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QUINZIÈME SIÈCLE. — SOIE, COTON, LINGE

au moyen-âge une consommation considérable, des chandeliers, des fleurs, etc. Les princes et les évèques avaient leurs dressoirs comme les femmes, et parmi les redevances que les habitants de Chaillot payaient chaque année à l'abbé de Saint- Germain-des-Prés, on voit figurer deux grands bouquets et une demi-douzaine de petits, destinés à orner le dressoir de ce prélat. Cette espèce de meuble était déjà connue dans les siècles précédents, mais l'usage en était moins répandu et on l'ornait avec beaucoup moins de luxe. Les chaises à quatre places, à deux places, et les chaises simples remplacèrent peu à peu les longs bancs adossés aux murs, qui occupaient souvent toute la longueur des salles et des chambres. Les montants et les dossiers de ces chaises furent ornés de sculptures. On plaça dans les chambres à coucher des pignières à mirouer, c'est-à-dire des toilettes, comme celles qui sont en usage aujourd'hui. On revêtit les murs de lambris sculptés; on garnit les fenêtres de vitres. Les huis enchassillés remplacèrent les portes massives; la lumière pénétra dans l'intérieur des habitations, et les bonnes gens, en s'éveillant, n'en étaient plus réduits à se demander, comme l'avait fait la duchesse de Berry dans son château de Montpensier, s'il faisait jour ou s'il était nuit, parce que les chassitz de ses fenestimges estaient ensires de toile sirée par defaiilt de verrerie.

Les orfèvres qui, jusque alors, avaient presque exclusivement travaillé pour l'église, les rois et les princes, commencèrent, au quinzième siècle, à travailler pour tout le monde. Ils fabriquèrent des chandeliers, des flacons, des assiettes émaillées, des vases niellés, des statuettes à tète d'or ou d'argent, qui servaient à orner les appartements. Ce fut à la même date qu'on vit paraître, à côté des miroirs de métal, les miroirs de verre étamé. Ces miroirs, de très petite dimension à l'origine, étaient souvent portés, comme des bijoux, incrustés dans une boîte d'ivoire ou dans une gaîne de cristal ciselé. C'est aussi à la même époque, en 1476, qu'un orfèvre de Bruges, Louis de Berquem, découvrit l'art de tailler le diamant.

Le progrès qui se manifesta dans l'aménagement intérieur à l'époque qui nous occupe, et qui fait déjà pressentir la renaissance, se produisit également dans la fabrication des étoffes. En 1480, Louis XI fit venir de Grèce et d'Italie des ouvriers qui importèrent chez nous les procédés de Milan, de Gênes, de Venise, de Pistoie, et pour la première fois la France eut des ateliers de draps d'or et de soie, de brocard, de gros de Naples, de damas. Les premiers ouvriers qui se livrèrent chez nous à cette industrie furent désignés sous le nom de tissiUiers d'or, d'argent et de soie. Le coton qui, jusqu'alors n'avait servi qu'à faire des mèches de chandelles, fut appliqué à la confection des vêtements en 1430, par quelques tisserands des comtés de Chester et de Lancastre. L'usage de la soie devint de jour en jour plus

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