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« L'émail babylonien, dit Place (Ninive et l'Assyrie , t. II, 1. Il, p. 253), saillant, très adhérent à la brique, brille d’un vif éclat; il est dur comme la porcelaine. Celui de Ninive est tendre, se détache facilement et semble une glaçure peu cuite1. Les figures, cernées d’un creux sensible, font croire qu’avant la couleur le contour était tracé au stylet sur l'argile molle. » Nous avons au Louvre des fragments émaillés assyriens, dans la première salle du musée Campana: fragments d'un vêtement, jaune brillant ; le noir a été passé sur lignes creuses ; pétales blancs d’une fleur, entourant un cœur jaune, un peu en relief, cernés de noir et se détachant sur un fond bleu ; fragments d’une aile d’un émail très vitreux, les plumes sont modelées légèrement en relief; fragments d'un tronc de palmier se détachant en portion de cylindre jaune sur fond bleu2.
On le voit, ce sont toujours les mêmes principes, appliqués plus tard par les Persans : les couleurs primaires largement employées, auxiliaires de la forme, remplissant les contours des figures pour les déterminer et les préciser.
Les Chinois ont bordé le plus souvent leurs figures d’une ligne blanche pour les distinguer du fond ; les Assyriens, et,
harem ; les femmes se parent, les lumières brillent, la musique mêle ses accents au concert des voix humaines pour rompre la monotonie d’une vie claustrale et inoccupée.
Si la rose n’a pas sa fête spéciale, les poètes lui réservent dans leurs chants la place d’honneur; Sadi lui a consacré cette pièce charmante :
« Je vis un jour quelques roses placées avec de l’herbe fraîche, et je dis : « Comment l’herbe vile a-t-elle osé s’asseoir à côté de la rose odorante ? »
« Elle me répondit: « Tais-toi ; l’ètre généreux n’oublie passes anciens amis; « quoique je n’égale pas le parfum ni l’éclat de la rose, nous n’en sommes pas moins o nées sur le même sol. »
i . Ces différences ne peuvent tenir qu’à la terre employée et de mauvaise qualité.
a. Voir Musée Mapo'èon III , par M. Adrien de Longpérier, (Liv. II, pl. 4.)
l’art persan
probablement à leur exemple, les Perses ont préféré la bordure noire, sans exclure complètement le premier système.
Les tons sont toujours posés à plat et sans modelé, aussi bien dans les émaux assyriens que dans ceùx des Persans, des Indous et des Maures.
Dans les émaux persans les plus anciens, de même qu’à Damas, dominent le bleu et le vert , Rhodes y ajoute le violet ; le Caire, 1 e jaune, Nicée, Brousse et les Maures d'Espagne, le rouge et Y or.
Ainsi, à chaque pas que l’art de l’émailleur persan fait vers l’Occident, la palette s'enrichit et perd sa grande sévérité. Peu à peu, l’artiste asiatique dévoyé, influencé, veut lutter avec l’Occident, abandonne toutes ses traditions, et les plaques modernes que l’on peut voir à Kensington, pareilles à certains foulards, sont chargées de fleurs roses sur fond jaune et violet, ni vraies } ni conventionnelles , lourdes et désagréables de ton, au contour indécis et laissant parfois apercevoir entre elles des maisons, même de petites villes, que l’on distingue avec peine, dont on ne comprend pas l’utilité, et grossièrement indiquées. L’ambition augmente avec l’impuissance de l’art de l’émai fleur moderne1.
TOMBEAUX A KOOM. — MONUMENTS DE LA PERSE — Coste.