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SCULPTURE BOUDDHISTE. — TROISIÈME PÉRIODE

Des quatre faces du Vimana cambodgien partent de longues galeries ou corridors, permettant d’accéder à couvert successivement sur toutes les terrasses qui mènent au sanctuaire ou au centre de l’édi-

l’art KHME R

que l'attestent les ruines de plus de quarante temples d’une immense étendue, la ville sacrée, porte encore le nom d’Angkor la Grande, Angkor-Thom, la citadelle ou ville royale, et son enceinte, de près de seize kilomètres de tour1, est bordée d’un fossé de cent vingt mètres de large. Cinq portes monumentales y donnent accès 2 et celles-ci présentent peut-être le meilleur exemple de la puissance d’imagination des Orientaux, du goût de l’art délicat du Khmer et du fini précieux de l’artiste indou. L’allée qui conduit à la porte khmer consiste en une longue chaussée, pont gigantesque traversant le fossé qui entoure la citadelle. Le parapet de cette chaussée est formé par un alignement formidable de cent vingt-huit géants ( Yacksas ) portant comme un cordon le divin serpent ( Nagas ), dont l’énorme tête heptacéphalique tenue par un Yacksas polycéphale se redresse, se déploie comme un éventail, et forme une immense courbe de cinq mètres de hauteur du plus majestueux effet.

A l’extrémité du pont, encadrée dans cette perspective solennelle, apparaît la porte monumentale, véritable arc

1. A l’occasion de l’Exposition universelle, le ministère de l’instruction publique nous avait demandé d’exécuter en grandeur naturelle, sous la direction et d’après la restauration dessinée par M. Delaporte, une reproduction d’une des cinq portes d’Angkor avec son allée de géants. Ce monument devait être placé en face de l’Angleterre dans le grand vestibule ; l’Indo-Chine française aurait fait ainsi le pendant monumental du pavillon de l’Inde anglaiseet donné le parallèle de ces deux arts voisins.

La participation tardive de l’Allemagne, qui obligea de lui donner l’emplacement de Sèvres et des Gobelins, lesquels durent se transporter dans le grand vestibule, nous força d’abandonner le travail déjà en cours d’exécution et de terminer seulement le petit modèle (exposé au Trocadéro), réduit au dixième, qui nous servait d’esquisse ou d’étude. Quoique réduit à ce point, grâce au soin avec lequel M Delaporte a étudié avec nous cette restauration, ce modèle donne une idée exacte du monument tel qu’il a dû être à l’époque de son ancienne splendeur.

2. Les forteresses du Cambodge, de même que dans l’Egypte, l’Inde, la Médie et la Perse, renfermaient les dieux et les palais des rois.

triomphal, qui sert d entrée a la citadelle. Il semble que tout l’Olympe brahmanique, toutes les divinités hybrides, tous les habitants de la ville se soient rassemblés, aient escaladé toutes les

la torte d’angkor (état actuel). — Dessin de L. Delaporte.

parties de l'immense portique. Au fronton, la guerre, la poursuite de l’ennemi sur la terre et dans les airs, les dieux et les

DK LA PORTE OCCIDENTALE d’aNGKOR-VAHT

au. Cambodge , par M. Louis Delaporte. — Delagrave, édit.

L’ a RT KH M E R

hommes se confondant dans la mêlée; les côtés de la porte sont flanqués de douze éléphants montés par des divinités ; sur tous les murs sont sculptés des combats contre les monstres, des apparitions surnaturelles, un monde de statues, de bas-reliefs, d’ornements.

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