Powell, Our UeredUy from God
push », réiiminer tout à fait; évidemment, c'est à cette gloire qu'il aspire. Chez nous, pour citer un exemple tout récent, le professeur Morselli, reproduisant en substance, dans ses très savantes leçons sur l'anthropologie générale, un passage de l'jE'^^aî d'Herbert Spencer sur l'hypothèse de la nébuleuse, affirme que l'idée de Création, inconciliable avec celle d'Evolution, appartient à un stade inférieur de la connaissance humaine*.
Aujourd'hui, pense-t-il, le seul système de philosophie susceptible de se développer est l'évolution nisme moniste. Derrière de semblables maîtres marche une foule anonyme qui prendsurtout dans les nouvelles doctrines celles qu'elle comprend le mieux, qui lui sourient le plus et qu'elle s'est le mieux assimilées : l'origine simiesque dé l'homme et la négation du Créateur.
D'autre part, quelques revues anglaises et
i . Lezîoni di antropologia^ seconde leçon, p. 40.
américaines, telles que la North British Review, le Christian examiner ^ \di North American Revtew ont accusé d'athéisme, dès le début, la théorie transformiste de Darwin, tout en admettant le théisme de Tauleur.
Cette accusation fut renforcée par un théologien américain de grande réputation, le docteur Hodge, et par d'autres encore. Agassiz, dans l'esprit duquel, suivant Le Conte*, s'est formée la grande idée de l'identité essentielle entre le développement des genres, des espèces et des individus, n'a pas voulu édifier sur cette base, comme il aurait dû le faire logiquement, la théorie de l'évolution : il l'a même combattue chez Darwin parce qu'elle lui paraissait aboutir à la négation d'une vérité plus haute et plus certaine, l'existence du Créateur; il a mérité ainsi d'être très favorablement cité par Grassmann, bien qu'il
1. Le Conte, Evolutions and Us relations to religions Throught, p. 43.
ne fût pas orthodoxe, mais qu'il soutint la diversité des espèces.
Le livre de Darwin sur l'origine de riiomme, Tidentité de nature affirmée entre Tâme de Tliommc et celle des bêtes, le dogmatisme brutal de Hœckel jetèrent la terreur et l'effroi parmi les croyants. De profonds penseurs catholiques, comme Zanella et Fornari, parlèrent de révolution avec horreur, et Antonio Franchi en parla avec plus de violence encore dans son Ultima criiica. Le professeur Grassmann, couronné comme je Tai dit par la Faculté de théologie de Munich, veut démontrer que la foi est inconciliable avec le transformisme darwinien en tout ce qui est relatif à Tâme humaine; il considère comme vaines toutes les tentatives faites pour accorder Tidée générale d'évolution avec Tidée de création. En 1888, un conseil ecclésiastique presbytérien relira sa chaire à un professeur de théologie parce
qu'il enseignait qu'Adam avait été créé d'une poussière issue d'autres organismes et non d'une matière inorganique ^ Je me souviens enfin d'avoir entendu le P. Agostino de Montefeltro terminer une de ses plus éloquentes prédications par une anecdote qui avait pour objet de condamner et de railler l'hypothèse de l'origine animale de l'homme.
C'est ainsi qu'une autre foule anonyme, repoussant les nouvelles doctrines parce qu'elle les entend maudire par ses maîtres, prêcher par les adversaires de toute foi, et surtout parce qu'elles lui paraissent contraires au récit mosaïque, s'empresse d'accorder bénévolement à l'ennemi qu'évolutionnisme et matérialisme se confondent, qu'évolutionnisme et christianisme sont inconciliables.
C'est tout ce que veulent Haeckel et ses disciples. Toute opposition de caractère religieux leur est agréable ; ils la préviennent en la