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MAISONS NOBLES ET BOURGEOISES

Les maisons nobles et les maisons bourgeoises. — Dans V Introduction générale à V Histoire du Costume, nous avons eu bien souvent l'occasion de montrer avec quelle rigueur la distinction était maintenue par les habits et les ornements de la toilette entre les diverses classes de la société. Cette distinction s'étendait aussi aux animaux et aux choses inanimées. Il y avait pour le blason des oiseaux nobles ; il y avait des chevaux nobles , les destriers et les palefrois, qui allaient à la guerre, figuraient dans les fêtes et les tournois et portaient des housses blasonnées, et des chevaux roturiers, les ronsins, qui portaient le bât, traînaient les charettes et tiraient la charrue. Il y avait les terres nobles, qui avaient franchise d'impôts et droit de justice et donnaient leur titre féodal et leur nom à leurs propriétaires, et les terres roturières, qui devaient la corvée et payaient la dîme. 11 y avait de même les maisons nobles et les maisons roturières ; les premières, comme les terres, étaient exemptes de la taUle; les secondes, au contraire, étaient taillables à merci, et toutes deux portaient des signes extérieurs qui étaient comme les symboles de leur rang social.

Ce qui distinguait les maisons nobles, c'étaient d'abord les tourelles, et si quelques bourgeois, au moment de l'émancipation des communes, en placèrent quelquefois à leurs habitations, nous sommes assez disposé à croire que ce fut moins pour se défendre que pour s'égaler à ceux dont Us venaient de secouer le joug, et la preuve c'est qu'au xvii« siècle encore, c'est-à-dire à une époque où le tiers-état n'avait plus à redouter la féodalité, les magistrats bourgeois des villes de commune, à qui leurs fonctions conféraient la noblesse de cloche, se faisaient un grand point d'honneur de bâtir des tourelles aux angles de leurs maisons.

Les barrières placées extérieurement sur la rue, en avant des portes, et à l'intérieur la cour carrée et l'oratoire ou la chapelle étaient aussi une des marques de la noblesse des maisons. On connaît encore les girouettes, les crêtes et les épis (1). Les girouettes changeaient de forme suivant le rang des propriétaires. Chez les simples chevaliers, elles étaient en pointe, comme leurs pennons, et aujourd'hui même, dans notre temps d'égalité, nous en voyons quelques-unes qui ont conservé cette disposition. Chez les bannerets, elles étaient carrées comme leurs bannières. C'était une espèce d'étendard de métal qu'on arborait sur les habitations ; mais parmi les nobles eux-mêmes il n'y avait que ceux qui s'étaient signalés par quel-

(1) Voir de la Querière, Essai sur les girouettes, épis, crêtes, et autres décorations des combles et pignons, Paris, 1846, in-8.

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