I^ES ASCENSIONS CÉLÈBRES
ronné de flammes et de nuages de fumée. Le morne silence qui régnait autour de nous n'était interrompu que par le bruit souterrain des décharges volcaniques.
Au sud-ouest, à environ 120 mètres du sommet, se trouve le foyer en activité. Le bord occidental est formé par une muraille verticale, à travers laquelle s'échappe une partie de la lave. Du côté du sud, une crête inclinée se perd dans des profondeurs que l'œil ne peut pénétrer. Aussi loin que s'étend le regard, on aperçoit des crevasses d'où s'échappent quelques nuages de fumée.
Pour contempler le lac de plus près, nous descendons le long des pentes en nous aidant autant des mains que des pieds, en ne quittant un bloc de rochers qu'après nous être affermis sur un autre. Nous sommes témoins de l'activité intérieure, et nous entendons un bruit continu qui ressemble assez à celui des roues d'un grand nombre de bateaux à vapeur en mouvement.
M. van der Yen courut ici le plus grand danger, car, s'étant avancé tout près d'une ouverture, la lave chaude encore céda sous ses pieds; heureusement elle reposait sur une masse déjà durcie, ce qui lui donna le temps de se rejeter en arrière. La chaleur ne nous permit pas de rester longtemps dans le cratère; nous dûmes l'abandonner en hâte, pour visiter le petit lac de soufre qui se trouve au-dessus de l'arête sur laquelle nous étions montés. Ce lac, de forme arrondie, a environ 50 mètres de diamètre.
Trois d'entre nous descendirent le long d'une paroi presque verticale, d'environ 7 mètres de hauteur, jusqu'à un amas d'eau bouillante. En s'appuyant d'une main aux crevasses, ils purent de l'autre en puiser quelques cuillerées; mais la forte odeur de soufre qu'elle dégageait les força à remonter promptement.
Nous traversâmes de nouveau le plateau pour revenir au point où nous avions commencé notre examen, et nous
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dùmos nous occuper à préparer un gîte convenable pour la nuit. Vers dix heures du soir, nous étions enveloppés de nos manteaux et nous cherchions à nous livrer au sommeil sur nos lits de pierre, quand la pluie commença avec une extrême violence. Les nuages qui couvraient le ciel de leurs éclairs se succédaient sans relâche. Trois fois, notre tente faillit être enlevée. L'eau ruisselait sur nous, et nous grelottions de froid. Le vent avait éteint nos lumières. A la lueur des éclairs nous parvînmes cependant, après beaucoup d'efforts, à consolider notre tente, et nous pûmes sous son faible abri attendre le jour.
Nous venions de lutter pendant des heures entières contre les éléments déchaînés, et leur fureur pouvait se prolonger; ce fut donc pour nous un grand plaisir de voir au matin un ciel pur et sans nuages, avant de nous mettre en route pour le retour. Nous descendîmes par le versant oriental, dont les pentes étaient moins dangereuses, jusqu'au fond du cratère éteint, pour remonter par le côté opposé jusqu'au second sommet, d'où nous pûmes jouir d'un spectacle magnifique sur les collines et les vallées, les lacs, les rivières et les îles qui s'étalaient sous nos yeux.
(Nouvelles Annales des voyages.)
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