Pline. Hist. nat liv. XXXVII, chap. xm. De Getnmis
l’art persan
sur le fond de la même nuance qu’à l’aide des petites fleurettes émaillées en blanc dont il est recouvert suivant la mode persane.
Sèvres possède aussi quelques beaux spécimens d’inscriptions à reflets métalliques : citons les numéros 6520, G5 73 , pour la richesse des reflets, le numéro 6926 pour le beau caractère des lettres aux formes carrées, d’un effet très décoratif, et la plaque provenant du tombeau de Mahomet à Médine. Enfin, dans la collection deM. Schefer, le fragment d’une inscription sculptée, complètement recouvert, fond et lettres, d’un bleu métallique, provenant du Sultanieh.
« M. Louis Cesson, dit M. Burty', a fait des expériences très concluantes sur les lustres hispano-moresques : «Le cuivre et l'argent n’étaient pas toujours employés simultanément; ainsi, les faïences à lustre de cuivre rouge foncé ne contiennent que du cuivre ; l’argent était ajouté au cuivre pour diminuer l’intensité de la couleur, lui donner un reflet plus doux. Le tour de main, l’étude de l’action du feu entrent aussi pour beaucoup et ne peuvent se décrire. Autrefois ils se transmettaient jalousement parmi les membres d’une corporation. Il paraît du reste que le musée de South-Kensington possède avec le manuscrit original de Piccolpasso, potier durantinois, un chapitre qui est demeuré inédit sur les lustres métalliques et les irisations. On s’explique mal qu’un musée aussi libéral n’ait point encore transcrit et publié un document aussi curieux. »
L’habitude de couvrir et d’orner les murs d’inscriptions religieuses ou de dédicaces commémoratives paraît aussi ancienne que le monde. Dès les premières dynasties, les temples de l’Égypte y puisent leurs principaux motifs de décoration. De même
1. Burty. Chefs-d'œuvre des arts industriels , page 66 Ducrocq, éditeur.
à Babylone, non seulement les sculptures qui couvraient les monuments avaient tous les fonds disponibles couverts de légendes intaillées, mais de grandes inscriptions émaillées couraient sur les murailles. Nous avons au Louvre quelques briques vernissées provenant de Babylone, sur lesquelles sont peints des caractères cunéiformes anciens de grande dimension, émaillés en blanc sur fond bleu, tous provenant évidemment d'un même texte rapporté par M. A. de Longpérier au temps de Nabuchodonosor.
« Ces sortes, d'inscriptions murales, au témoignage delà Bible1, ont été très affectionnées des races sémitiques et sont devenues, entre les mains des Ninivites, un puissant moyen de décoration polychrome. »
Les deux plus grandes tuiles persanes du musée de Kensington sont des fragments de pierres tumulaires; l’inscription de la principale peut se donner comme le type normal et général du style épigraphique de ces monuments. La voici telle qu'elle a été traduite par M. Nicolas, attaché à la légation française de Téhéran : « Dieu qui entend et qui voit. Il ri y a pas d'autre Dieu que Dieu. Mahomet est son prophète. Ali est son lieutenant. La victoire rient de Dieu. »
Pourtant parfois l’inscription se rapporte au souverain qui a construit l'édifice. Ainsi, sur la frise en faïence de la mosquée d'Omar à Jérusalem, on lit : « A fait renouveler cette faïence Sa Hautesse noble et royale , notre maître le sultan Soliman , fis de Sélim , fils de Bayafid . . . , en l'an g6g »,et : « le mot Quachàm ,
i. « Lorsque ayant passé le Jourdain, vous serez entrés dans la terre que le Seigneur vous donnera, vous élèverez de grandes pierres, vous les enduirez de chaux et vous y écrirez toutes les paroles de la loi. » cD:ut., ch. xxvn, v. 2 et 3.
inscription persane. — G ra vure£ extraite de la Galette des Beaux-Arts.
l’art persan
dit M. de Vogue', par lequel est désignée la faïence, indique son origine; elle vient de la ville de Quachan, en Perse, renommée pour ses fabriques. »
Les caractères persans sur fond blanc, bleu, verdâtre, ou détachés sur le reflet de l’or et de l’argent, forment la donnée la plus riche, l’effet le plus grandiose, le plus satisfaisant système de décoration que l’on puisse imaginer. Combien il est regrettable que nos architectes décorateurs en aient abandonné l’emploi ! Saint-Pierre de Rome donne le dernier grand exemple d’une inscription monumentale, placée autour de la coupole intérieure, contournant comme une auréole le maître-autel de la métropole; les colossales lettres d’or : TU ES PETRUS ET SUPER HANC PETRAM ÆDIFICABO ECCLESIAM MEAM, etc., d’un mètre et demi de haut, laissent une impression solennelle et inoubliable de cette partie de l’édifice.