‹ Les ascensions humaines: évolutionnisme et catholicismeChapitre 4 sur 41 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

mène, et capable aussi de craindre et d'aimer les causes attribuées à toutes choses. 11 la créa telle dès le principe avant même qu'elle existât par une action universelle et incessante, et c'est pourquoi la fin de la création se présente sous une forme logique à l'intelligence de riiomme qui approfondit et médite ses propres origines. Quand on nous fait de la création de l'homme un récit difficilement acceptable, à notre époque, pour les intelligences cultivées, et quand on nous prescrit d'honorer Celui qui nous a produits de cette façon, on allie le principe même de toute obligation religieuse et morale à une matière décourageante. C'est pour cette raison que l'obligation religieuse et morale a été bientôt repoussée par l'orgueil humain, par l'intelligence superbe qui n'a de confiance qu'en elle-même. Pour nous, évolutionnistes ch rétiens, n ous nous attaquons à cette intelligence rebelle, pour la même vérité, mais

PRÉFACE XV

avec des armes différentes : ainsi nous la contraignons à abandonner un facile dédain et nous l'obligeons à se défendre. Nous avons en main, transformé et renouvelé, le livre méprisé de la vie, où nous lisons, écrit en grandes lettres de lumière, que Dieu a fait la créature pour qu'elle le comprît, l'aimât et le glorifiât. La première commence à l'origine de la planète, la seconde commence à l'origine de la Vie, la troisième commence à l'origine des idées. Les trois lettres forment un mot unique, une auguste triphtongue qu'on ne peut lire complètement qu'en en reliant la première etla seconde partie à la troisième. Le fondement de toute obligation religieuse et morale apparaît ainsi clairement. Toute la nature créée a le devoir d'obéir à la parole qui l'a fait naître, de glorifier sa propre cause. La créature organique ou inorganique qui n'est pas douée de liberté a rempli ce devoir par l'effet d'une inflexible nécessité. Elle est

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