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USTENSILES SERVANT A L'ÉCLAIRAGE

vénient faire de la clémence , et non-seiilemeiit il pardonna au voleur, mais il lui donna même l'objet qu'il avait dérobé.

Si l'on en juge par les miniatures des manuscrits représentant des intérieurs, on a tout lieu de croire qne les horloges restèrent longtemps un meuble tout à fait exceptionnel, car la représentation en est très-rare. Celles qu'on y rencontre ont, en général, la forme de boîtes carrées, suspendues aux murs, et ce n'est que sous le règne de Henri IV et sous celui de Louis XIII qu'on les voit figurer sur les meubles des appartements, et par cela même c'est à cette date qu'il faut fixer l'usage des premières pendules.

USTENSILES SERVANT A l'écla[rage. — Il sst liors de doute que les Romains connaissaient l'usage que l'on pouvait faire du suif ou de la cire, comme matières servant à l'éclairage, et cependant il est très-probable qu'ils employaient exclusivement l'huile dans les lampes. Ces lampes, en terre cuite ou en métal, et très-richement ornées de dessins en relief, avaient trois destinations différentes : elles servaient dans les temples, les tombeaux et les maisons. Celles des maisons étaient posées sur un pied ou soutenues par des statues ; les autres se suspendaient au moyen de petites chaînes. Le grand nombre de lampes romaines qui se trouvent enfouies sur différents points de la France prouvent d'une manière irrécusable que, cette fois encore, la Gaule adopta les coutumes et les ustensiles de ses vainqueurs; mais selon toute apparence les conquérants germains introduisirent d'autres usages, et l'on peut conclure d'un passage de Grégoire de Tours, qu'ils s'éclairaient au moyen de torches de cire que des domestiques tenaient à la main(l). Cette mode persista dans quelques châteaux et quelques palais jusqu'à la fin du xv*' siècle, et l'on en trouve la trace dans plusieurs passages des historiens et des registres de comptes. Ces statues d'or dont parle Lucrèce, ces statues qui, dans les maisons romaines, tenaient à la main des lampes étincelantes de feux (2), étaient remplacées, chez nos barbares et fastueux aïenx, par de malheureux serfs dont la mission sociale, comme on dirait de nos jours, consistait à passer Il l'état de chandeliers vivants, c'est-à-dire à rester immobiles une torche à la main, dans la salle à manger de leur maître, à porter cette torche dans ses fêtes et à la tenir encore autour de son cerceuil. Du reste, un semblable système n'était

(1) Grégoire de Toius, liv. V, ch. III.

(2) Aurea si non sunt juvenum simulacra per œdes Lampadas igniferas manlLus retiaentia dextrii, etc.

USTENSILES SERVANT A L'ÉCLAIRAGE. 327 rien moins que commode, et, comme il exigeait un nombreux personnel, on ne le rencontrait guère que dans les maisons du plus haut parage, et, dans ces maisons elles-mêmes, on était obligé de recourir à des moyens accessoires, et de s'éclairer à peu près, comme nous le faisons de nos jours, à l'aide d'ustensiles destinés à brûler le suif , la cire ou l'huile.

Les bougies de cire se montrent, dès les premiers âges chrétiens, dans les églises sous le nom de cirei, dont nous avons fait le mot cierge. La cire était considérée comme noble, et le suif comme vilain. La cire était convertie en cierges et en torches, le suif en chandelles. Dès l'an 1061, les fabricants de chandelles de Paris étaient organisés en corps de métier, et se partageaient en deux corporations distinctes : les chandeliers de suif ai les chandeliers de cire. Les premiers travaillaient pour le peuple, les seconds pour l'église et les rois. L'huile était aussi d'un usage très-répandu.

Les ustensiles qui servaient à briller les diverses substances dont nous venons de parler, sontles chandeliers, les lampes, les torchères, les lampiers, les mortiers, les bougeoirs, les lanternes. Les chandeliers, qui formaient l'une des parties les plus riches du mobilier des églises, figurent aussi comme des pièces très-importantes du mobilier civil, il est souvent question dans les inventaires de chandeliers d'or, de vermeil et d'argent, ornés de figures ou de ciselures d'une grande richesse d'exécution. Il y avait des chandehers à bobèche, des chandeliers à pointe, des chandeliers à branches, et des chandeliers pendants, qui n'étaient rien autre chose que des lustres qu'on attachait aux plafonds. Ces derniers étaient quelquefois garnis de miroirs. La torchère était un chandelier de grande taille, servant de support à un très-gi'os flamljeau. Les lampes, mentionnées au V siècle sous le nom de cicendelœ, vers luisants, se suspendaient à des chaînettes ou se plaçaient sur des supports nommés lampiers. Le bougeoir paraît avoir été, comme de nos jours, un petit meuble de chambre, et, par mortier, on entendait le récipient de la veilleuse qui restait toujours allumée auprès du lit du roi. 11 faut ajouter, comme accessoires de ces divers ustensiles, Vinfusorium, burette dans la({uelle on mettait l'huile que l'on versait dans les lampes ; l'éteignoir, nommé antonnoir dans notre vieille langue, et le briquet, désigné sous le nom de foisil ou fusil. Le briquet, que les personnes riches faisaient om&r d'émaux et de ciselures, se portait renfermé dans un étui, qui contenait probablement, dit M. de Laborde, des matières inflammables.

La lanterne était aussi très-fréquemment employée, parce qu'elle offrait l'avantage de pouvoir être portée dans tous les coins d'une maison, sans danger de l'eu,

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