‹ Les As, peints par eux-mêmes;Chapitre 16 sur 29 · TROIS CITATIONS. TB018 AVENTURES · texte numérisé non relu

TROIS CITATIONS. TB018 AVENTURES

va bien, je me dispose à atterrir. Je coupe entièrement les gaz, je pique, mais trop fort certainement, car je prends de la vitesse et l'endroit où je touche le sol est si proche des Bessonneau que je vais m'écraser dans l'un d'eux. Par miracle, pas une égratignure ni pour l'observateur ni pour moi.

Et après être resté 3 heures 3o en l'air, être rentré en pleine nuit avec 6 litres d'essence, avoir, en un mot, subi les plus dures épreuves, j'étais récompensé de nos efforts par la remise de la croix de guerre.

Moins d'un mois après, le 23 janvier 1916, nouvelles émotions. Je pars, avecle lieutenant Dalsace comme observateur, pour régler du i55 sur une batterie lourde ennemie casematée, située dans le secteur sud de la Haute- Alsace.

Pan, pan et pan!... le réglage marche à merveille. Depuis plus d'une heure je tourne au-dessus de l'objectif sans me soucier des multitudes de projectiles qui m'encadrent. Une batterie antiaérienne se montre particulièrement dangereuse et tenace : chaque fois les six coups éclatent presque à ma hauteur et je ne suis qu'à 1.800 mètres. Tout à coup, il me semble que mon avion est blessé. Un

formidable déplacement d'air l'a secoué complètement.

(( Touché ! Je suis touché ! »

Je ne puis m'empêcher de pousser ce cri à l'adresse de mon observateur. Mais ce ne sera rien, je ne ressens pas de douleur. Je décide donc de finir le réglage, malgré les conseils de mon compagnon qui, me croyant plus sérieusement atteint, me conseille de rentrer.

La canonnade a brusquement cessé.

Dommage! C'est que l'oiseau de proie survient ! En effet, un rapide Fokker a surgi et, comme un bolide, pique sur nous. Pauvre 80 chevaux, que peux-tu faire contre ce chasseur? Il faut te défendre pourtant! Tu ne peux te laisser maltraiter sans résister.

Une première bande de mitrailleuse. Rien. Par deux fois encore, nous essuyons le terrible feu de l'ennemi qui, à la dernière salve, nous attaque à 800 mètres d'altitude, dans nos lignes. Mon avion est copieusement touché: éclats d'obus, balles de mitrailleuse, rien n'y manque. ,

Il faut pourtant rentrer. Le réservoir se vide, car un projectile inopportun est venu se loger sur le côté, en bas. Heureusement

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