ans avant la publication du sien, il se serait probablement étendu davantage sur cette matière et il l'aurait peut-être traitée autrement qu'il ne l'a fait , dans son appendice page 193 ; mais on ne peut pas dire que son livre soit malveillant, et sous les rapports géographique et statistique, il est rempli de renseignemens utiles , consciencieux, et qui ont dû lui coûter beaucoup de travail. Il résulte de la nature d'un pareil ouvrage et de la difficulté que son auteur a dû trouver à se procurer, sur une foule de choses, des renseignemens précis, que tout ce qu'il rapporte ne peut pas toujours être rigoureusement exact. Si son livre ne contenait pas quelques erreurs, cela tiendrait du miracle. Il y a à dire de cet ouvrage : qui trop embrasse mal étreint, et il aurait d'autant mieux fait de laisser les arts de côté, que l'expérience me prouve combien il est difficile d'éclaircir cette matière; dans un pays où les renseignemens, très peu nombreux d'ailleurs, qui s'y rapportent, présentent si peu d'exactitude, tant d'emphase, tant d'amplifications, un tel désir de faire de l'effet, et où ils proviennent pour la plupart de personnes à qui les arts ont toujours été parfaitement étrangers. Si j'avais à adresser un reproche à M. Balbi, ce serait d'avoir jugé avec trop de naïveté les cvénemens de 1820et 1821 (t. i, p. 30-60:) mais il est assurément consciencieux, bienveillant et studieux: son Abrégé de Géographie, ouvrage d'une utilité immense, le prouve bien.

Vous regretterez, j'en suis sûr, Messieurs, que parmi les renseignemens mis par moi sous vos yeux, il y en ait si peu qui montrent aulaiit de simplicité, de jugement, d'impar-

tialité que ceux du vicomte de Juromenha. Sans lui et sans M. de Balsemîïo, je ne sais comment j'aurais pu échapper au découragement. Pour aucun d'eux jusqu'ici les arts n'avaient été l'objet d'études particulières; mais ils ne sont ni tranchans , ni de mauvaise foi , ni accessibles à de mesquines préoccupations • ils ne font pas semblant de savoir et d'éprouver ce qu'ils ne savent ni n'éprouvent , et surtout ils ne font pas de l'enthousiasme et du patriotisme mal à propos dans le but d'acquérir de la popularité. Ils cherchent avec zèle à réunir des matériaux et à connaître la vérité. Nous sommes, je crois , tous trois en droit de dire : discendo discimus : ou ^simplement J'apprends .

M. Ferdinand Denis m'a fourni nouvellement la notice suivante. La pièce à laquelle il se réfère dans sa lettre, est un manuscrit de la bibliothèque royale de Paris, intitulé au dos : Pièces pour l'histoire du Portugal, n° 10,245.

« Il est à peu près certain que Van Eyck passa en Portu-

- gai à la sa.tf de l'ambassade qui vint solliciter la main de « la fille de Jean P"" pour le duc de Bourgogne. Le renseigne- « ment ci-dessus a été copié sur un manuscrit du xv'' siècle •• dont l'authenticité n'est pas douteuse. Le beau portrait de « l'infant dom Henrique, qui se trouve en tête du manuscrit

- de Gomez Eannes de Azurara, et dont la lithographie vous " donne une idée si imparfaite, porte tous les caractères de " l'école flamande, et c'est un fait que j'ai cru pouvoir avan- « cer dans un ouvrage que je prépare et qui aura pour titre : " Essai sur l'histoire de l'art par les peintures des manuscrits.

« Extraits du manuscrit écrit en espagnol au xv* siècle , page 106.

« Et conjointement lesdits ambassadeurs firent peindre

« très au naturel la figure de ladite dame infante dona Isa- " belle par un homme appelé maître Jean de Yel, moco « da camara dudil monseigneur de Bourgogne , excellent •* maître dans l'art de la peinture. «

» Et à la page suivante, on lit ce qui suit : »

« De même lui fut envoyée la figure de ladite dame,

» faite en peinture ainsi que cela a été dit. »»

M. Famin, consul de France à Lisbonne, que j'ai prié de s'assurer si ce fait historique se rencontre dans d'autres ouvrages, m'a (cumi les renseignemens suivans :

" En 1428, le roi de Portugal, dom Jean i", envoie deux « ambassadeurs en France, don Alvaro, évêque des Algarves,

- et le docteur Fernando Affonso daSilveira (1), pour y traiter " du mariage de sa fille, l'infante dona Isabelle, avec le duc « de Bourgogne Philippe III, surnommé le Bon,

" Le duc de Bourgogne, à son tour, envoie dans cette même •' année, une ambassade en Portugal pour y demander la « main de l'infante dona Isabelle. Cette ambassade avait pour « chef messire Jean, seigneur de Roubaix et dErzelles, con- « seiller et premier chambellan du duc. L'ambassadeur était « accompagné d'ime suite nombreuse. On y remarquait mes- « sire Baudoin de Lanoy, seigneur de Molembai, gouverneur " de Lille; André Toulonjon, seigneur de Mornay; maître " Gil de Tournay, docteur en lois; Douginas Alberguchet, " gentilhomme; Gninard de Landas, gentilhomme; Hector « Sacqespée, gentilhomme; etc., etc., et enfin maître Jean, « valet de chambre du duc de Bourgogne, fameux dans l'art

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