LA TURQUOISE EN PERSE
ous avons dit qu’il y a toujours, dans les différentes parties émaillées d’un monument persan, une couleur dominante formant le fond de la décoration; parfois c’est au portique le bleu lapis ou le bleu turquoise, le vert est généralement la note principale de l’émail qui recouvre les dômes.
La vogue du vert et du bleu en Perse dès les temps antiques nous semble avoir été amenée par l’imitation des tons de la turquoise.
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Cette contrée possède les mines de turquoises les plus riches qui existent; elle les a toujours employées avec prédilection pour embellir et colorier les objets les plus usuels comme les plus précieux. Aussi, ces pierreries méritent-elles que nous nous arrêtions à leur histoire, à leur usage et à l’influence qu’elles ont pu avoir sur le goût et les traditions de l'art de la Perse et de l'Asie centrale.
La turquoise, ou plutôt les turquoises, tel est l’élément principal de décoration des bracelets comme des colliers, de la selle du cheval ou du fouet du cavalier; les turquoises placées dans tous les interstices de la pièce, serrées l’une près de l’autre, et usées ensuite dans le même plan, contournent et couvrent les petits objets de luxe de la Perse et de l'Asie centrale, de la même façon que l’émail couvre ou tapisse entièrement les monuments de ses cités2.
Le synonyme grec de srnaragdus avec boucle d'oreille i vert nous fait pencher à croire que c’était
Coll. Ljfalvy. 1 1
parmi les couleurs de la turquoise, celle que l'on préférait dans l’antiquité; ainsi les rares exemples de gravures antiques sur turquoises que nous possédons sont de couleur verte ; tel le buste de Tibère (cabinet de Florence), dont la tête ronde-bosse,
1. Toutes les gravures représentant des objets de la collection Ljfalvy sont extraites de l’Atlas des étoffes, bijoux, aiguières, etc., de l’Asie centrale, par Ch. de Ujfalvy. E. Leroux, éditeur.
2. « Tout est turquoise dans ce pays, dit Madame de Ujfalvy (Dr Paris à Samarkande ) les pierres, le ciel et jusqu’aux monuments. »