‹ Les arts somptuairesChapitre 49 sur 93 · RÉSUMÉ GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ GÉNÉRAL

moments, une action plus dissolvante sur les mœurs publiques. Elle a soumis les rois à la tyrannie de l'étiquette la plus rigoureuse, et elle a fait en quelque sorte de leur habit le symbole de leur puissance. Elle a jeté la noblesse dans les prodigalités les plus folles, et, suivant le mot que nous avons cité plus haut, elle lui a fait porter ses bois, ses prés et ses terres sur ses épaules, de telle sorte que quand on observe attentivement les faits, on se demande si la noblesse française n'a pas fait plus pour sa propre ruine, par son luxe, sa vanité et ses désordres d'argent, que l'hostilité de Louis XI ou de Richelieu et la longue et patiente opposition du tiersétat. On se demande encore si ce tiers-état du vieux temps, dont le portrait a peutêtre été parfois un peu flatté, tout en se montrant plus prévoyant et moins prodigue que la noblesse, n'a point été, pour les questions de toilette , tout aussi vain , tout aussi fou qu'elle. Quand le seigneur voulait s''habiller comme le roi, le bourgeois, en dépit des lois somptuaires, voulait trancher du seigneur; et dans cette histoire de la mode, qui n'est, après tout, qu'une des mille branches du long roman de la sottise humaine, nous avons toujours retrouvé les mêmes personnages, M. de SotrtenvUle et M. Jourdain.

Ch. LOUANDHE.

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