FENÊTRES ET VITRES
doute très-exceptiomiels, et il fallait être roi, et de plus amoureux, pour faire exécuter de semblables pièces; mais il u'en est pas moins vrai que. du plus au moins, ce type d'élégance et de riche ornementation se retrouve dans un grand nombre de constructions civiles. Les heurtoirs, les marteaux déportes, les verroux, les plaques de verrou, les clés, les pentures, sont à l'avenant. C'est ainsi que le marteau du musée du Louvre, n" 1001 , nous offre la figure d'un jeune homme nu appuyé sur une lance, et encadré dans une niche élégante terminée en cul-delampe (1). M. Lenoir dit avec raison à ce sujet que les serruriers de la renaissance avaient l'art de repousser le fer et de le ciseler avec tant de dextérité qu'il pouvait rivaliser avec les plus belles pièces d'orfèvrerie. Les serrures à cette époque étaient considérées comme de véritables objets d"art, on pourrait même dire comme de véritables bijoux, et quand on changeait de demeure on les emportait avec les meubles les plus précieux.
Il ne faut point oublier, dans l'inventaire des produits de la vieille serrurerie, les grilles de fer qui servirent d'abord à la décoration des églises, et qui furent ensuite appliquées aux constructions civiles. « La serrurerie, dit M. Jules Labarte, a produit au xn« et au xni^ siècle des œuvres d'un goût et d'une énergie remarquables. Au xiv*-' et surtout au les artistes serruriers donnèrent une direction plus étendue à leurs travaux. Les grilles des chapelles devinrent de véritables monuments ; sous leurs mains habiles, le fer forgé, tordu, modelé et contourné, reproduisit, avec toutes leurs complications, les détails si variés de l'architecture de ces époques. »
Les grilles des constructions civiles, exacte reproduction des grilles des éghses, furent apphquées aux trois usages suivants : elles servirent de clôture dans les avant-courS , de portes intérieures ou extérieures , et de garnitures de sûreté pour les fenêtres.
Fenêtres et vitres. — Il est fort difficile de préciser exactement la date à laquelle les fenêtres vitrées furent employées dans les habitations particulières, et l'on ne trouve à ce sujet que de vagues indications dans les écrivains des premiers temps du christianisme. On a tout lieu de croire cependant que l'usage des vitres était déjà répandu au ni^ et au iv*' siècle de notre ère. Saint Jérôme mentionne en effet des fenêtres closes au moyen de lames de verre, et l'on sait que saint Benoît Biscop, qui mourut vers 690, vint d'Angleterre en France pour chercher des
(I) Voir, sur la serrurerie du moycn-àgc et de la renaissance , Alexandre Lenoir, Musée des Monuments français, t. IV, p. planche 451 bis; t. V, planche 151 ter et i.'il 1er; — Jules Labarte, Description des objets d'art qui composent la collection de Bruge-Duménil, Paris, 18i7, in-8, p. 368.