QUATORZIÈME SIÈCLE. — EE SURCIOT, LA HOUSSE, ETC
« la convoitise de richesses et deshonnesteté de vesteiire et de divers iiabits « qui coiiroient communément par le royaume de France , où les uns avoient « robes si courtes qu'il ne leur venoient que aux hasches, et quant il se baissoient « pour servir un seigneur, ils montroient leurs braies et ce qui estoit dedens à « ceux qui estoient derrière eux ; et estoient si estroites qui leur falloit aide à « eux vestir et au despoillier , et sembloit que l'en les escorchoit quant l'en les « despoilloit. Et les autres avoient robes fronciées sur les rains comme femmes, et « avoient leurs chaperons destreuchiés menuement tout en tour, et une chance « d'un drap et l'autre d'autre ; et leur venoient leurs cornettes et leurs manches « près de terre, et sembloient mieux jugleurs que autres gens, et pour ce, ce ne « fu pas merveille si Dieu voult corriger les excès des François par son tlael . le « roy d'Angleterre. »
Les deux passages que nous venons de citer constatent dans les modes un changement notable, et il est hors de doute que ce changement s'opéra vers 1340. Le surcot prit la forme d'une tunique très étroite boutonnée par devant, et qui recouvrait entièrement la cotte dans toutes les parties du corps, à l'exception des avantbras. Sous le règne de Charles V, on adopta la housse, pour dissimuler les formes que les vêtements serrés dessinaient d'une façon souvent indécente. La housse, qui enveloppait complètement le buste dans la partie supérieure de la poitrine, s'ouvrait à cette hauteur sur les deux côtés et formait devant et derrière comme deux grands tabliers. Sous le règne de Charles VI, la houppelande fut substituée à la housse. — C'était, dit M. Quicherat, une sorte de redingote ou mieux de robe de chambre, tantôt longue, tantôt courte, mais dans tous les cas, garnie de manches traînant jusqu'à terre. Elle était ajustée au corsage, et serrée à la taille par une ceinture. La jupe, fendue par devant, flottait et s'ouvrait en raison de la longueur. Par dessous, l'homme se montrait dans un état voisin de la nudité... Une veste serrée, nommée pourpoint ou jaquette, venait s'attacher au défaut des côtes, après les braies qui elles-mêmes ne faisaient plus qu'une pièce avec les chausses. »
Le surcot serré, la housse, et en dernier lieu la houppelande, tels sont donc à partir de 1340, les vêtements dominants dans le costume des hommes. Il faut y ajouter comme pièce très importante , et comme vêtement traditionnel en usage dans les temps antérieurs, les manteaux qui étaient de deux espèces, les uns retombant sur le dos et maintenus sur la poitrine par un cordonnet, les autres qu'on nommait manteaux à parer ou manteaux à la royale, enveloppant le corps tout entier, fendus à droite et se retroussant sur le bras gauche. Il serait fort difficile du reste de décrire d'une manière toujours très exacte les différentes espèces de