INDUSTRIES SOMPTUAIRES
Depuis l'avènement de Philippe P"" en 1060 jusqu'à celui de Philippe le Hardi, c'est-à-dire dans cette période de deux cent dix ans qui vit naître les communes, qui vit les splendeurs de la chevalerie et les héroïques aventures des croisades, l'industrie comme la mode se ressentit du mouvement profond qui agitait le monde. La production des étoffes indigènes se développa sur une très-grande échelle , et les importations de l'Orient favorisèrent encore cet essor du luxe.
Le coton,, hombax, que nous avons déjà vu mentionné par Jean de Garlande, devient d'un usage de plus en plus fréquent, « Le coton, dit Jacques de Vitry, tient le milieu entre la laine et le lin, et sert à tisser des vêtements d'une grande finesse... Bomhacem quem Francigenœ cotonem seu coton appelant (1). » La soie, qui jusqu'alors avait été réservée aux personnes du plus haut rang, commence à se populariser dans les classes inférieures. Les étoffes de soie s'appelaient alors cendal; le cendal, qui correspond au taffetas moderne, servait non seulement à faire des habits, mais encore des écharpes, des étendards, des courtines ou rideaux de lit, etc. Suivant le Dictionnaire de Trévoux, il y avait du cendal blanc, du rouge, du citron et du vert. L'oriflamme était du cendal rouge. Le siglaton était également une étoffe de soie: il était importé, comme le cendal, du Levant et de l'Italie. Mathieu Paris parle avec admiration des riches étoffes de soie aux couleurs changeantes
(1) Jacobus de Vitiiaco, lib. I, cap. 8Zi.