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L FRAGMENTS DE BRIQUES EMAILLEES BABYLONIENNES

Musée du Louvre. — Galette des Beaux-Arts.

saïques variées. Mais est-ce par l’Égypte que les Cnaldéens connurent ces procédés? Il est difficile jusqu’ici de l’affirmer. En tout cas, l’emploi de la faïence pour les revêtements des édifices de la Babylonie a un caractère local, particulier, dû en grande partie aux exigences que nous avons résumées.

Les plus anciens temples de ces contrées étaient recouverts d’émail. C’est ainsi que celui qui était consacré au dieu Marduk, à Bitt-Sagattu, a laissé au milieu des ruines une quantité de

briques émaillées. Dans une longue inscription, gravée sur du basalte et conservée au British Muséum, le destructeur de Jérusalem, Nabu-Kudur-usur, dit en parlant de ce fameux temple : « J'ai amassé dans Bab-Ilu de l’argent, de l'or, des métaux précieux, de l'émail (c-ra-a)..., etc. » M. Ménant, qui donne cette traduction, dit que l'on peut rapprocher c-ra-a du mot chaldéen qui signifie littéralement recouvrir d' une matière gluante.

« Les briques vernissées ou émaillées, que l’on trouve dans les ruines, sont enduites d’une couche épaisse de deux centimètres de matières appliquées à froid à l’aide d’un pinceau et ensuite soumises à la cuisson, etc. h «

Le principe de l'invention ou de la priorité babylonienne des revêtements de murs par la brique émaillée, une fois admis, il était naturel que cet usage s’étendit aux pays voisins, grâce à l’influence que cette nation a toujours possédée dans l’antiquité sur les pays limitrophes.

C’est ainsi qu’à Ecbatane, la capitale de la Médie, chaque mur, dit Hérodote, était peint, — c'est-à-dire émaillé , à l’exemple de ceux de Ninive, — d’une couleur différente.

On sait que non seulement les invasions politiques, mais en temps de paix les besoins du commerce et la conformité du langage avaient appelé, dès la plus haute antiquité, dans les plaines fertiles de la Chaldèe, sur les bords du Tigre et de l’Euphrate, non seulement tous les habitants de l’Asie centrale, mais aussi les tribus de l'Arabie encore nomades. Tour à tour chacun des peuples vainqueurs, Babyloniens, Ninivites, Mèdes, Perses, Macédoniens, Parthes ou Arabes, y venait cons-

1. A. Menant, Babylone cl la Chaldèa. — De Linas, Les Origines deT orfèvrerie cloisonnée, page 5g.

l’art persan

truire la capitale nouvelle, en ruirfant, en pillant l'ancienne, en se servant des memes matériaux et des mêmes ouvriers. C’est ainsi qu’apparaissent, et comme l’a dit Heeren, que « semblent renaître de leurs cendres comme le phénix », Babylone, Ninive, Séleucie, Ctésiphon, Bagdad, pour ne nommer que les villes capitales. Le sceptre de la Chaldée, sa fortune et ses arts passent ainsi des Chaldéens aux Ninivites, des Macédoniens aux Parthes, des Perses aux Arabes; et sur les rives traditionnelles

Origines de l’art byzantin.

coupoles assyriennes, d’après un bas-relief du British Muséum.

d’où tous les peuples étaient partis, les races les plus différentes, subjuguées par la richesse et la puissance de la contrée la plus célèbre de l’antiquité, sont toutes venues se former au berceau de l’homme, à la plus ancienne école de la civilisation.

La Perse est un des pays qui ont le mieux montré cette persistance proverbiale des Orientaux à conserver les plus anciennes traditions. On aurait tort de penser que les invasions victorieuses et effroyables qui se sont disputé son sol pendant cinq mille ans aient pu lui faire oublier et anéantir son art et son industrie.

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Le style de Persépolis rappelle celui de Ninive; il en est de même 'des sculptures des rochers, des bas-reliefs de Schapour,

et des rares spécimens de l'art persan, immédiatement postérieurs à la conquête des Arabes, et exécutés dans des matières moins dures que le roc ou le marbre.

Mais l’art de la Perse ne devait pas seulement se développer dans les contrées de l'Asie, il devait étendre son influence sur les principales transformations de l’art en Europe1.

La réputation de ses productions fut toujours très grande, les présents d’Haroun-al-Raschid à Charlemagne sont restés célèbres, et l'Occident a toujours recherché ses vases, ses étoffes, ses armes qu'il n’a jamais su égaler. Les artistes finirent par suivre les objets.

BAS RELIEF PERSE DU PALAIS DE PERSÉPOLIS Oll Sait qUC lcS piCmièlCS CgllSCS

A Tschil-Minar (les quarante colonnes) brûlée , , • , » n-

sous Alexandre 33o ans av. J.-C. 11 représente Chrétiennes turent élevées a 1 ltmun doryphore ou garde du roi. Grav. extr. de

\' Encyclopédie des Beaux- Arts, par Demmin. , , • j , i

J F 1 tation des synagogues et des tem-

ples païens de l’Orient. Les premiers monuments dits de l'art

i: L’Orient a toujours fourni à l’Occident la plus grande partie des idées et des motifs des arts qu’il a cultivés. Les Grecs et les Etrusques dans l’antiquité, comme tous les peuples modernes, n’ont cessé d’emprunter à cet inépuisable foyer artistique.

La Grèce, le plus souvent, n’a fait que choisir, que coordonner les éléments de

l’art persan

byzantin ont été élevés en Asie Mineure, construits d'après les principes des temples de Salonique, de Bethléem, du mont

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