‹ Les arts et les artistes pendant la période révolutionnaire (1789-1795), d'après les documents de l'époqueChapitre 24 sur 48 · CHAPITRE V LES ARTS DU THÉÂTRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V LES ARTS DU THÉÂTRE

l'émancipation des comédiens

Il semblerait, au premier abord, que les ^ens adonnés à l'art théâtral devraient avoir eu, de tous temps, la sympathie et la bienveillance du public, car ils donnent à la foule la plus nombreuse, les impressions d'art les plus directes et les plus profondes. Leur art comporte, en plus delà littérature et de l'art musical, les manifestations artistiques les plus complètes. L'agencement des costumes et celui des décors sont du domaine de la peinture ; la mise en scène est la forme la plus vivante de la composition pittoresque ; l'étude des attitudes et des gestes, équivaut à la pratique variée de l'art statuaire; l'établissement du mobilier, l'armurerie, la structure des décors sont, directement ou indirectement, du domaine de l'architecture. Quand le comédien parle, il traduit par le choix, la variété, la mélodie des intonations, la vibration musicale des sentiments et des émotions humaines ; quand il chante, il devient une sorte d'instrument musical, dont l'orchestre est le complément.

Qu'il chante ou qu'il joue, le comédien, par l'artifice de son métier, livre au spectateur une part de Ihumanité commune au spectateur et à lui-même, et l'on pense vo-

lontiers que cette communion doit établir, entre l'acteur et ses auditeurs, un certain lien de sympathie. Or, il a fallu des siècles p'our que ce lien pût se former réellement. De tous les temps, le public a manifesté une curiosité particulière à l'endroit des gens qui avaient pris à tâche de l'amuser ou de l'émouvoir, mais, de tous temps, il a pris l'habitude de considérer les comédiens comme des sortes de jouets vivants.

Certes, au xvii'' et au xvin*^ siècle, les belles comédiennes et les actrices, remarquables par leur esprit, virent se grouper autour d'elles un cercle d'admirateurs, mais le sentiment qu'elles inspiraient n'avaient généralement rien de commun avec l'estime et le respect. Quant aux comédiens, c'était bien pire encore. L'élite d'entre eux se trouvait mise en rapport, par sa profession même, avec l'élite du monde lettré et, de plus, beaucoup de comédiens étant auteurs dramatiques, les gens de qualité les voyaient volontiers au théâtre, mais l'accès de la bonne société leur restait interdit.

A la première algarade, à la première tentative d'indépendance, au premier geste d'égalité, on leur donnait sur les doigts. Et alors les pauvres comédiens n'étaient pas longs à voir que, si la législation les traitait en parias (et elle les traitait en parias), les usages du beau monde, qu'elle côtoyait, ne leur accordait que momentanément une considération toute superficielle et absolument précaire.

li'excommunication dont ils étaient frappés accréditait et consolidait l'ostracisme dont ils étaient victimes dans la vie civile.

Veut-on savoir jusqu'où s'étendait cette excommunication des comédiens ?

Un fait suffira pour en donner la juste notion : L'hiver 1783-1784 ayant été cruellement rigoureux, tous les théâtres — (il y en avait alors quatre ou cinq et, en' plus, trois ou quatre lieux de spectacles) — se réunirent et offrirent aux pauvres une somme de 3G.679 livres. Par ordre de leurs chefs, les curés des paroisses de Paris refusèrent de recevoir cet argent, attendu que, provenant de comédiens, il était impur. On transigea, en priant les comédiens de le remettre au lieutenant de police qui, indirectement, hypocritement aussi, dut le transmettre et après une foule de formalités épuratoires, à Messieurs du clergé.

Là est, en grande partie, l'excuse de l'attitude du public, et, particulièrement, du public aristocratique, envers les gens de théâtre.

A la fin du xvin^ siècle, on en était resté au même point que ces Messieurs du bel-air et de la garde qui menacèrent, l'épée au poing, de pourfendre Molière, luimême, parce qu'il n'avait pas voulu les laisser entrer librement et gratuitement au parterre. L'équivalent de ce qui, vers 1670, fut fait contre le favori de Louis XIV, on ne se gênait point pour le recommencer plus brutalement encore, cent ans plus tard.

Dans ses Souvenirs^ Louise Fusil a tracé \\n tableau de la situation d'un comédien de modeste importance, au moment de la Révolution. Il s'agit ei) l'espèce de son propre mari, qui fit partie de la troupe de la Comédie- Franraise où il donna maintes preuves de talent.

En 1789, le comédien et auteur dramatique Martain-

ville était fort lié avec Fusil; Martainville et Fusil différaient d'opinion et, déjà, bien avant que telle chose fût de mode, Fusil qualifiait volontiers Martainville d' « aristocrate » et Martainville lançait volontiers dédaigneusement à son camarade le qualificatif de « démocrate ».

« Mais explique-moi, dit un jour Martainville à Fusil, « pourquoi tu cries contre la noblesse, toi qui as dû « être traité mieux que tant d'autres.

— « C'est ce qui te trompe, j'ai été vexé, méprisé « par ces mêmes gens que tu vantes. Ces gens-là nous « applaudissaient au théâtre parce que nous les amu- « sions, mais, hors de là, nous étions pour eux des parias, « des bohémiens. Le plus petit noble croyait avoir le « droit de nous insulter, et si nous voulions qu'il nous « fissent raison, on nous répondait par les fers et les « cachots. »

Et, comme Martainville insistait. Fusil lui raconta comment, à peu de temps de là, en 1787, à Besançon, alors qu'il reconduisait sa fiancée, artiste au même théâtre que lui, accompagnée de sa mère, des gardes du coips, après avoir tenu en présence de ces dames, des propos inconvenants, avaient tenté d'arracher de son bras cette jeune fille. Tout d'abord, il avait cru que ces nobles messieurs étaient quelque peu ivres et il avait tenté de raisonner avec eux ; mais il fut bientôt contraint d'en arriver contre eux aux voies de fait. Ayant remis les dames en sûreté, il offrit à l'officier qui s'était rendu coupable de cette lâche agression, de lui rendre raison. L'officier lui répondit qu'il ne se battrait pas avec un saltimbanque et qu'il avait d'autres moyens de châtier un vil histrion. Des bourgeois delà ville prirent

parti pour lui et il s'en fallut de peu que quelque bagarre entre civils et militaires se produisit. Les nobliaux ne se tinrent point, pour si peu, quittes envers Fusil et, le lendemain, s'étant adjoints quelques amis et s'étant revêtus d'habits civils ils l'avaient attendu au passage pour l'assommer à coups de bâton. 11 eût fatalement péri, si le hasard n'avait amené sur le lieu du combat le marquis d'Autichamp, général commandant de la gendarmerie, lequel déclara qu'il ne tolérerait aucune violence, puis, prenant Fusil sous le bras, il l'avait accompagné jusque chez lui. Chemin faisant, comme il s'enquit de l'aventure d'où venait la bagarre : « Il faut « apaiser l'affaire, dit-il alors au comédien, elle peut « devenir fâcheuse pour vous ; je prévois que vous « serez obligé de quitter Besançon. J'en parlerai au « commandant de la place, mais ne sortez pas de la « place que je ne vous aie vu. »

« Mais, ajoutait Fusil, avant que M. d'Autichamp eût « pu faire aucune démarche, je fus arrêté; on me mit les « fers aux pieds et aux mains, comme à un criminel, et « je fus jeté dans un cachot, dont je ne sortis que pour « quitter la ville : tout cela sans être entendu, et quoi- « que les témoignages eussent été en ma faveur. Cet « événement me fit manquer mon mariage et me laissa « longtemps sans moyens d'existence. »

Et il marquait, en manière de conclusion, que, maintenant on pouvait avoir raison de ces mêmes gens, qui jadis se croyaient en droit d'insulter les comédiens.

A six années environ de là, cette histoire eut une suite tout à fait inattendue. Sous l'empire des événements, inspiré peut-être par les rôles qu'il jouait au théâtre de

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la République, Fusil était devenu, de jour en jour, plus ardemment patriote et républicain, et à tel point que, bientôt, il quitta le théâtre, pour s'engager dans l'armée. Il fut envoyé en Vendée, et il s'y trouvait en 1793, comme aide de camp du général Thureau.

Un jour, il aperçoit un chef vendéen blessé, tenant à peine sur son cheval, il le dévisagea en hâte : c'était d'Autichamp.

« — Eh quoi! Fusil, s'écrie d'Autichamp, c'est vous « qui vous battez contre nous.

« — Fuyez! lui réplique Fusil; f... le camp! car je (< n'ai d'autre alternative que de vous faire prisonnier <( ou de passer devant un conseil de guerre. »

Il n'était que temps de fuir, en effet. A peu d'instants de là, les troupes républicaines arrivèrent.

Fusil, et c'est là un des exemples topiques de l'esprit de l'époque, eut honte d'avoir manqué à son devoir de soldat, il ne raconta jamais cette aventure à personne; pas même à sa femme. Louise Fusil elle-même ne rapprit que bien longtemps après, et encore, fût-ce par la lecture d'un écrit du marquis d'Autichamp.

Lorsque fut votée et publiée la Déclaration des droits de l'Homme, l'égalité des comédiens devant le Droit, devant la Loi, se trouva virtuellement établie ; mais elle ne le fut pas, néanmoins, d'une façon précise et définitive. 11 fallut, pour libérer les comédiens de l'infamie que les siècles précédents leur avait infligée, un vote particulier de l'Assemblée Nationale.

Jusque-là, ils ne possédèrent ni leurs droits naturels ni leurs qualités d'hommes et de citoyens. Les gens dont le seul crime était de paraître sur les planches n'obtinrent

la restitution de leur être civique que par ricochet, accessoirement, et au cours d'un débat d'ordre spécialement politique.

En effet, à la séance du 21 décembre 1789, alors qu'on discutait l'abrogation de l'édit qui excluait les non catholiques des emplois municipaux comportant des fonctions de judicature, Roederer dit ceci :

« Je réclame pour une classe de citoyens qu'on re- '< pousse de tous les emplois de la société, qui a son X intérêt et son importance. Je veux parler des comé- '( diens. Je crois qu'il n'y a aucune raison solide, soit ic en morale, soit en politique à opposer à ma récla- « mation. »

M. de Clermont-Tonnerre ajoute : « Je propose la « formule du décret suivant :

« L'Assemblée Nationale décrète qu'aucun citoyen « actif, réunissant les conditions d'éligibilité, ne pourra <( être écarté du tableau des éligibles, ni exclu d'aucun « emploi public à raison de la profession qu'il exerce ou « du culte qu'il professe. »

A la séance du surlendemain, la motion rédigée par Clermont-Tonnerre au sujet de l'égibilité des juifs, des protestants et des comédiens fut mise à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale. Le comte de Clermont-Tonnerre s'exprima en ces termes :

« Je passe aux comédiens. Le préjugé s'établit sur ce « qu'ils sont sous la dépendance de l'opinion publique. «( Cette dépendance fait notre gloire et elle les flétri- « rait ! D'honnêtes citoyens peuvent nous présenter sur « les théâtres les chefs-d'œuvre de l'esprit humain, des « ouvrages remplis de cette saine philosophie qui, ainsi

« placée à la portée de tous les hommes, a préparé « avec succès la révolution qui s'opère et vous leur w diriez : Vous êtfes comédiens du Roi, vous occupez le « théâtre de la Nation, vous êtes infâmes...! La loi ne a doit pas laisser subsister l'infamie. Si les spectacles, w au lieu d'être l'école des mœurs, en causent la dépra- « vation, épurez-les, ennoblissez-leset n'avilissez pas des « hommes qui excercent des talents estimables. ^lais, u dit-on, vous voulez donc appeler des comédiens aux <( fonctions de judicature, à l'Assemblée Nationale? (( Je veux qu'ils puissent y arriver s'ils en sont dignes. « Je m'en rapporte au choix du peuple et je suis sans « inquiétude. Je ne veux flétrir aucun homme ni pros- « crire les professions que la loi n'a jamais proscrites... » L'abbé Maury intervint alors dans le débat et, arrivant au cas des comédiens, il dit :

H Je passe aux comédiens. L'opinion qui les exclut ' n'est point un préjugé. Elle honore au contraire le « peuple qui l'a conçue. La morale est la première loi. « La profession du théâtre viole essentiellement cette « loi, puisqu'elle soustrait un fils à l'autorité paternelle. « Les révolutions dans l'opinion ne peuvent pas être « aussi promptes que nos décrets.

« On s'est toujours servi d'un sophisme en disant que X les hommes exclus des fonctions administratives sont « infâmes; mais vous avez vous-mêmes exclu les servi- <( teurs à gages par votre Constitution. J'ai été seulement « peiné de les voir sur la même ligne que les banquerou- « tiers. Craignons d'avilir les municipalités au moment « que nous devons les créer de manière à ce qu'elles mé- « ritent le respect, pour ojjtenir la confiance... »

Maximilien Robespierre riposta à ces arguties obliques : « Je ne crois pas que vous ayez besoin d'une loi au « sujet des comédiens. Ceux qui ne sont pas exclus sont <( appelés. Il était bon cependant qu'un membre de cette « Assemblée vînt réclamer en faveur d'une classe trop « longtemps opprimée. Les comédiens mériteront da- « vantage l'estime publique quand un absurde préjugé « ne s'opposera plus à ce qu'ils l'obtiennent : alors les « vertus des individus contribueront à épurer les « spectacles, et les théâtres deviendront des écoles pu- *< bliques de principes, de bonnes mœurs et de patrio- « tisme... »

Mais les hommes du clergé ne voulurent point lâcher prise, et la Fare, évèque de Nancy, revint à la charge :

« ... Quant aux autres parties de la motion, fit-il, « j'adhère entièrement à ce qu'a dit l'abbé Maury. « J'ajouterai seulement un trait d'un acteurcélèbre, parce « qu'il s'applique très bien à la discussion actuelle. « Un « vieil officier se plaignait amèrement de la médio- « crité des récompenses qu'il avait obtenues pour de « longs services. Il comparait son parti à celui de Lekain, « auquel il faisait de dures observations sur celte com- « paraison. « Eh! Monsieur, dit le comédien, comptez- « vous pour rien le droit que vous avez de me parler <( ainsi... ? »

Duport dit alors ceci : « Je propose une rédaction qui « renferme seulement le principe et dans laquelle les « expressions de culte et de profession ne se trouvent « pas. Elle est ainsi conçue : « Il ne pourra être opposé « à aucun Français, soit pour être citoyen actif, soit pour « être éligible aux fonctions publiques, aucun motif

« d'exclusion qui n'ait pas été prononcé par les décrets « de l'Assemblée Nationale. »

Clermont-Tonnerre adopta cette rédaction.

La priorité fut refusée à la rédaction de Duport, à la majorité de 408 voix contre 403.

L'ég-alité civique, intégrale, était donc encore refusée aux comédiens vers la fin de décembre 1789.

A la suite de cet échec du texte précis qui leur eût donné désormais le droit de cité, les artistes de la Comédie- Française adressèrent au Président de l'Assemblée, une lettre, datée du 24 décembre 1789, qui fut lue en séance et où il était dit :

« Instruits par la voix publique qu'il a été élevé

« dans quelques opinions prononcées à l'Assemblée « Nationale, des doutes sur la légitimité de leur état, ils « vous supplient, Monseigneur, de vouloir bien les ins- « truire, si l'Assemblée a décrété quelque chose sur cet « objet et si elle a déclaré leur état incompatible avec < l'admission aux emplois et la participation aux droits <' de citoyen. Des hommes honnêtes peuvent braver un « préjugé que la loi désavoue, mais personne ne peut « braver un décret, ni même le silence de l'Assemblée « Nationale sur son état. »

Le plus curieux, en ce qui concerne l'avènement des comédiens au titre de citoyen, est peut-être que le premier promoteur de leur réhabilitation avaitété unprêtre : l'abbé Mulot. En 1790, il avait, en pleine Assemblée Nationale, fait l'éloge de l'acteur Beaulieu, du théâtre du Palais-Royal, et il avait renouvelé son éloge des comédiens en général, lorsque les comédiens du Théâtre-Français s'étaient présentés à la barre de l'Assemblée, pour

apporter une oiïrande, destinée aux pauvres, durement éprouvés par Thiver de 1790.

Une telle attitude était d'ailleurs chose absolument neuve de la part d'un ecclésiastique. Telle n'était nullement l'wpinion prépondérante du clergé! Et, à propos de Talma, il allait bientôt être démontré que les comédiens demeurés en mauvaise posture devant la loi civile restaient, pour le clergé, des réprouvés, des hommes placés hors de la société, iiors du droit commun.

En 1790, l'Eglise continuait à refuser aux comédiens, les sacrements du mariage, sans lesquels, ni les époux, ni les enfants, nés de mariage entre catlioliiiues, ne pouvaient prétendre aux garanties du droit commun.

Talma, en mai 1790, s'étant présenté chez le curé de Saint-Sulpice, pour lui demander de publier les bans de son mariage avec une femme d'un rare mérite, Louise- Julie Carreau, honorablement connue sous le prénom de Julie, cet ecclésiastique lui refusa son ministère. Talmu lui ayant fait une sommation, par huissier, d'avoir à le marier, le curé répondit à l'huissier qu'il avait cru de sa prudence d'en référer à ses supérieurs et que ceux-ci, lui avaient « rappelé les règles canoniques qui inter- " (lisent de donner à un comédien les sacrements du " mariage, avant d'avoir obtenu de sa pari une renon- " dation à son état ».

Talma envoya à l'Assemblée Nationale une pétition où, après avoir affirmé ses sentiments religieux, il déclarait ne point vouloir outrager la religion elle-même, en faisant une renonciation, dont il ne tiendrait nul compte dès le lendemain de son mariage. Il terminait en disant : « Je ne veux point me montrer indigne d'une

■« religion qu'on invoque contre moi, indigne du bienfait « de la Constitution, en accusant vos décrets d'erreurs « et vos lois d'impuissance. »

Le débat soulevé à la séance du 12 juillet 1792 par cet incident fut des plus sérieux :

« 11 est impossible, dit le député Goupil, qu'une ques- « tionplus importante soit soumise à vos délibérations... « il s'agit de savoir jusqu'où s'étend la puissance ecclé- « siastique sur le mariage considéré comme sacre- « ment. >• Goupil demandait le renvoi de la pétition au.x comités ecclésiastiques et au Comité de Constitution réunis. L'abbé Gouttes, s'efforçant d'établir un disiinguo ingénieux, entre le contrat de mariage et le sacrement du mariage, demanda que des <• membres bien ^< instruits des lois canoniques », c'est-à-dire tbéologiens professionels, fussent adjoints aux Comités. L'Assemblée passa outre à cette prétention, qui tendait à placer ses propres délégués sous le contrôle du pouvoir religieux. Bouche qualifia de « méchanceté "le procédé employé contre Talma, rappela que certains prêtres avaient tourné la question, en qualifiant les comédiens de musiciens et que, d'ailleurs, semblables « méchancetés » étaient accomplies par le clergé séculier, contre les religieux ou ex-religieux. L'Assemblée renvoya la pétition de Talma aux deux Comités réunis.

Le curé de Saint-Sulpice offrit de marier le comédien, le reprouvé, l'excommunié, sous le titre fallacieux de bourgeois de Paris. Entre temps, il dut quitter la cure et le curé élu de Saint-Sulpice, Poiret, entièrement rallié à la Révolution, procéda à la bénédiction nuptiale du grand tragédien.

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