CHEMINÉES
merçantes , était habité par une famille différente, et qu'une fois le soir venu chacun s'enfermait chez soi.
Pendant plusieurs siècles, la structure des escaliers resta exactement la même et conserva la forme dite à vis ou en limaçon •, mais au moment de la Renaissance, on sentit la nécessité de faire enfin pénétrer la lumière dans ces couloirs étroits où deux personnes avaient peine à passer de front, et la forme tournante fut abandonnée pour les rampes droites s'étageant en retour les unes au-dessus des autres, avec des repos de distance en distance. Ces rampes furent ornées de balustrades sculptées, d'un excellent goût.
Au xvii^ siècle, les escaliers furent encore agrandis ; les paliers se multiplièrent, mais les balustrades perdirent la forme élégante que leur avait imprimée la Renaissance. Ces balustrades, qui figuraient assez exactement de grosses poires aplaties, supportaient une rampe de bois massive, et cette rampe, à chaque repos, était surmontée d'ornements, tels qu'une corbeille de flem*s ou de fruits, ou un médaillon supporté par un lion. Les formes changèrent encore au xviii^ siècle, et c'est à cette époque que les escaliers dérobés furent mis à la mode. C'était là du reste une innovation parfaitement en rapport avec la société du temps, une conséquence naturelle de la galanterie des mœurs, une nécessité des petites maisons; les grands escaliers de Versailles ne pouvaient convenir au roi du Parc-aux-cerfs.
Cheminées. — On pense généralement que les Gaulois ne connaissaient point les cheminées, et que la fumée du feu qu'ils entretenaient à l'intérieur de leurs habitations s'échappait par un trou pratiqué dans le toit, mais on ne sait rien de positif à ce sujet. On n'est guère mieux instruit à l'égard des maisons gallo-romaines; et ce que dit Vitruve de la par tie des constructions qui se rapporte au chauffage, manque absolument de clarté ; on peut croire cependant, d'après quelques vagues indications fournies par les écrivains de l'antiquité, qu'on chauffait les appartements de deux manières : 1 *» Au moyen de fourneaux portatifs qu'on remplissait de bois ou de brasier, et dont la fumée se dégageait par des espèces de tuyaux analogues à ceux de nos poêles ; 2" au moyen de conduits ménagés à travers les murs, et qui répandaient dans toutes les pièces la chaleur d'un foyer qu'on entretenait au rezde-chaussée, en un mot, au moyen de calorifères. Sénèque parle de ces conduits comme d'une invention faite de son temps, et il est probable que l'usage en fut répandu de bonne heure dans la Gaule romaine, toujours prompte à imiter ses vainqueurs.
Dans les bas siècles du moyen-âge, il ne paraît pas que l'on ait connu les che-