CADRANS, CLEPSYDRES, HORLOGES, MONTRES
ment, ce qui donna lieu, de la part de Boëce, à une correspondance dont le résultat fut de les disposer à quitter le paganisme pour embrasser la religion chrétienne. La fameuse horloge que le célèbre Haroun-al-Raschyd envoya à Charlemagne, n'était rien autre chose qu'une clepsydre ; Éginhard nous en a transmis la description.
Les horloges à roues dentées et à engrenages, marchant au moyen d'un poids et d'un balancier, ne paraissent qu'au xn*-" siècle ; mais à cette époque elles sont encore très-rares, et ce n'est que dans le xiv^ que l'usage en devient tout à fait populaire. Le ressort en spirale date du siècle suivant, et le résultat de cette dernière invention fut la petite horloge portative nommée montre. Quoique le prix des montres fût Irès-élevé à l'origine, leur extrême utilité les fit rechercher avec empressement, et la fabrication s'en développa très-vite. Les artistes de la renaissance en firent de véritables bijoux, auxquels ils donnèrent les formes les plus diverses; on vit alors des montres en forme de gland, de coquille, de croix, etc.; les cadrans furent décorés de superbes miniatures sur émail, et sur quelques-uns de ces cadrans on adapta de petites figures allégoriques, mystiques ou mythologiques, qui se mouvaient comme les aiguilles.
Les sonneries parurent en même temps que les roues dentées et les engrenages, c'est-à-dire au xii*^ siècle. Les horloges sonnant au moyen d'un marteau frappant sur un timbre sont mentionnées, en 11 20, dans les statuts de l'ordre de Cîteaux, et les moùies s'empressèrent de les adopter, parce qu'elles les dispensaient de veiller auprès des sabhers et des clepsydres, ou d'observer le cours des astres pour savoir les heures des offices de nuit. Les villes les adoptèrent après les couvents, et placèrent des horloges sonnantes dans les clochers des églises ou des beffrois, afin que les habitants fussent informés des heures, le jour comme la nuit, ce qui les dispensait de payer des crieurs qui parcouraient les rues en annonçant à haute voix la marche du temps.
Le Rationale divinonmi offlciorum de Guillaume, évéque de Mende, traduit par Jehan Golein, ms. n° 6840 de la bibliothèque Impériale, nous apprend, dit M. Paulin Paris, ce que l'on avait complètement oublié, à savoir que Charles V régla le premier, en France, la sonnerie des horloges. « Le pape Savinien, dit Golein, ordenaque on « sonast les cloches ans xii heures du jour par les égUses. Et a ordené le roi « Charles, premier à Paris, les cloches qui a chascune l'heure sonent par points, « à manière d'horloge ; si come il apiert en son palais et au boys et à Saint-Pol. « Et à fait venir ouvriers d'estranges païs à grans frès pour ce faire, afin que « religieus et autres gens sachent les heures et aient propres manières et dévo-