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QUELQUES SOUVENIRS, QUELQUES IMPRESSIONS II

niers de la guerre aérienne, à ceux de la vieille école, qui, avec un matériel et des moyens de fortune, surent préparer et ouvrir aux héros du jour le chemin de la gloire.

J'adresse ici un souvenir fraternellement ému à ceux qui sont tombés avant d'être légendaires; à vous, Marc Pourpe, Pégoud, Boillot, de Beauchamp, et d'autres encore malheureusement dont l'œuvre restera l'Épopée de l'aviation et le nom éternellement gravé au fronton d'honneur de la cinquième arme.

A mon frère d'armes, à notre grand captif Roland Garros, qui personnifie le courage enchaîné, doit aller aussi notre reconnaissance et notre sympathie, car l'aviation de chasse d'aujourd'hui est l'application des théories qu'il avait si bien mises en pratique dans le tir à travers l'hélice.

Il fut indiscutablement l'innovateur du combat aérien, comme le colonel Estienne en fut le prophète.

Garros restera comme le plus bel exemple et la plus grande figure de l'histoire des hommes-oiseaux.

En huit mois de présence au front, j'ai eu neuf combats- dont quatre victoires. Je ne

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compte pas un avion ennemi ayant piqué jusqu'au sol dans ses lignes. C'est relativement peu, mais il faut tenir compte de l'armement primitif dont nous disposions à cette époque et de la rareté des rencontres.

En effet, au début de la guerre la chasse était inconnue. Il m'est arrivé de passer tout près d'avions boches et d'échanger un salut avec ses occupants, sans penser à tirer sur eux, pas plus qu'eux ne tiraient sur nous. Je faisais alors des reconnaissances à longue portée avec un officier-observateur, et nous n'emportions même pas d'armes, sauf notre revolver d'ordonnance.

Puis, nous échangeâmes quelques coups de feu avec des carabines, au hasard des rencontres ou lorsque nos routes se croisaient, mais sans insister.

Par la suite, si, au cours d'une reconnaissance, on rencontrait un avion ennemi, il y avait un tournoi de courte durée et chacun poursuivait son cheînin. J'eus mon premier avion boche dans ces conditions, avec cette particularité que lui était en train d'attaquer un des nôtres dont le pilote était seul à bord et sans armes.

Les aviateurs allemands étaient alors munis

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