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HABITATIONS GAULOISES ET GALLO-ROMAINES

nous apprend que pour éviter la chaleur, ils bâtissaient presque toujours leurs habitations dans le voisinage des bois et des fleuves (1 ), mais il ne fournit point d'autres détails. Vitruve est un peu plus explicite; il nous apprend à son tour que les maisons dans la Gaule, l'Espagne, le Portugal et l'Angleterre, n'étaient construites que de branches d'arbres, de roseaux et de boue et couvertes seulement avec des planches grossièrement travaillées et de la paille. Quant à la distribution intérieure et à l'aspect général, Vitruve n'en dit rien ; et les archéologues se trouvent réduits à de simples conjectures. M. de Caumont pense qae les habitations gauloises n'avaient qu'un seul étage, une seule ouverture ; qu'elles étaient souvent établies plus bas que le sol, et que celles qui appartenaient à des personnages importants, étaient entourées de remparts de terre à peu près comme nos plus anciens châteaux du moyen-âge. Il est à remarquer que, dans les villes gauloises dont on a découvert les débris, on n'a jamais rencontré de tuiles. Dans l'une de ces villes, dont les vestiges existent à Toul-Sainte-Croix (Creuse), les habitations pouvaient avoir en moyenne de neuf à douze pieds de diamètre, et elles étaient bâties en pierres brutes, réunies par de la terre argileuse non gâchée ; ce n'était donc en réalité que de misérables huttes, telles que pouvait en construire un peuple barbare. Les populations les plus civilisées elles-mêmes ne s'écartaient point de ce système ; malgré les richesses considérables qu'ils avaient amassées par le commerce, les Massaliotes habitaient des maisons de boue et de chaume , et ils réservaient la pierre, le marbre et les tuiles pour les édifices publics, sacrés' ou profanes. Ces tuiles étaient si légères que quand on les plongeait dans l'eau elles surnageaient.

Habitations gallo-romaines. — La conquête de la Gaule par les Romains produisit une révolution complète dans les constructions. On voit par des bas-reliefs qui datent du premier siècle de l'ère chrétienne, que dès cette époque l'influence de l'architecture latine s'était fait sentir dans la Provence et la Narbonnaise, et que les habitants de ces contrées construisaient des maisons carrées à double faîte angulaire et même à étage. Quand le pays eût été entièrement soumis à la domination romaine, les Gaulois adoptèrent les usages des vainqueurs; ils bâtirent des maisons qui rappelèrent exactement celles de l'Italie, et se divisèrent comme elles en un corps de logis principal, comprenant plusieurs pièces qui avaient chacune sa destination particulière, telles que Vatrium, qui se composait de plusieurs salles qu'on pourrait appeler les salles de réception et d'apparat , les cœnationes et

(1) César, de Bello Gallico, lib. vi, c. 3.

HABITATIONS MÉROVINGIENNES. 251 les triclinia ou salles ;\manger,et les chambres à coucher, nommées cubiciila. Chez les riches, de vastes dépendances, boulangeries, écuries, remises, complétaient ces habitations, au centre desquelles se trouvait, comme chez les Romains, une espèce de cour carrée, plantée de fleurs, et qui ressemblait par sa disposition générale aux préaux des cloîtres. Les toitures étaient formées par ces larges tuiles à rebords tpi'on trouve en si grand nombre sur quelques points de la France, et dont les Romains avaient importé la fabrication dans les Gaules. On voyait à l'intérieur des pavés en mosaïque ; les parois des appartements étaient enduits d'un mortier colorié , quelquefois même ils étaient peints à fresque, ainsi que les plafonds, ou incrustés de mosaïques en verre de diverses couleurs. Les découvertes de maisons gallo-romaines qui ont été faites à diverses époques à Reims, à Arles, à Vienne, à Autun, à Saint-Volban, près Belley, à Nîmes, à Séez, à Lillebonne, c'est-à-dire sur les points les plus éloignés les uns des autres, confirment ce cpie nous venons de dire. On employait généralement dans les murs de ces constructions la pierre ou la brique, et quelquefois aussi on alternait des lits de moellons taillés avec des lits de briques.

Ce n'était poiut seulement dans les villes et les grands centres que s'élevaient les constructions dont nous venons de parler. Elles étaient aussi très nombreuses dans les campagnes ; car les grands propriétaires fonciers, qui constituaient l'aristocratie gallo-romaine comme ils constituèrent plus tard l'aristocratie féodale, se faisaient construii'e de belles habitations dans des sites agréables, près des villes, ou dans le voisinage des rivières (1). Ces espèces de châteaux se composaient de deux corps de logis exposés au nord et au midi , le premier pour l'été, le second pour l'hiver; ils avaient tous deux des portiques et des thermes, avec des conduits d'eau dans la maison d'été et des tuyaux dans la maison d'hiver pour faire circuler la chaleur dans tous les appartements. A côté de ces châteaux se trouvaient les métairies, villœ, qui servaient à la culture et à l'élève des animaux. Outre le gros bétail, les chevaux et les moutons, on nourrissait dans ces métairies des Hèvres, des loirs, des escargots, et quelques-unes d'entre-elles avaient des parcs où l'on élevait des daims et des chevreuils, ainsi que des étangs destinés à la jnscicuUure.

Habitations mérovingiennes et carlovingiennes. — Les rois francs possédaient un grand nombre de ces métairies et ils y tenaient leur cour. « C'était, dit M. Augus- « tin Thierry, un vaste bâtiment entouré de portiques d'architecture romaine, quel-

(1) Guizot, Histoire de la Civilisation en France, t. iv, pag. 148.

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