PARALLÈLE ENTRE LES PALMES PERSANES ET LES PALMES INDOUES
espagnole avait fait naître, d’après le poète, en effeuillant une rose.
11 existe dans les collections de M. le baron Davillier et du colonel Duhousset, à Kensington et à Sèvres, une certaine quantité de petits carreaux émaillés, représentant un cavalier longtemps désigné comme étant le Schah Abbas II (?), tenant un
1. Voyez le n° 6563 à Sèvres. Il n’y a pas de règle sans exception : ainsi on peut voir dans la collection de M. Schefer deux carreaux de la fabrique de Damas, avec des perruches, exécutées dans la perfection.
L ART PERSAN
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faucon sur le poing; ils sont généralement mieux dessinés, plus finement traités que les autres sujets similaires de la Perse1.
Dans l'exemplaire de M. Davillier, les fleurs sont dorées et finement exécutées. Cette habitude persane de couvrir de fleurs toute la surface disponible nous rappelle une mode toute gra-
cieuse qui existe encore aujourd’hui en Italie; elle consiste à couvrir la table, les jours de grande fête, d’une quantité de feuilles de roses et de fleurs de tous genres; tout le service, plats et couverts, émerge au milieu de cette nappe multicolore. De
i. On peut voir dans la collection Schefer, une plaque du Ivhoraçan à figures de style indou, du xne siècle, émaillée par les Persans comme une œuvre supé" rieure, qu’ils ne savaient plus faire et qu’ils ont pastichée ou moulée. Nous recommandons à Sèvres le n° 56iq, carreaux de revêtements d’unemaison d’Ispahan. donné par le colonel Duhousset; ici volent les oiseaux au corps émaillé bleu, aux ailes vert et bleu alternés, au cou blanc et rose ; le fond de la plaque est jaune.
meme, les sujets, figures et inscriptions, représentés par l’artiste iranien, ne laissent pas un interstice de libre, sans que l'émailleur en ait profité pour y jeter suivant la place disponible un arbuste, une tige, une fleur, ou simplement une feuille.
L’art persan n’a rien de l’état naïf, rudimentaire de l'art chinois. L’ampleur raisonnée de son style le plus ancien prouve sa descendance assyro-babylonienne.
L’art persan est moins souple, moins capricieux et mobile, moins ingénieux et varié que celui des Japonais, il est moins réel dans la ligne, moins riche dans la palette.
Le Chinois et le Japonais peindront le paysage entier comme principe de décoration, la plante la fleur et l’oiseau suffisent à l’artiste persan; derrière lui l’Arabe n'imitera que la feuille et l’enlacement des tiges. Ainsi le premier cherche à rendre l’ensemble et le mouvement des objets, le deuxième leurs formes, le troisième leur arrangement. En somme l’art japonais est simple et vrai, l'art persan oppose la grandeur de certaines masses à la finesse de certaines lignes, l’art arabe obtient par une répétition habile des mêmes motifs une grande richesse et des ell'ets imprévus.
Le nu est exclu de l'art moderne de la Perse comme il l’était de l’art antique. De là une cause d’infériorité et les nombreuses fautes de construction et de proportion de leurs figures. Heureusement le nu n’est pas sensible à travers l’ample habillement particulier à la Perse de toutes les époques, le même que l’ancien costume parthe, couvert de fleurs, de broderies et d’or, adopté par les courtisanes chez les Grecs et les Romains1, et que l'on