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SEIZIÈME SIÈCLE. — CHAUSSURE. — BIJOUX, ETC

dont on se servait surtout, comme le remarque Brantôme (1), pour monter à cheval. La résille, surmontée d'une toque à plume, fut aussi pendant quelque temps fort à la mode parmi les gens qui se piquaient d'élégance ; enfin, sous Henri IV on adopta le chapeau avec un bord relevé sur le front, et on le porta « plus garni de plumes en l'air, qu'une austruche n'en peut fournir » . Ces plumes étaient ordinairement blanches ; c'était là, on le sait, la couleur favorite du Béarnais, et il l'avait adoptée pour ce panache qu'on trouvait toujours , comme il le disait lui-même , au chemin de l'honneur. La mode des chapeaux à bords retroussés se maintint jusqu'à la fin du règne de Louis XIII, et, par une bizarrerie assez singulière, elle reparut au moment de la révolution ; le chapeau à la Henri IV fut la coiffure officielle des chefs de la Répuljlique française.

En ce qui touche la chaussure des hommes nous voyons les houzeaux portés comme dans les âges précédents par les nobles qui vivaient sur leurs terres, et par les personnes qui étaient obligées de voyager souvent. Mais en toilette de ville et à la cour, on porta, depuis la fin du règne de François I^"" jusqu'aux dernières années du règne de Henri III, des souliers très élégants ouverts sur le pied, ornés de broderies et de pierreries, et lacés avec des rubans. Le brodequin ou botte fauve fut aussi en grande faveur, et du temps de Villon elle était surtout portée par les hommes à bonnes fortunes. Henri IV, qui passa une partie de sa vie dans les camps et les expéditions militaires avait habituellement la botte pour monter à cheval , et son exemple en rendit l'usage très commun ; mais quand la paix fut rétabhe, il se débotta et prit une chaussure légère. Tandis que la noblesse et la haute bourgeoisie étalaient jusque dans leurs souliers un luxe extrême , un grand nombre de paysans et d'ouvriers marchaient encore pieds nus, ou portaient de lourdes chaussures à semelles de bois, qu'on désignait alors, comme aujourd'hui , sous le nom de patins.

Les détails qu'on vient de lire peuvent faire juger du luxe qui distingua au xvi^ siècle, malgré la bizarrerie de certaines formes, notre costume national, dans les classes riches de la société. Mais ce qu'il y a surtout de remarquable à cette époque, sous le rapport du goût artitisque , ce sont les bijoux, et les divers accessoires de la toilette; les pendants, les anneaux, les bracelets, les médaillons à figures , connus sous le nom d'enseignes, offrent un cachet d'exquise élégance qui se retrouve rarement aux époques postérieures. L'émaillerie et la glyptique, qui étaient alors en grande vogue , produisirent une foule de chefs-d'œuvre , et l'on

(1) Mémoires, t. IX, p. 27-28.

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