MOSQUÉE ET TOMBEAU DE HUSSEIN A KASWIN
Monument remarquable pour l'heureuse disposition de l'ornementation en faïence émaillée qui recouvre l'édifice. Coste. Monuments de la Perse.
qui créent le style. Si du bord de ce plat il fait partir plusieurs tiges portant de belles fleurs à leurs extrémités, celles-ci, tout en s’entremêlant dans leur route comme une gerbe d’artifice, iront s’épanouir à toutes les extrémités de la circonférence du plat avec un ensemble voulu et coordonné. Plus la tige est fine et délicate, plus sa courbe est longue et gracieuse, plus la fleur
qu'elle porte est puissante et belle. Celle-ci apparaît comme une masse pleine d'une couleur intense et soutenue.
D’autres fois la tige lance des boutons à toutes les extrémités de la pièce, et le centre est occupé par une seule fleur, dont toutes les corolles sont largement épanouies.
Les mêmes principes sont appliqués à la décoration des édifices. L’artiste persan distribue avec symétrie les tiges, les boutons et les feuilles de chaque côté du portique, et au milieu, dans la partie la plus large de la décoration se développe une immense fleur, au contour architectural, à la note colorée et éclatante.
Les autres parties du monument sont couvertes de figures géométriques variées de formes et de proportions suivant la place à décorer; le long des corniches courent les inscriptions monumentales, et souvent il semble que l'artiste ait jeté sur les dômes un immense filet chargé de contenir ou de fixer une certaine quantité de fleurs, lesquelles s’épanouissent au milieu des mailles et viennent s’y encadrer.
Un des principaux caractères de l’art persan consiste à ne pas se borner à la représentation de l’ornement floral ; les animaux et les figures humaines y prennent souvent une part importante.
La religion musulmane défend, il est vrai, la reproduction par l'art des êtres parfaits, mais cette défense a souvent été éludée, grâce à l’esprit et aux traditions antiques de la Perse, traditions qui n’ont jamais été complètement anéanties. C’est ainsi que l’art ingénieux des Persans s’est complu à créer des représentations humaines imparfaites, en combinant ensemble les formes d’animaux différents, en créant des monstres, en les imitant comme les Grecs et les Étrusques d’après l’ancienne symbolique assyro-égyptienne : hommes-poissons, femmes-
L ART PERSAN
oiseaux, êtres privés d’un ou de plusieurs membres, de proportions fantastiques.
De là les compositions si étranges que nous présentent les faïences persanes, les interprétations, les arrangements les plus curieux rendus encore plus grotesques par l’inhabileté de l'exécutant. A notre avis, jamais la Perse musulmane n’a dû posséder une école de figure. Les artistes étudient la nature animée, et parviennent à l’interpréter avec la justesse et même l’esprit des maîtres païens des anciennes civilisations de l'Asie, depuis les origines des empires chaldéens, jusques et même y compris l’empire perse des Sassanides. Il est probable que chez les Persans le même artiste qui peignait ces délicieux bouquets de fleurs, ces rinceaux souples et déliés, dut également, pour satisfaire au goût national, reproduire sans étude préalable, sans guide ni critique, par commande ou caprice, une figure, un oiseau, un navire, un chasseur au faucon; mais l’ornemaniste habile et facile trahit toujours son inexpérience. L’habitude qu’il a dans la main ou dans l’œil des formes géométriques rondes, souples, limitées généralement de la sphère à l’accent circonflexe, se retrouve dans toutes les figurations; telle figure de femme a la tête imperceptible, l’œil de face, la robe longue en forme de cloche; si elle est retournée, elle pourra représenter une tulipe; chaque partie du corps est attachée à l’autre par des jointures imperceptibles, qui s’augmentent, s’amplifient, se ballonnent comme dans les végétaux; les mains et les doigts sont à peine reconnaissables. Si on les isole de la figure, on croit voir une marguerite en bouton dont les pétales sont encore réunis et à peine visibles. Ce cheval avec ses formes rondes et souples, trois fois trop petit pour son cavalier, n’aurait jamais pu exister i
ce lion avec ses grands yeux tout ronds, son immense museau, ses dents fantastiques, est certainement destiné à effrayer les enfants qui n’ont pas été bien sages cette flotte qui couvre la mer, toutes voiles déployées, comme formes et comme proportions, doit être certainement la proche parente de celle que l’infante