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saient courir aux objets précieux et aux documents placés dans l'enceinte de la Convention ou des Comités qui fonctionnaient tout autour d'elles.
Les employés qui, pour les affaires de service, furent admis à loger dans les Tuileries, ne le furent plus qu'à condition de n'avoir avec eux, ni femmes ni enfants. La fameuse question du danger d'incendie des Tuileries et du Louvre, dont on s'est préoccupé si souvent, sans la résoudre jamais, n'est pas, comme on le voit, une invention toute récente. Seulement elle avait été résolue dans une certaine limite. . . il y a plus de cent ans .
Depuis lors, la Convention a disparu, l'incendie de 1871 a détruit les bâtiments centraux du Palais des Tuileries; et il n'en reste plus que les deux pavillons latéraux entièrement reconstruits. Aujourd'hui le Musée touche au pavillon de Flore et, un peu partout, dans le Louvre, on retrouve des fonctionnaires logés avec leurs familles.
Il y a lieu d'admettre que les précautions prises par Sergent ne suffirent point tout d'abord pour arrêter le mal, car le décret du 13 avril avait dû être renforcé par un nouveau décret. Le 4 juillet 1793, Sergent, après avoir rappelé le décret, qui condamnait à deux ans de détention les gens qui mutileraient les objets d'art placés dans le jardin des Tuileries, constatait que les dégradations se produisaient journellement ; il demanda et obtint que la garde du jardin fût confiée, comme au temps passé, aux invalides. Robespierrejeuneaurait voulu que, tout au contraire, elle le fût à la garde nationale.
Mais Sergent ne se contenta point d'empêcher les destructions, il entendit que tout ce qui méritait d'être conservé fût recueilli avec amour et avec respect. Toute la
Convention, d'accord avec lui, voulut fonder un établissement où chacun irait désormais voir tout ce que le génie humain avait pu, à toutes les époques, en tous les pays, concevoir et exécuter de plus admirable.
Dans la séance du 25 juillet 1793, Sergent proposa, avec plein succès, de préparer la galerie du Louvre pour le 10 août suivant et d'y transporter « les statues et tableaux « de Fontainebleau, du j^uxembourg et autres, pro- « venant des dons faits à des courtisans et à des femmes « de Cour, d'objets appartenant à l'Etat ».
Et ce fut là l'origine, le début, du Musée du Louvre.
La fondation d'un tel Musée suffirait à remplir de gloire l'histoire de tout un règne. Cette gloire appartient à la Convention, elle lui appartient tout entière. Elle y a droit intégralement. Tout ce qui a été fait, à la suite de cette création, ne saurait en rien amoindrir la gloire de ses auteurs, mais, tout au contraire, la faire plus admirable encore. On ne s'en rend bien compte que lorsqu'on étudie la jeunesse des diverses institutions artistiques créées pendant la période révolutionnaire.
Le Louvre fut la plus éclatante, mais d'autres qui furent ébauchées seulement, ne méritent pas moins d'être portées à l'actif de l'époque où elles furent conçues, préparées entièrement et, plus ou moins complètement, mises à exécution.
Nous allons, si vous le voulez bien, essayer, de notre mieux, de procéder à un examen rapide de la gestation des plus importantes parmi les diverses fondations d'Art datant de la période révolutionnaire.