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CADRANS, CLEPSYDRES, HORLOGES, MONTRES

« cion de jour et de nuit pour Dieu servir.... On peut dire d'icelui Charles V « roy de France que sapiens dominahitur astris; car luise le souleil ou non, on « scet lousjours les heures sans défaillir par icelles cloches atrempées (1). »

La première horloge publique établie en France fut celle du Palais, àParis, et, vers le même temps, c'est-à-dire vers 1 370, Charles V en fit établir une autre au château de Montargis (2). Les échevinages, ainsi que les princes, déployaient un grand luxe d'ornementation dans les horloges qu'ils faisaient placer, les uns dans les tours de leurs châteaux, les autres dans les clochers de leurs beffrois. On ne se bornait point à marquer les heures sur les cadrans ; on y figurait aussi, comme sur la clepsydre de Boëce, le zodiaque ou les mouvements des corps célestes; on y traçait des signes astrologiques, et l'on en faisait, suivant l'expression de notre vieille langue, une mécanique céleste et terrestre. Ce fut surtout dans les villes municipales du nord de la France, et dans celles de la Flandre, cpie les horloges publiques méritèrent véritablement ce nom de mécanique céleste; on les orna de statues souvent plus grandes que nature. Ces statues, armées de lourds marteaux, levaient le bras pour frapper l'heure sur le timbre, et, avant ou après la sonnerie des heures, de joyeux carillons faisaient entendre des airs variés. Ces mécaniques se nommaient àesjacquemars, et l'on pense que ce nom vient de celui d'un habile ouvrier, Jacques Aymar, qui excellait dans leur fabrication. Outre les arabesques, les statues, les peintures et les dorures, les horloges offraient encore, au nombre de leurs ornements, des devises et des sentences qui avaient trait à la fuite rapide du temps, à l'incertitude de l'avenir, aux surprises inattendues de la mort, à la vanité des choses humaines.

L'usage des horloges sonnantes passa, vers le milieu du xv« siècle, des étabhssements publics dans les habitations particulières; et, sous Louis XI, il y en avait même de portatives, comme on le voit par l'anecdote suivante : Un gentilhomme que le luxe et le jeu avaient ruiné, se trouvant un jour dans la chambre de ce prince, qui l'avait reçu en audience, profita d'un instant où il croyait ne pas être vu pour s'emparer d'une petite horloge qui décorait l'appartement royal et la cacher dans sa manche. Par malheur pour lui, l'horloge se mit à sonner, et le roi s'aperçut du larcin ; mais comme il n'y avait là qu'un délit vulgaire, et qui ne touchait en rien aux intérêts de la politique, Louis XI jugea qu'il pouvait sans incon-

(1) Paulin Paris, les manuscrits de la Bïbl. impériale, t. II, p. 65.

(2) Voir sur les horloges publiques, Leber, t. XVI, p. 403.

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