VI PREFACE
tâche, je m'imaginais que la besogne serait des plus faciles et qu'il me suffirait de recourir à des travaux d'ensemble, traitant de chacune des parties de mon sujet. Arrivé à pied d' œuvre, je n'ai découvert aucun ouvrage dont je pusse tirer un sérieux profit ; je n'ai rencontré, en tout, que deux petits manuels, superficiels à l'excès, et une thèse de doctorat es lettres qui semble avoir pour unique objectif d'humilier la Science en prouvant la pesanteur du vide.
J'avais pris l'engagement d'écrire un livre sur les Arts pendant la Révolution, force m'était de le tenir. Je dus en conséquence recourir aux documents originaux et, là oii je comptais sur quelques mois de travail, j'ai dû dépenser un nombre égal d'années.
Je n'ai pas, malgré cela, la prétention d'avoir traité définitivement mon sujet, et d'autant moins que, désireux d'éviter au public une lecture fatigante, je me suis astreint à ne point dépasser une certaine étendue de développement matériel. De plus savants, de plus habiles que moi, sauront bien tirer parti de ce que j'ai ébauché. Loin de m'en plaindre, je m'en félicite. Et ma confession finirait là, si je n'avais à répondre, par avance, à deux reproches qu'on ne manquera certes pas de m'adresser :
1" Je n'ai mis aucune gravure dans le corps du volume ;
2" Je n'ai pas mis de notes au bas des pages.
Je dirai d'abord ceci : autrefois, on écrivait, en premier lieu, un livre, puis, s'il le méritait, on lui