QUATORZIÈME SIÈCLE. —. COSTUME MILITAIRE
Ghâtelet aux Halles vétu de sa livrée, c'est-à-dire avec une houppelande , un chaperon et des chausses mi-parties rouge et blanc ; lorsqu'on lui eut tranché la tête, son corps fut porté au gibet de Paris et suspendu aux chaînes de ce gibet , avec sa chemise, ses chausses, ses éperons dorés, et l'on se figure aisément le spectacle à la fois grotesque et hideux que devait présenter un cadavre sans tète dans un pareil accoutrement. Ce n'était là , du reste , qu'une des moindres bizarreries de la pénalité criminelle du moyen âge. Les animaux, auxquels on attribuait, on le sait, la responsabilité morale, étaient complètement assimilés aux hommes, lorsqu'il s'agissait de les punir des accidents qu'ils avaient occasionnés ; et l'on trouve dans les registres de plusieurs échevinages des documents constatant que des pourceaux furent pendus en habits d'homme.
Après avoir examiné en détail le costume civil, si nous jetons maintenant un coup d'œil rapide sur le costume militaire , nous trouvons que ce costume , pour ceux qui occupaient, dans la hiérarcliie des gens de guerre, le rang le plus élevé, c'est-à-dire pour les chevaliers, se composait en général de deux parties distinctes : la cotte d'armes," qui était un vêtement d'étoffe, et l'armure, qui était un vêtement de fer. La cotte d'armes, comme au siècle précédent, se plaçait par dessus l'armure. C'était une espèce de chemise sans manches, serrée à la taille , et qui descendait un peu au-dessous du genou. Elle était fendue devant et derrière, presque jusqu'à la hauteur des fourches, sans doute pour ne point gêner les mouvements, et cette ouverture ainsi que les extrémités inférieures étaient quelquefois garnies d'une légère bande de fourrure. Quant à l'armure proprement dite, elle se composait d'une chemise de maille, c'est à dire d'une chemise formée par des anneaux de fer. Cette chemise était à manches pendantes, et souvent à chaperon rabattu. L'armure des jambes était en fer plat par dessus, en mailles par dessous ; une épée large et courte, à poignée massive, était attachée au côté gauche, par un large ceinturon décoré de plaques et d'ornements de métal ; le boucher se portait du même côté à l'aide d'une bandouhère plus étroite que le ceinturon, et qui passait sur l'épaule droite; ce bouclier était toujours placé par dessus l'épée dont il ne laissait voir que la poignée et la partie inférieure du fourreau. L'équipement du reste se modifiait dans le détail selon le goût ou la commodité de ceux qui le portaient. On peut voir dans la crypte restaurée de Saint-Denis, de fort beaux échantillons du costume que nous venons de décrire, et nous indiquerons, comme méritant une attention particulière, la statue provenant des Cordeliers de Paris, dans laquelle on a cru reconnaître un comte d'Alençon, ainsi que les statues de Louis