‹ Les ascensions célébres aux plus hautes montagnes du globe (volume 2)Chapitre 40 sur 53 · ASCENSION AU SŒLASSIE (SUMATRA · texte numérisé non relu

ASCENSION AU SŒLASSIE (SUMATRA

On désigne à Sumatra sous le nom de Sœlassie le Yolcan actif dont le sommet est à 5 000 mètres au-dessus de la mer et qui était en éruption au mois d'octobre 1845. Plusieurs Hollandais ne craignirent pas d'y faire une ascension pendant cette période; nous extrayons les passages suivants du récit fait par l'un d'eux :

En allant de Solok à Mocara Paym, nous avions aperçu de temps en temps, du haut des collines, des colonnes de fumée qui s'élevaient du Sœlassie. Plus d'une fois cette vue avait fait naître en nous le désir de visiter cette montagne. M. le contrôleur van der Yen nous ayant parfaitement accueillis, nous lui exprimâmes notre intention, qui fut aussitôt approuvée. 11 s'occupa lui-même des préparatifs et dès le lendemain, 21 octobre, nous étions à cheval, à cinq heures du matin.

A peine en route depuis un quart d'heure, nous rencontrâmes un profond ravin couvert de cailloux roulés qui rendirent le chemin si dangereux, qu'il nous fallut descendre et conduire nos chevaux à la main. Nous traversâmes un petit pont en bambou sans parapet, et après avoir gravi une pente assez raide, nous fûmes récompensés de nos peines par une vue magnifique. On aperce-

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vait dans le lointain \e So'lassio qui continuai! à lancer ses colonnes de fumée.

Près de Batol-Bandjack, on nous nous arrêtAnnes, on voyait en abondance des cailloux trachytiques. Les habitants nous firent visiter plusieurs sources thermales dans les environs. Leur eau était amère et sulfureuse.

Le soir, nous atteignîmes Batol-Bedjandjang au pied même du volcan. Nous nous remîmes en marche à cinq heures du matin, par une brume et une pluie fine fort désagréables. Le thermomètre marquait 20 degrés. Il nous fallut gravir successivement trois arêtes assez rapides, longues de 200 mètres chacune. Au haut du dernier contrefort, la vue s'étendait sur un plateau couvert d'une riche végétation d'arbres et d'arbustes, à l'extrémité duquel nous attendait une nouvelle ascension de 400mètres environ. Le sol, composé d'un mélange de terre sulfureuse et de parties calcaires, était devenu chaud : çà et là, s'élevaient de petits nuages de fumée du fond des crevasses.

Il était onze heures quand nous prîmes un moment de repos au bas du sommet le plus élevé, qui nous dominait encore d'à peu près 100 mètres. Quoique déjà une forte odeur de soufre nous eût annoncé le voisinage du cratère et la fin de notre voyage, l'activité du volcan devenait ici beaucoup plus évidente. Au milieu des blocs de lave ancienne qui nous environnaient, la végétation avait diminué, les broussailles étaient desséchées et les troncs d'arbres noircis et brûlés. Nous franchîmes rapidement la distance qui nous restait h gravir, et nous arrivâmes à une crevasse située entre deux sommets, sur l'un desquels le cratère s'offrait à nos yeux dans toute sa grandeur imposante.

Quel majestueux spectacle! Devant nous, s'ouvrait le cratère où l'activité volcanique se développait depuis des siècles et plus loin celui qui se trouvait en éruption. Il apparaissait comme un lac de formation récente, envi-

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