LA JUNGFRAU
ASCENSION d'aGASSIZ, HKSOU, FORBES FT DU CHATFiJER (1841).
Le 27 août, à quatre heures du matin, nous partîmes du Grimsel (1881 m.), nous dirigeant ^ers le glacier supérieur de l'Aar, qui est séparé du glacier inférieur par le massif du Zinkenstock. Nous étions au sommet du monticule qui s'élève sur le bord de la rivière, lorsque les premiers rayons du soleil vinrent frapper la cime des hautes montagnes, tandis que leur base était encore ensevelie dans cette blancheur crépusculaire qui suit le coucher et précède le lever du soleil. Entre toutes ces cimes il y en avait une, au fond de l'horizon, qui brillait d'un éclat particulier; elle paraissait tout en feu. « Quelle est cette cime? » demandai-je aux guides. Ceux-ci, soit qu'ils le crussent réellement, soient qu'ils voulussent employer ce stratagème pour exalter notre ardeur, nous répondirent : « C'est la Jungfrau! » La société entière en fut comme électrisée. Nous sentîmes tous notre courage grandir, et de ce moment je ne doutai plus de la réussite.
En deux heures nous atteignîmes l'extrémité du glacier de rOberaar. La montée nous fournit l'occasion de faire quelques observations intéressantes sur le rapport des roches polies et moutonnées avec la surface du glacier. Du col, nous descendîmes sur le plateau de neige qui alimente