RUSSIE ET EUROPE ORIENTALE, EGYPTE
La Russie est assurément l'un des pays dont l'exposition, dans tous les groupes, a le plus vivement frappé les visiteurs; tout ce que produit ce pays porte la marque d'un grand soin et du désir d'atteindre au plus haut degré de perfection.
La typographie n'est relativement pas aussi développée en Russie que la lithographie et la gravure. Toutefois, M. Orgelbrand, de Varsovie, possède une imprimerie typographique remarquable; M. Lôwen-.
TiiAL, imprimeur et xylographe, édile un journal illustré qui peut marcher de j)air avec ceux publiés dans des pays entrés depuis longtemps dans cette voie ; enfin la fonderie en caractères de M. Lehmaînn est très-complète, et le spécimen envoyé par lui à Vienne était des plus intéressants. Mais ce qui a donné à l'exposition russe dans le groupe XII un éclat indiscutable, c'est I'Expédition des papiers d'Etat de Sa]m-Pétersbolrg , auquel le jury a décerné un diplôme d'honneur. Cet établissement, dirigé par M. le conseiller de Winberg , est sans contredit un des plus intéressants et des plus com- [ilels qui existent en Europe. Il comprend une fabrique pour les papiers filigranes, une imprimerie où travaillent 58 presses mécaniques, et 60 presses à bras; il occupe un personnel de près de 1,800 ouvriers ; il mérite surtout l'attention par la perlection qu'y ont atteinte tous les procédés de lithographie, de guillochage , d'héliogravure, de galvanoplastie, employés pour les travaux qui s'y exécutent. Les plus nouveaux de ces procédés seront décrits dans le rapport sur la photograjïbie ; mais nous devons cependant signaler ici, comme une dos spécialités de l'établissement, les clichés en fer galvanoplastique i{ui ont frappé le jury par leur qualité et leurs dimensions et qui n'ont pas, p(tur le tirage des encres de couleur, les inconvénients des clichés en cuivre.
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Le gouvernement russe possède aussi, à Tillis, une imprimerie administrative, capable d'exécuter les travaux les plus importants, à en juger par quatre volumes d'actes administratifs imprimés en langue russe et en langue géorgienne.
La Roumanie est en progrès, au moins pour la production. Bucharest a envoyé trois exposants imprimeurs, dont l'un (l'xissoci.vTiON coopérative) occupe plus de 200 ouvriers. Mais l'exécution laisse encore beaucoup à désirer.
La Grèce paraît peu avancée au point de vue typographique; les quatre ou cinq imprimeurs qui la représentent sont dans une moyenne à peu près égale, et il faut le dire, bien médiocre. Toutefois, en venant jusqu'à Vienne prendre part à l'Exposition, ces ly[K)graphes montrent qu'ils n'entendent pas rester étrangers au mouvement général, et l'on peut espérer que le progrès pénétrera, dans une large mesure, dans leurs ateliers, dès que les circonstances le permettront.
La Turquie n'est guère représentée que pour mémoire.
L'Egypte est beaucoup plus avancée. L'Imprimerie nationale de Boulak occupe un personnel de près de 200 personnes; elle a imprimé dans une année près de 4,500,000 feuilles, sans compter les billets des chemins de fer et les cartes d'administration. L'industrie privée occupe environ 700 ouvriers ; elle est re-
présentée à Vienne par MM. Monieu et C'% dont les produits peuvent rivaliser avec les meilleurs de l'Europe. Il suffit de citer les ouvrages de M. Mariette- Bey, et le volume de statistique, rempli de chiffres et de tableaux, d'où nous extrayons les nombres qui viennent d'être produits. Enfin , la chromolithographie est poussée à un point avancé par M. Perrassas, qui emploie une presse mécanique et neuf presses à bras, et qui a entrepris la reproduction de papyrus exigeant jusqu'à lunif teintes.