U MEUBLES ACCESSOIRES DE LA CHAMBRE A COUCHER
admis, dans le lit de la famille, des étrangers et des enfants en restant, ainsi que
les hôtes, dans un état complet de nudité (1).
MEUBLES ACCESSOIRES DE LA CHAMBRE A COUCHER; OBJETS DE TOILETTE. Tout le
luxe de la chambre à coucher était concentré dans le Ht et les courtines, et, autant que l'on peut en juger par les miniatures, on n'y trouvait, à côté de ces meubles, que des objets secondaires, et seulement ceux qui étaient de première nécessité, tels que le pot de chambre, entièrement distinct du vase de nuit moderne, et qui servait à mettre l'eau avec laquelle on se lavait; le hacin à laver, qui correspondait à nos cuvettes; le bacin harhoire, dans lequel on se rasait; V urinai et la kaielle nécessaire, dont les noms indiquent suffisamment l'usage. Un manuscrit du xv« siècle, le Roman de la Rose {2), renferme, sur sa première page, l'intérieur d'une chambre à coucher, dans laquelle sont très-clairement indiqués les ustensiles dont nous venons de parler. Le pot de chambre est suspendu à la muraille au moyen d'un cercle de fer disposé horizontalement. Au-dessous se trouve le bacin à laver, et au chevet du lit on voit la kaielle nécessaire en forme de fauteuil de bureau. Le bacin barhoire, comme le pot de chambre, était attaché aux murailles au moyen d'une petite chaîne. Ce bacin, dans les inventaires royaux, est en argent ou en argent doré, et il en est de même de celui que l'on mettait dans la kaielle nécessaire du roi. Celle-ci se plaçait dans le retrait, petit cabinet attenant à la chambre à coucher, et, comme nous l'avons déjà dit, elle était garnie avec l'étoffe dont étaient faits les habits des fous en titre d'office, c'est-à-dire avec de Viraigne. Le nom de retrait s'appliquait aussi aux cabinets de toilette, dont l'entrée, masquée par une porte en étoffe tendue sur un châssis, paraît avoir été généralement placée au pied du lit. Le principal meuble de cette petite pièce était un guéridon nommé damoiselle à alonrner ou pignicre, sur lequel on plaçait des pelottes à épingles, dites tabourets. Le mot de pignière s'appliquait aussi à un petit nécessaire en marqueterie, qui renfermait, comme nos nécessaires de voyage, des rasoirs, des peignes, de petits miroirs, enfin tous les menus ustensiles qui servent à la toilette.
,(1) Les personnes qui seraient cinleuses de voir des dessins de lits du xv^ siècle, pement consulter le beau manuscrit de la Bibliothèque impériale, n» 6,731 de Vancien fonds français aux folios : ;il, 76, 92, 121, 150, 260, 313. — Le même ouvrage offre aussi des représentations de lits de repos aux folio? 92, 107, 243.
(2) Bibliothèque Impériale, ancien fonds français, n» 7,199.