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REVÊTEMENTS ET LAMBRIS

chose qu'une espèce de plafond bleu dans lequel les étoiles étaient fixées comme des clous d'or dans une tapisserie d'azur.

RErvÉTEMENTS ET LAMBRIS. — Quoique l'application des grandes peintures murales à la décoration intérieure des appartements soit souvent mentionnée, nous pensons cependant qu'on doit la considérer conmieune affaire de luxe peu commune. Tout porte à croire qu'elle ne se rencontrait guère que dans les palais, les grandes habitations féodales, les échevinages, les salles capitulaires et les réfectoires des ablayes. Ce que l'on trouvait le plus généralement, nous le pensons, c'étaient les panneaux en bois, l'or basané, les tapisseries, et quelquefois aussi les revêtements en mosaïque de terre vernissée et même en albâtre.

Les lambris étaient ordinairement en chêne ou en bois d'Irlande, et , par ce dernier mot, nous croyons qu'il faut entendre un bois de choix provenant, non pas de l'Irlande en particulier, mais en général des diverses contrées du Nord. C'est ainsi que l'on désigne de nos jours, sous le nom générique de chêne de Ilaiuaut, le chêne des pays septentrionaux de l'Europe. Les lambris, divisés en compartiments, étaient dorés et sculptés. Quelquefois même on y incrustait des espèces de mosaïques en marqueterie, et les fragments qui en sont parvenus jusqu'à nous donnent une idée très-avantageuse de la menuiserie des belles époqnes du moyen-âge et de la Renaissance. Quoiqu'elle n'appartienne point aux constructions civiles, nous indiquerons comme spécimen la boiserie de la chapelle du château de Caillou, exécutée en 1500, parce qu'il est naturel de penser que ce qui se faisait dans les églises, se faisait aussi dans les maisons particulières. Voici la description (|u'en donne M. Alex. Lenoir :

« Cette magnifique boiserie est composée de trente-trois panneaux arabesques plus fins et plus légers les uns que les autres, de quatorze bas-reliefs enchâssés dans de petites colonnes aussi arabesques et représentant des sujets du Nouveau- Testament, au-dessous desc[uels on voit treize tableaux en marqueterie, formés avec des bois de couleur incrustés représentant divers sujets allégoriques ; le tout formant onze sièges ou stalles mouvantes chargées d'arabesques du dessin le plus léger, et d'une .exécution parfaite. Les portes de ce monument surpassent en beauté les autres parties de cette boiserie ; huit grands panneaux arabesques, neuf pilastres et neuf moitiés de colonnes, ornées de leurs bases et de leurs chapitaux composites, chargées de chimères et d'animaux hiérogiypliiques, composent l'ensemble de ces portes sculptées en partie dans la masse ; enfin , percées à jour pour donner de la légèreté à l'ouvrage, elles montrent des difficultés

TAPISSERIES. 279 sans nombre vaincues par le talent. Devant être placées isolément, elles font voir sur l'antre face le styk de l'arcliitecture arabe, telle qu'elle avait été mise en pratique <lans nos contrées, depuis les voyages fréquents des Français en Asie. Li* bas-relief le plus remarqualîle de cette boiserie représente saint Georges à cheval combattant un monstre ailé, à tète et queue de serpent (1) . »

Tapisseries. — De môme que la peinture murale, la tapisserie fut primitivement employée à la décoration des églises. Au vii^ siècle, Dagobert, au lieu de faire peindre l'intérieur de Saint-Denis, suivant la coutume de cette époque, couvrit les murailles et les colonnes de tentures enrichies de perles.

En 985, on fabriquait de très-belles tapisseries dans l'abbaye de Saint-Florent de Saumur ; la ville de Poitiers, dans le siècle suivant, en produisait de fort remarquables qui représentaient des portraits de rois, des animaux, des figures bibliques. La ville d'Arras et la Flandre étaient aussi très-renommées à la même date pour la beauté de leurs tapiseries, et surtout pour la solidité et l'éclat des teintures; elles faisaient un commerce considérable d'exportation. Enfin, au xin^ siècle, de nombreuses manufactures s'établirent sur divers points du royaume, attendu que l'emploi des tapisseries était devenu plus fréquent tant dans les églises que dans les maisons particulières (2).

On trouve au moyen-âge une grande variété de tapisseries et de tapis ; ce sont les tapisseries de haute et de basse lisse, les drfi}>s imagics, les tapis à personnages, les tapis de murailles, qui, sous des noms différents, servaient au même usage, c'est-à-dire de tentures. Quant aux tapis proprement dits, on les plaçait sur les bancs, sur les parquets, sur les meubles, et ou les distinguait en tapis velus et en tapis noslrés, c'est-à-dire en tapis à long poil et en tapis ras. Ils étaient plus simples que les draps imagiés, et représentaient ordinairement des fleurs et des feuillages. Les tapis à personnages, au contraire, c'est-à-dire les tapis tentm-es étaient extrêmement variés de dessins.

Quelque.s-uns de ces dessins sont historiques, comme ceux de la tapisserie célèbre où Matliilde, femme de Guillaume le Conquérant, a retracé les principaux épisodes de l'expédition qui donna l'Angleterre au duc de Normandie. Ce curieux monument, conservé dans la cathédrale de Bayeux, n'a pas moins de deux cent dix pieds onze pouces de long, sur dix-neuf pouces de haut. Les figures sont brodées en laine de diverses couleurs sur un tissu de toile de lin. Chaque épisode notable

(1) Musée des Mommenls français, t. III, \). 20. ('2) Histoire lilldraire de la France, t. XVI, p. 322.

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