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QUATORZIÈME SIÈCLE. — TOILETTE DES FEMMES

vêtements dont on usait à l'époque qui nous occupe, car auprès des types généraux viennent se grouper les fantaisies les plus bizarres ; il faut citer au premier rang les habits mi-partis, c'est-à-dire les habits qui dans la même pièce, surcot, pourpoint ou chausses, se composaient d'étoffes de deux couleurs différentes. Ainsi, le côté droit de la poitrine était rouge ou noir, et le côté gauche jaune ou blanc. Il en était de même des bras et des jambes; et comme on choisissait de préférence, pour les opposer entre elles, les couleurs les plus tranchées, l'unité disparaissait complètement et le môme personnage semblait fait de pièces et de morceaux.

Le costume des femmes ne dilférait en général de celui des hommes que par la façon, et les noms étaient à peu près les mêmes. Elles portaient la cotte, et par dessus la tunique flottante ou .cotte hardie. Cette tunique était tailladée à la hauteur des hanches, afin que l'on pût voir la ceinture , qui se plaçait sur la cotte ; sous Charles V, ce vêtement atteignit une ampleur extraordinaire; on y ajouta une queue traînante de près d'une aune ; les manches ouvertes vers le milieu descendirent jusqu'aux pieds, et ce costume, large et flottant, appliqué comme un manteau sur la cotte qui serrait et dessinait les contours, formait un ensemble plein de grâce; on ajoutait quelquefois à cette toilette une mantille de fourrures ornée d'un galon d'or qui descendait devant et derrière, jusqu'à la ceinture. Les dames nobles portaient sur leurs tuniques le blason de leur famiUe, et toutes celles qui avaient des prétentions à l'élégance, laissaient passer le collet de leur chemise, qui était plissée, comme le témoignent ces vers d'un poëte du xiv^ siècle qui dit en parlant des femmes de son temps, qu'elles avaient :

Sercot d'ermino moult bel , De soie en graine ; et cliascun d'els Avolt bon mantel d'escurels.

Et chemise ridée et blanchie, etc.

Quant aux veuves, elles portaient quelquefois, comme dans les siècles précédents, un costume qui les faisait reconnaître; c'était un scapulaire blanc semé de larmes noires, qu'elles ne quittaient que quand elles prenaient un second mari. Leur ceinture consistait en un cordon de laine semblable à celui des religieuses de saint François.

Sous le roi Charles V, comme de nos jours, les étofies moelleuses et douces au toucher, qui semblent frémir au moindre mouvement de la femme qui les porte, avaient la vogue auprès des dames françaises ; elles n'épargnaient rien pour se

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