TROIS CITATIONS. TROIS AVENTURES
d'atterrissage. En effet, il reprend peu après.
Oui, mais c'est au tour d'une autre série d'inquiétudes. Il y a 2 heures 3o que nous tenons l'air, et mon mécanicien m'a dit n'avoir mis que pour trois heures d'essence dans le réservoir. De plus, le jour a baissé. On n'y voit presque plus. Je tiens conseil avec le lieutenant Richelieu et nous décidons de nous poser sur le prochain terrain.
Impossible de choisir : il n'y en a qu'un qui puisse nous recevoir, ai-je entendu dire à l'escadrille. Je réduis la sauce, je descends, et j'attends. Il fait nuit presque complètement. Le vent a faibli, mais quels « coups de tabac » dans la vallée de Thann, au fond de laquelle nous devons atterrir.
Je ne suis plus maître de mon avion. Je fais des bonds et des descentes brusques de 100 mètres. J'ai l'impression que nous allons nous écraser. Alors vite, changement de tactique, et nous décidons de rentrer coûte que coûte à l'escadrille.
Mais il faut passer les Vosges et je n'ai aucun éclairage de bord. Comment savoir à quelle hauteur nous sommes? Nous voguons au petit bonheur; point de direction : les lu-
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mières de Belfort. Ah ! que le temps paraît long! Ne pas savoir si l'on survolera l'obstacle ou si l'on s'écrasera contre lui.
Si, tout d'un coup, il n'y avait plus d'essence? Quelle horrible mort au fond de ces ravins. Et blessé seulement peut-être, n'espérant aucun secours, parce que n'ayant pas été vu, attendant la fin du martyre !
Ces réflexions, mêlées à d'autres plus ou moins bizarres, ne durent que quelques secondes. De temps en temps, je demande à mon observateur si nous passons. Il me répond avec hésitation, car qui, en la circonstance, serait sûr de soi-même? Enfin il nous semble, à nous deux, avoir passé le point culminant et, victoire! ce n'est pas une illusion, car bientôt, au-dessous de nous, nous apercevons les lumières de villages au pied des montagnes.
Cette fois nous sommes relativement sauvés. Il ne nous reste plus que la crainte de la panne d'es^sence. Vite en descente vers notre port d'atterrissage* je perds insensiblement de la hauteur et nous arrivons au-dessus du terrain. Je fais un tour pour me rendre compte de ma hauteur, j'effleure lestoits des hangars à dirigeables et, jugeant que tout