ARCHITECTURE RELIGIEUSE. — STYLE PERSAN
VUE DE LA NICHE DU SANCTUAIRE ET DE LA CHAIRE DE LA MOSQUÉE EL-MOYED AU CAIRE.
Grav. de VHistolre des Beaux-Arts , par F. Clément.
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le cœur du bas peuple que ces sentiments existaient au moyen âge, ils étaient aussi le partage de la classe la plus élevée, du poète comme du soldat, du souverain comme du vassal; à tous, l’idéal apprit la charité, le dévouement, le martyre.
Jamais le sentiment ne fut plus grand. L'hospitalité, chez les chrétiens et chez les musulmans, est considérée comme le premier devoir1, l’esclavage peu à peu disparaît.
Le germe de presque toutes les sciences, les découvertes et les inventions surabondent dans ces temps d’efforts intellectuels2.
En 1200, l’Université de Paris, sous le nom d 'Étude, obtient de Philippe-Auguste ses premiers privilèges. Pendant un siècle, elle fut la première du monde. Toutes les universités de l’Europe la prennent pour modèle. Par elle, au moyen âge, la France atteint dans le monde la supériorité la plus grande, celle de la pensée.
En littérature comme dans les arts, le moyen âge représente la force, la puissance, l’invention, le dédain des traditions, des conventions, de l’unité, parfois même de l'harmonie, des écarts sublimes, le caprice, la diversité, le contraste, que le
1. La vie de château n’avait pas été inutile à l’avènement des idées d’égalité et de douceur. « Cette situation solitaire, dit Guizot, sombre, dure, a pourtant été favorable au développement de la vie domestique, et à cette élévation de la condition de la femme qui tient tant de place dans la civilisation. » ( Histoire de la civilisation en France , t. III, p. 3 3 1 .)
2. Ainsi on peut dater du moyen âge la navigation, créée par la boussole; Y agriculture, dotée du système d’irrigation arabe ; Y industrie , grâce au ver à soie rapporté des Indes ; Y astronomie, quand Salomo degli Armati invente le verre lenticulaire et Bacon les lunettes, le télescope; quand, au ve siècle, le premier méridien est mesuré dans la plaine de Sennaar par deux astronomes de Bagdad ; Y art militaire , par l’invention de la poudre à canon ; le commerce et la richesse de l’Italie, quand Venise faisait tout le commerce de l’Lgypte et de la Syrie, Gènes, de l’Asie Mineure, des Dardanelles et de la mer Noire; la chimie et la médecine , grâce à l’influence des académies arabes, qui établissent la science d’observation et la méthode expérimentale.
génie antique a peu connus, lui toujours proportionné, régulier dans toutes ses parties.
Shakespeare donne souvent la note du moyen âge dans scs défauts, mais aussi dans toutes ses qualités.
L'art antique avait subordonné l'idée à la matière, à la forme ; par une sorte de mouvement convulsif, l’art du moyen âge a partout brisé la matière pour lui faire exprimer toutes les forces et toutes les audaces.
C’est principalement dans l’art que se manifeste toute la puissance, toute la grandeur du moyen âge.
Les Phéniciens et les Grecs avaient tiré, combiné les prin-
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cipaux éléments de leur art, de celui des Assyriens et des Égyptiens; les Romains de celui des Grecs; en Europe les peuples du moyen âge se servirent des ruines de l’art grécoromain, chacun les taillant à sa mesure et à ses besoins.
Quoique formant deux civilisations rivales, deux principes opposés , les deux religions, le christianisme en Europe , Y islamisme en Asie , se développent sur les ruines du paganisme différemment, mais se coudoient et s’empruntent sans cesse.
Le principe européen représentait la ligne , les proportions, la colonnade antique, la forme, la sculpture.
Le principe asiatique représente la couleur , les masses, les dômes, la tache sombre ou lumineuse, la peinture.
L’ancienne lutte entre le génie dorien et le génie ionien se renouvelle mais avec des principes nouveaux.
De la réunion de ces deux principes sont sortis des styles différents, dont les combinaisons ont pu satisfaire au caractère de tous les peuples, élever des monuments parfaits où la sévérité de l’un a été compensée par la hardiesse et la richesse de l’autre.
Il n'est rien de tel pour former un art original que la perte des anciennes traditions.
Les ruines du passé laissent des matériaux à disposer dans un ordre nouveau, ils forcent l’artiste à l’ingéniosité, à l’invention. Rien ne vaut, pour former un art original, l’enthousiasme d’un grand danger couru, d’une grande nationalité fondée, d'une légende ou d'une philosophie à consacrer. Une fois les matériaux rassemblés, après quelques essais grossiers et mal habiles, le nouveau style est créé.
Par la guerre, la misère et l'exaltation, le moyen âge a
excité la fibre humaine à son dernier degré; les larmes étaient voisines du rire, Dieu était près du diable, la famine suivait les banquets populaires, l'œuvre féroce du chevalet était interrompue par les sarcasmes de la foule et les folies des étudiants. Cette époque a toutes les qualités et tous les vices; on n’y trouve aucune dissimulation dans le mal, aucune dans le bien, toutes les notes sont en dehors ; c'est ainsi que souvent deux églises se superposent, la première, basse et sombre; la deuxième, gaie et élevée; l’une chante la fête et l’autre psalmodie le châtiment; elle montre les deux expressions artistiques du christianisme qui se sont succédé, le roman et le gothique.
Ce qui importe en tout temps, c’est que chaque nation possède assez de vitalité pour supporter la peine, et n’en être pas écrasée, que la résistance développe les idées et l’énergie des peuples comme elle développe les muscles chez l'individu. La souffrance et le besoin engendrent, en même temps que l'habitude du travail et de l’effort, la puissance et la force, traduites dans l’art par l'audace, l’ingéniosité et la surabondance.
Les peuples du moyen âge eurent toutes ces qualités; les arts qu’ils ont produits dominent encore le monde. En ces temps dits de barbarie , apparaissent successivement le style bouddhique et djaïnique dans l'Inde, le style khmer au Cambodge, le persan à Ispahan, le style arabe au Caire, le style mauresque à Cordoue, le style latin à Rome, le byzantin à Constantinople, le normand en Sicile, le gothique en France, au nord de l'Italie le lombard; enfin le roman et les styles particuliers à chaque grande ville d’Italie !
En Europe, en suivant les progrès du christianisme, partout une renaissance artistique, dont la date correspond à l’état de
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formation de chaque nation, part de l'Italie pour la Grèce, fait le tour du continent, revient en dernier lieu à son point de départ combiner les styles du Nord et du Midi avec les éléments antiques exhumés, et là, forme, après les monuments variés du moyen âge, le style de la Renaissance.
Dès le ve siècle, le christianisme commence l'évolution artistique, s’empare de la basilique romaine, la transforme en église, en modifie le plan primitif, allonge la nef et, de. chaque côté, fait partir un transept. Le symbole a pris la place de la forme. L’art latin est créé.
Encore actuellement les plus beaux édifices de Rome appartiennent à cette période de l'art qui dura jusqu’au xe siècle. Saint-Paul-hors-les-Murs, avec la richesse sévère de ses cinq nefs et de sa forêt de colonnes, conserve l’ordonnance classique un peu froide de l'art romain; Saint-Clément avec l’abside complètement modifiée, le narthex (portique), l’autel et les deux ambons, est l’exemple le plus complet de la transformation de l’ancienne basilique. La première laisse encore l'impression de galeries où siège la justice, mais aussi où se traitent les affaires; celle-ci est bien une église et la dernière expression du style latin.
A son tour le Coran apparaît , les musulmans s’emparent des anciens temples ronds ou rectangulaires gréco-romains de l'Asie Mineure et combinent ces éléments avec la tradition perso-assyrienne.
Ceux qui ont célébré l'art chrétien ont toujours voulu nier l’art musulman et sont devenus aussi exclusifs et aussi négatifs que les partisans de la Renaissance à l’égard du moyen âge.
Si Ctésiphon et Bagdad sont détruits, si les premiers élé-
ments des arts persans sont perdus, il n'en reste pas moins du vue siècle la célèbre mosquée d’El-Sakhra, élevée par Omar dans l'enceinte du temple de Salomon à Jérusalem; la mosquée d’El-Touloun au Kaire, l'Université musulmane d’El-Ahzar et ses quatre cents colonnes. Et au xfi siècle s’élève la plus vaste mosquée de la Perse, à la base de porphyre, au revêtement d’émail, ornée de sept dômes dont l’un de trente mètres de diamètre, la Congrégation , qui occupe près de quatre arpents. Son style plus élégant que celui des édifices dits arabes, plus éclatant que celui des monuments byzantins, est aussi grandiose, et on a pu sans ridicule inscrire sur la façade de cette mosquée qu’elle était le frontispice du Paradis.
En Espagne, le barbare dit Sarra\in construit à Cordoue et à Grenade des palais si enchanteurs que les étoiles étaient jalouses, au dire des Maures.
C’est l’influence asiatique qui permit à Byzance de modifier à son tour l’église catholique : sainte Hélène couvre le Saint- Sépulcre d'un édifice circulaire, construit dans le style des anciens édifices ronds de l'Asie Mineure. Cet exemple devient le point de départ d’un nouveau style très vite développé en grandeur et en élévation, la nouvelle église devant recevoir tous les fidèles dans l’intérieur du temple. Au vif siècle, l’architecte perso-byzantin adopte la coupole surbaissée soutenue par de puissants contreforts et ornée d’ordres superposés.
Toujours sous l’influence de l'art asiatique, l’architecte remplace les proportions dans une seule masse par l’équivalence de plusieurs masses, la forme et la beauté de la ligne par l’éclat et la disposition des couleurs, la figure et l'ornement sculptés par la mosaïque et la peinture.
ARCHITECTURE MILITAIRE. — STl'LE GOTHIQUE. — LE CHATEAU DE PIERREFONDS
D'après le dessin de Viollet-le-Duc. — Gravure extraite de la Mosa'ique.
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Quoiqu’il ait emprunté la plus grande partie de ses principes et de ses décorations à l’art persan, l’art byzantin prit tout de suite un caractère original.
Dans l’art mauresque, l’architecte collabore avec la nature, son édifice est éclairé par l'azur du ciel, égayé par le bruit de l’eau tombant dans les bassins, entouré des citronniers, des orangers, des fleurs; ses colonnades ajourées forment des perspectives variées, pittoresques ; château fort à l’extérieur, harem à l’intérieur, l’art mauresque est empreint d’une finesse sensuelle. Par contraste, le monument byzantin, immense nef surmontée d’une vaste coupole, éclairée par vingt mille lampes, est solennel et mystique.
Ce sont les mêmes éléments, les mêmes matériaux : dômes et colonnades, mosaïques et émaux, or et pierreries, que les Persans et les Arabes ont employés avant et après eux dans leurs constructions.
Mais quelle différence dans l’esprit et l’exécution ! Pendant que la fée mauresque, à un signe de sa baguette, fait sortir du sol espagnol les claires et fraîches demeures, les sveltes galeries, les retraites délicieuses, à Sainte-Sophie, au contraire, siège au tribunal la vierge noire byzantine, immense, sévère, surchargée d'or et de pierreries; fille de l’Asie et de l'Afrique, née sur les rochers de Jérusalem, enfant à Alexandrie, vierge à Rome, mère de la Sagesse à Byzance, aujourd’hui reine de Moscou, elle est venue habiter cet édifice construit avec les colonnes du temple de la Diane d’Éphèse, du temple du Soleil à Palmyre, immense amoncellement des débris du paganisme, élevé au milieu des éclairs du feu grégeois et des grondements de la foudre.
Justinien avait voulu élever un monument plus beau que celui de Jérusalem. A la fin, content de son œuvre, il s’écria : «Gloire à Dieu qui m’a jugé digne d’achever un si grand ouvrage; ô Salomon, je t’ai vaincu! »
Mais Sainte-Sophie ne devait pas seulement faire oublier le passé; bien supérieure à Saint-Pierre de Rome, comme à tous les édifices qui ont été élevés jusqu’ici, la cathédrale de Byzance, la mosquée de Constantinople, ne semble même pas avoir à craindre de rivale dans l’avenir.
Malgré toute leur beauté, Saint-Marc à Venise, Saint-Vital à Ravenne, le dôme d’Aix-la-Chapelle, Saint-Front à Périgueux, ne sont que des réductions bâtardes de Sainte-Sophie, dont elles 11'ont ni l'ampleur ni la magnificence.
A Byzance, la nouvelle école gréco-asiatique remplace l’école de Rome durant six siècles, et pendant ce temps elle fournit des artistes à tous les pays chrétiens de l'Europe. L'Italie lui doit depuis la basilique de Saint-Marc, jusqu’à l’église du Mont-Cassin* (xic siècle), depuis la cathédrale de Pise jusqu’à celle de Ravenne. Ce qui n’empêche pas que l’on prétende encore aujourd’hui que les Byzantins avaient perdu les traditions du beau et conservé seulement les traditions de l'art industriel !
Dès le siècle qui suit, l’occident chrétien cherche à remplacer le toit en bois, si souvent incendié dans la guerre des Normands. Le problème est résolu dans l’architecture dite romane , d’origine orientale, mais modifié par le génie constructeur des Européens.
Les voûtes en pierre couvrent des galeries de quinze mètres d’ouverture, soutenues par les arcs doubleaux; les colonnes sont renforcées par des piliers, ou bien elles sont courtes,
ARCHITECTURE MILITAIRE. — STYLE GOTHIQUE. — LE CHATEAU DE COUCY RESTAURÉ
D’après le dessin de Viollet-le-Duc. — Gravure extraite de la Mosaïque ,
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ramassées, et de dimensions énormes. La mosaïque, art oriental, est remplacée par la sculpture; le transept s’arrondit, la coupole est élevée, et bientôt remplacée par la tour carrée.
Plus nous remontons vers le Nord, plus la force remplace
l’église saint-front a périgueux (dordogne). Architecture religieuse. — Style byzantin. — Gravure de la Mosaïque,
la légèreté, plus la sévérité laisse dans l’ombre la richesse asiatique. On ne peut citer tous les édifices dont Tart roman a enrichi l’Europe. Après les beaux monuments de l'Italie, citons : en Belgique, Tongres, Tournay ; en Allemagne, Bonn, Mayence,
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Trêves, Spire et Cologne; en Angleterre, Exeter, Norwich, Londres; en France, Caen, le Mans, le Puy, Poitiers en sont restés les modèles.
Le roman occidental était court, sombre, lourd ; sous l'effort du génie français, l'emploi de l’arc brisé ou ogival est généralisé, les arcs-boutants intérieurs sont rejetés à l'extérieur et se superposant comme un immense échafaudage de pierre permettent d’exhausser les murs, d'agrandir les fenêtres, d'élever les voûtes dans le ciel. Le caractère général du roman était horizontal, dans le gothique la verticale domine. Alors Strasbourg lance la dentelle ajourée de sa flèche à la hauteur des lourdes et massives pyramides d’Egypte. A Paris, Notre-Dame , la vaste métropole, toujours grande et toujours lière, présente ses nobles proportions, son chœur svelte, ses belles sculptures, ses deux tours superbes, au milieu de la cité; les monuments modernes enserrent la vieille cathédrale sans plus la diminuer que les chétives masures qui l'enlaçaient au moyen âge; elle les domine encore de sa grandeur, les abîme dans son immortelle beauté, les écrase sous sa haute majesté, sous son incomparable solennité, comme l’art, la foi, la vigueur, l’héroïsme des conceptions du moyen âge surpassent les élégantes constructions de la Renaissance, la petitesse et la mesquinerie de nos bâtisses modernes.
Et quelle diversité dans le style gothique ! Non seulement la date de chaque monument se reconnaît immédiatement, mais encore en Angleterre, en Espagne, en Allemagne, en Italie, en France, bien plus, dans chaque province de chacune de ces contrées, le gothique a un sty le, un ordre particuliers1. Au
i. Le dernier édifice digne de ce nom, que nous ayons rencontre’ au nord de
STVLE GOTHIQUE.
ARCHITECTURE MILITAIRE. — LA TOUR DE BOURGOGNE OU LE DONJON DE JEAN SANS PEUR
A Paris. — Gravure extraite de la Mosaïque.
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xme siècle l’Espagne catholique prend sa revanche sur l’islamisme ; elle emprunte une partie des éléments de l’art mauresque, mais elle accumule, superpose dans le ciel les colonnades que l’Africain n'avait qu’étendues dans l’espace ; aidée d’autres éléments romans, elle crée ce monument singulier, prodigieux, romanesque, appelé la cathédrale de Séville.
La construction civile gothique fut tellement pittoresque que chaque maison du moyen âge devrait être conservée comme un bijou. Que l'on se rappelle la place de l’Hôtel-de-Ville de Bruxelles entourée des maisons des anciennes corporations, ornées des statues des princes fondateurs, des saints protecteurs, peintes ou dorées, composant peut-être l’ensemble monumental le plus artistique qui existe en Europe.
Est-ce que les villes les plus intéressantes dans tous les pays ne sont pas les plus anciennes, celles dont les monuments, les maisons, les costumes gothiques ont été conservés : Nuremberg, Prague, Bruges, Vienne, Venise et Rouen, avant le percement des grandes avenues qui lui ont enlevé son caractère?
Sans vouloir discuter si les forteresses du moyen âge demeurent comme témoignage de l’oppression des seigneurs ou au contraire de la protection qu’ils exerçaient sur les contrées avoisinantes, actuellement inutiles à la défense, elles nous dominent encore par leur allure formidable et par leur beauté. A distance une ville du xme siècle, avec sa citadelle qui la couronne et la pare comme un diadème, avec sa belle ceinture de murailles et de tours crénelées, les flèches de ses églises, le
l’Europe, la cathédrale d’Upsal, la plus belle que possède encore actuellement la Suède, fut édifiée par l’architecte de Notre-Dame.
beffroi de ses halles, semble toujours, quelle que soit sa population, la reine ou la capitale du pays.
Vers la même époque, par une curieuse coïncidence, le paganisme asiatique comme le paganisme américain ont trouvé leurs formules artistiques et ont laissé sur le sol des merveilles incomparables1.
Du vc au xv° siècle, les Indous sculptent les cavernes d’Ellora en colonnades infinies, dans la profondeur et l’ombre desquelles l'œil découvre toujours de nouvelles galeries, toujours de nouveaux dieux sculptés; ils élèvent les sanctuaires pyramidaux, le temple de Kaïlaca, les bornes géantes dédiées à Civa, les colonnes, les temples, les palais., les forteresses du Madapam ; et le style djaïnique le plus parfait apparaît dans fart cambodgien ou khmer, que la marine française a révélé et livré à l’admiration de l’Europe.
L’art persan vient, au xvc siècle, simplifier l’art hindou et lui donner son élégance; après l’invasion des Afghans et des Mongols, son influence est remplacée par celle de l’art et du style musulmans.
C'est du xp au xv1' siècle, avec l'introduction du bouddhisme, que les Chinois ont construit les seuls et véritables monuments dignes de ce nom, ces fameuses tours de porcelaine dont la plus importante, celle de Nang-King, existait encore il y a peu de temps.
1. L’Inde commence à peine à être connue; nous avons encore devant les yeux un ouvrage où l’auteur prétend que parler des monuments de ce pays, c’est quitter « le domaine du goût, de la raison, de la mesure, de l’harmonie, pour le royaume de l’imagination pure et de la fantaisie ». Nous pensons qu’un examen plus sérieux de l’art djaïnique provoquera non seulement l’étonnement mais aussi l’admiration la plus réfléchie.