LE SINAÏ
dil-on, d'environ 1 hOi), On nous permet de regarder de plus près l'évangéliaire de l'empereur Théodose et un psautier qui aurait appartenu à sainte Catherine.
Nous nous promenons dans le jardin, qui est tout en fleur; sa verdure, au milieu des rochers arides qui nous entourent, est d'un effet charmant : il nous rappelle nos vergers aux beaux jours de mai et de juin. Les arbres sont blancs et roses. Les amandiers, les figuiers, les oliviers, la vigne, les pêchers, les poiriers surtout, produisent, nous assurent les moines, d'excellents fruits.
2 mars. Monté au Sinaï ou Djebel-Mouça (mont de Moïse) à huit heures. Notre excursion dure cinq heures. ()n sort par les jardins, au sud du couvent, et l'on s'enira£:e dans des sentiers où des gradins sont creusés dans la roche. On passe entre le mont des Juifs et le mont Horeb; on arrive à une fontaine, puis à une chapelle dédiée à la Vierge, et enfin à un petit plateau où l'on se repose sous un cyprès, au bord d'une source d'eau pure. Plus haut, on nous montre les débris d'une chapelle autrefois construite dans un enfoncement que l'on croit être la grotte où se réfugia Élie poursuivi par Jézabel.
Sur le sommet du Sinaï, on voit les ruines d'une chapelle et d'une mosquée toutes deux consacrées à Moïse.
C'est de là que Mahomet, suivant la tradition musulmane, fut enlevé au ciel. Son chameau a laissé sur le rocher l'empreinte d'un de ses pieds.
Quelle que soit la croyance ou la conviction philosophique du voyageur, il est à plaindre s'il reste froid sur cet étroit plateau consacré par de si grands souvenirs, tandis que son regard erre parmi ces Alpes nues, au milieu du silence le plus solennel où la pensée de l'homme puisse s'élever librement de la terre aux cieux.
(Excursion au mont Sinai, par MM. Bida et Georges Hachette. — Tour du monde.)