EPEE MORESQUE AYANT APPARTENU A BOABDIL
tte épée représente les mêmes dispositions dansl'ornementation que les carreaux émaillés de l’Alhambra. L’étoile qui en forme le principe est d’origine persane. V. notre dessin, p. 179.
. Racinet, L’Ornementation polychrome , page 26.
luxe des appartements, les ornements de tous genres qui leur tombaient entre les mains. Au vii° siècle de notre ère, les Persans vivaient donc dans des splendeurs qui semblent égaler les descriptions les plus merveilleuses du Râmayana à propos de l'Inde antique (quinze siècles avant 1ère chrétienne), récits confirmés d'ailleurs par Strabon, Arrien et Mégasthène. »
Les citations de même genre que nous pourrions multiplier, nous permettent d’affirmer que les Arabes primitifs n’étaient pas un peuple artiste, que c’est à l'école persane qu’ils doivent tous les éléments de leur art et de leur éducation. C’est ce que prouvent les monuments d’Asie Mineure et d’Egypte, caria participation exclusive des Persans dans presque tous ces monuments est admise par les historiens arabes eux-mêmes 1 . Il en est de même pour ceux de l’Espagne. L’Alcazar e*st l’œuvre d’un architecte persan que lit venir Abderame, et l’on constate en Espagne la présence d'une colonie d’artistes persans assez considérable pour qu’on leur assigne la ville de Rioja comme résidence au temps des Maures. Ce fait serait confirmé par un document trouvé et cité par M. Rivedemeyre, voyageur espagnol en Perse. Pour nous, le style arabe pur , créé avant toute influence persane, est des plus douteux ; malgré les affirmations
de nombreux archéologues modernes, il pourrait bien n’avoir
existé que dans leur imagination tout orientale.
« Au milieu du vne siècle, dit Reinaud1 2, les Arabes, en subjuguant la Syrie, la Mésopotamie, l'Égypte et les provinces
1. Lire les citations des historiens arabes donnés par Prisse d’Avesnes, dans V Architecture arabe.
2. Revue archéologique, tome VI, 1862, page 44, Heeren, De la Politique et du Commerce des peuples dans l'antiquité , traduit par M. Suckau. Paris, i83o.
septentrionales de l’Afrique, trouvèrent l'art de la mosaïque cultivé partout. »
Ajoutons que les artistes byzantins répandirent, eux aussi, le goût de la mosaïque dans une grande partie de l’Europe, dès le vc siècle, et l’on pourra conclure que les Arabes, aidés des Persans, substituèrent aux petits cubes de mosaïque, d’un procédé lent et coûteux, les briques de faïence qui ornèrent dès le vin0 siècle les monuments de Jérusalem, de l’Egypte, de l’Alhambra et de Cordoue.
Dans les premiers monuments de l’Islamisme, la faïence était employée comme revêtement, et nous pouvons suivre ses traces sur des édifices de date certaine, depuis l’Asie centrale jusqu’à l’extrémité de l’Europe.
C’est d’abord dans l’ancien continent, pour ne citer que les principaux et les plus célèbres :
Le tombeau de Mahomet à Médine, bâti au vme siècle de notre ère, ainsi que la grande mosquée de Jérusalem.
Les monuments d 'Iconium (Konieh), attribués au sultan Kidjil Arslan (?), et de Baalbeck en Syrie, datant du xic siècle.
Le château de Nakhtchevan en Arménie, du xiic siècle.
La mosquée deTabrizet les monuments d ’ Iconium attribués au sultan Ala-Eddin (1275), au xme siècle.
Les minarets de la mosquée de Nicée(i38()) du xivc siècle.
Le tombeau d’Osman à Brousse, le tombeau des enfants d’Ali,près de Bagdad (1 585), le tombeau de Schah-Khoda-Benda à Sultanieh (1577), au xvic siècle.
Le palais de Schah Abbas à Ispahan (i63o), au xvne siècle.
T* 707 de notre ère; il a été reconstruit plusieurs fois, notamment au xvie siècle;
l’art persan
La medressé de Schah Ismaël à Ispahan, au xvnfi siècle.
Nos collections du Louvre contiennent assez de preuves pour démontrer que, partie de l’Asie centrale, de la Babylonie, la vogue de la faïence émaillée s'est étendue dès la plus haute antiquité aux pays environnants et de là en Europe. Tels sont :
Les briques émaillées hébraïques.
Les bas-reliefs en terre cuite émaillée trouvés par M. Langlois, à Tarse en Cilicie.
Les vases émaillés de Camirus.
Les vases de Vulsi.
Rappelons enfin que les revêtements en briques émaillées de nombreux édifices de l’Inde ', jusqu’au revêtement du palais des Sforza à Pesaro 1 2 ont pour origine incontestable les spécimens fournis par les artistes persans et leurs élèves.
On penserait à tort que l’Europe n'a pas suivi longtemps ce mouvement, elle ne l’a abandonné que depuis deux siècles.
Les maisons du moyen âge et de la Renaissance étaient couvertes de tuiles vernissées et ornées d’épis émaillés. Une des plus agréables surprises de notre séjour en Italie fut de voir les monuments recouverts de bas-reliefs en faïence émaillée de Toscane et de Lombardie, tels que la façade de l’hôpital degli Innocenti à Florence, celle de Pistoia, les chapelles des églises recouvertes de magnifiques sculptures dues à cette famille d’incomparables artistes, les Délia Robbia, dont les derniers émaux ornaient la façade du château de Madrid (aux environs de Paris).
1. Du xive et du xve siècle. Gour près Patna, Delhi, Benarès. Lahore, Tuttiporc,
Sikri, etc.
« L’emploi, dit Brongniart1, des carreaux de revêtement en faïence ou poterie émaillée, sur lequel il n’y a plus de doute, est encore très répandu dans les pays de l'Orient et du Sud, depuis la maison la plus simple jusque dans les palais; les habitations somptueuses et les édifices, les villes turques, les villes égyptiennes modernes, les villes et les villages de l’Algérie, de toute la côte d’Afrique, jusque vers le détroit, en offrent des milliers d’exemples; il paraît que l’espèce de fraîcheur qui semble résulter de ce poli brillant et l’éclat durable de leur couleur plaisent généralement aux habitants de ces pays chauds. 11 y en a un si grand nombre, ils ont entre eux une ressemblance si générale de couleur, d’ornementation, enfin de style, si on peut employer ici cette expression, qu’on n’a presque d’autre citation à faire que de nommer les monuments remarquables dont ils font partie. »
Nous avons essayé de donner plusieurs raisons de la supériorité que les décorateurs persans ont toujours conservée sur les décorateurs arabes, leurs élèves : largeur des formes, sujets moins limités, palette plus sévère, ligne droite évitée. Chaque fois que l’on a voulu rendre compte de l’origine de cette supériorité et en donner les causes, les avis des plus savants ont différé d’une manière curieuse à observer. Car les raisons techniques qui expliquent l’adoption dans l’Asie centrale et l’Asie Mineure d’une architecture pleine, aux larges surfaces émaillées, ne suffisent pas pour nous donner les causes des différents styles de l’ornement dans des contrées limitrophes, telles que celles habitées par les Arabes et les Persans, se servant des mêmes maté-
i. Brongniart, Histoire de la Céramique, page 95, tome II.
L ART PERSAN
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Duc trouve volontiers l’origine du décor arabe, dans la copie des étoffes et tapisseries primitives des tentes des tribus no-
riaux, et pour expliquer la supériorité des derniers, M. Viollet-le-