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JEUNES FILLES CUEILLANT DES’ FLEURS DANS UN JARDIN

Bas-relief d’Angkor. Musée Khtiier du Trocadéro. — Gravure extraite du Dictionnaire raisonné de V Architecture, par E. Bosc, publié par F; Didot.

Au-dessus de cet ensemble, apparaissent d’immenses tètes de Brahma, dont les tiares dentelées représentent trois tours aux sommets dorés. Le tout forme une entrée d'une architecture aussi puissante que gracieuse, où les profusions sculpturales masquent la massivité du monument, dont le détail est aussi admirable que l’ensemble.

Partout la grâce s'allie à la force, la grandeur à la douceur. 11 semble que, comme dans les cent mille distiques du Mahabharata — l'immense poème religieux dont il est l'expression — l'art khmer, ait accumulé dans un immense pandémonium architectural, les globes qui habitent le paradis d'Indra, tenus en échec par la main caressante d'un enfant, l'avalanche des mille chars de guerre et toutes ies épouvantes arrêtés court à la vue d'une Devadassy souriante sortant de la fleur de lotus.

Tout étrange que paraisse la conception de ce monument, on y reconnaît instantanément une science de l'art et de l'architecture, une imagination, un foyer d'idées d’une telle richesse que d’autres pays considérés comme supérieurs pourraient largement y puiser.

On a parfois comparé avec raison les monuments de l'Inde, surchargés de sculptures, aux façades de nos cathédrales gothiques, où la Trinité et tous les saints du ciel et de la terre, les démons, les anges et les archanges, le roi et l’esclave, se superposent, s’amoncellent et s'encadrent dans les lignes voulues. Aussi, dans la porte d'Angkor, les tours, les figures, l’ornementation excessive, la richesse inouïe, rappellent nos plus beaux monuments du xmc siècle.

Seulement les avantages sont pour l’art du Cambodge, qui n’a pas à traduire les sévères légendes de la féodalité, mais des aventures souvent aussi gracieuses et aussi légères que celles des mythes grecs.

L’artiste cambodgien, qui possède une pierre d’un grain tendre et fin, une habileté d’outils, une dextérité de main incomparables, excelle dans ce détail si délicat et si plein de charme qui rappelle notre Renaissance. Au milieu de la porte

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