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CHEMINÉES

minées adossées aux murs, avec les conduits en manteau. Le foyer, j>lacé au milieu de l'appartement, était surmonté d'un tuyau qui perçait le plafond des étages supérieurs, et portait la fumée en dehors et au-dessus du toit ;! mais au xn^ siècle, on trouve des cheminées semblables à celles que nous connaissons aujourd'hui. Leur tuyau est établi en encorbellement à l'extérieur des murs, et on leur donne dans le latin du moyen-âge le nom caractéristitpie de fumarium . « A cette époque, dit M. de Caumont, les cheminées étaient presque toujours cylindriques, plus ou moins élevées, quelquefois rétrécies vers le sommet, et n'y présentant qu'une ouverture très-étroite : quelques,-unes même n'avaient point d'orifice en haut du conduit, et la fumée ne pouvait s'échapper que par des trous pratiqués dans le toit de ces petites pyramides en pierre, qui alors ressemblaient plus ou moins à des clochetons. » Du reste les sommets de ces tuyaux, qui produisent dans la plupart des constructions modernes un effet si disgracieux, produisaient, dans les constructions du moyen-âge, l'effet tout contraire, attendu qu'ils étaient, par leur forme et leur ornementation , en parfaite harmonie avec le reste de l'édifice; les architectes apportaient dans leur exécution autant de soin que dans les parties les plus importantes. Ce n'était point seulement pour eux un objet d'utilité, c'était aussi une décoration. Au xiv*' siècle, les tuyaux, de forme ronde ou hexagone, se terminaient par une galerie à jour surmontée d'un chapeau, autour de laquelle on plaçait quelquefois de petites statues. Dans les deux siècles suivants, ces tuyaux, tout en se modifiant dans leur aspect général, n'en gardèrent pas moins toute leur élégance, et nous pouvons encore en juger par les belles cheminées de l'hôtel de Cluny.

Dans les petits appartements où elles étaient étroites et basses, les cheminées prenaient le nom de chauffe-panse; mais dans les châteaux, les palais, les grands appartements, les cuisines des grandes maisons, elles atteignaient des proportions considérables. Elles étaient construites à hauteur d'homme; toute une famille pouvait s'y chauffer à l'aise, plusieurs ramonneurs pouvaient y monter de front, et, pour que chacun pût prendre commodément sa place au feu, on établissait quelquefois des bancs de pierre sous leur manteau, le long des jambages. Au xv*' et au xvi^ siècle, les manteaux se chargèrent de dorures, de peintures et de sculptures ; les nobles y firent représenter leurs armoiries ; on les orna de tentures en velours; on plaça sur leurs entablements des reliques et des figures de saints, et, chez les riches, elles formèrent l'une des parties les plus élégantes des habitations. Elles conservèrent leur ampleur majestueuse jusqu'à la fin du règne de Louis XIV, c'est-à-dire jusqu'à l'époque à laquelle les habitudes de la vie de famille com-

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