EXAMEN DES BRIQUES ÉMAILLÉES DU MUSÉE
usqu ici nous ne pouvions étudier que dans les ouvrages et les reproductions gravées ou coloriées, les monuments persans et arabes, mosquées, bains ou fontaines des différentes parties de l’Asie centrale et de l’Asie Mineure, et les émaux inaltérables, qui les recouvrent comme d’une couche de diamants. Le Musée ethnographique présente, pour la première fois à Paris, aux artistes et aux savants, une série suivie et complète des faïences émaillées provenant de diverses époques de cette céramique architecturale.
Le fragment le plus ancien de la collection Ujfalvy provient de la mosquée de Gour Emir (tombeau de Tamerlan); c’est une pièce non sculptée, mais couverte de fleurs peintes, dont l’ensemble : « moelleux comme un velours, diapré comme un cache-
mire, » passe par les plus riches couleurs de la faïence émaillée. A la base, un splendide bleu lapis, ce bel émail bleu que les Égyptiens semblent avoir inventé, est couché près d'un vert tendre qui en fait valoir tout l'éclat; là les arabesques jaunes et vertes se découpent sur un noir, dont l’intensité nous semble amenée par des nuancés dans la pâte.