‹ Les ascensions humaines: évolutionnisme et catholicismeChapitre 2 sur 41 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

fond et ténébreux. Tout nous amène à croire que le premier être vivant a été seulement la première manifestation d'un principe qui bien auparavant existait déjà dans la matière inorganique, el que les forces physico-chimiques sont des phénomènes d'une vie élémentaire, d'une vitalité universelle des atomes. Des penseurs comme Rosmini et Spencer ont pénétré le sens de ce mystère. Un naturaliste éminent, Pictet, a récemment soutenu que le matérialisme se montrait impuissant à expliquer certains mouvements de la matière, lesquels supposent nécessairement une cause immatérielle de mouvement. Or, si les premiers organismes ont été le produit de l'évolution, si, par conséquent, le principe moteur des premières cellules vivantes n'est que la transformation d'un principe moteur de toute la matière, l'Univers apparaît à notre intelligence avec une magnificence dont la pensée nous exalte, et les créations des cieux tout

'"iprégnées d'esprit, roulant et tournant dans ars immenses orbites par la force de l'esprit, lus chaotent la gloire du Créateur encore ieux qu'elles ne la chantaient au Psalmiste.

i poussière même de la terre nous devient us auguste, et il nous semble entrevoir une vinalion de ce mystère dans l'âme céleste i Saint qui aima si tendrement fraie focu sor aqua.

Mais c'est avec les organismes vivants que immeoce plus nettement encore l'enseigneent moral et religieux des faits de l'évolu- 3Q. Soit que les premiers organismes aient iDtenu en puissance toutes les vies futures ; la terre, soit que la multiplication et la ansformation des espèces aient été seulement :oduites par l'action des facteurs externes, DUS avons la vision d'un travail continu ■quel coopèrent directement ou indirecte- ,ent toutes les forces de la nature terrestre , de la nature sidérale, conformément à

PRÉFACE IX

certaines lois. Nous voyons dans ces lois, comme dans un miroir, la lumière de FÉternel, qui, immuable et immobile, agite et transforme constamment toutes choses, et le plan divin nous apparaît dans cette œuvre de création continue, que Ton pourrait représenter symboliquement par des -^

lignes, avec une plus grande netteté que dans /

l'œuvre d'une création intermittente, qui /

serait représentée par des points. Les points ne sont qu'une indication brève et sommaire de la ligne. Un point, par lui-même, n'indique ni but ni direction; il est à lui-même sa propre fin. Au contraire, la ligne la plus brève indique une intention et un but. Les voies du Créateur dans l'évolution sont proprement des lignes; elles expriment des intentions et des buts, elles constituent un plan qui ressemble aux plans humains en ce / qu'ils ont comme éléments communs le \ principe de causalité et l'idée de fin et en

PRÉFACE

I que le plan divin révèle une intelligence ■éexislante, se déroulant dans le temps livant une idée ou suivant un principe iremcnt intellectuel qui échappe à l'action I temps.

C'est ainsi que, par la tht*orie spirilualiste srÉvolulion, se trouve glorifiéerintelligence vine : ainsi sont rendues évidentes entre ilsprit de Dieu et l'âme de l'homme ces lalogies qui répugnent également aux :agérations de l'anthropomorphisme et aux :agérations contraires de ceux qui n'adcitent aucune ressemblance de l'Être connaissable avec l'homme; et c'est pourloi cette théorie illumine d'une lumière nouille et éclatante la loi suprême qui domine le an de la Création terrestre. C'est la loi qui . continuellemenl sortir de l'imparfait le oins imparfait : mais comme ce mot imparfait » suppose l'idée humaine de la Tfection, el comme, même parmi les

PREFACE XI

hommes, ce terme peut êlre entendu de façons diverses, il sera préférable de dire que, selon l'évolutionnisme spiritualiste, une Loi suprême a graduellement fait sortir sur la terre, de la première créature vivante, la dernière créature vivante, intelligente, aimante. Dans toute la création terrestre apparaît Faction continue d'une volonté appliquée à produire de rintelligence et de l'amour. On n'avilit point ces deux glorieuses forces de la nature spirituelle créée en disant qu'elles se trouvent en germe a l'aube de la vie animale, dans l'exercice des fonctions de nutrition. En même temps que les organes de ces fonctions, très simples dans le principe, vont se différenciant et se compliquant, les actes qui en dépendent et qui s'y rattachent se différencient eux-mêmes et se compliquent. Il en est de même pour les organes et les actes des autres fonctions ; et ainsi la nature de ces actes de vie animale

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